C'est le 17 Décembre que la terrible nouvelle est venue du Tribunal de Commerce d'Evry : la liquidation pure et simple de cette imprimerie de 70 collaborateurs à l'histoire cahotique.
Ancienne unité de pointe de l'Imprimerie Nationale dans le domaine de la rotative labeur, Evry Rotatives est "morte" une première fois lors de sa cession, il y a tout juste deux ans, au groupe allemand Arquana, filiale imprimerie du fonds d'investissement allemand Arques AG.
Repartie de quasiment rien, 17 collaborateurs à peine qui avaient voulu croire au redémarrage d'une unité chroniquement déficitaire, l'imprimerie Evry Rotatives a bénéficié de forts investissements de la part de son nouveau propriétaire - notamment l'installation d'une nouvelle ligne de finition Recmi destinée à doper de 30% la productivité de sa rotative 64 pages KBA.
En vain hélas car si le chiffre d'affaires est reparti à la hausse à 13 millions d'euros, l'effectif de l'usine remontant à près de 80 collaborateurs, la rentabilité n'aura jamais été au rendez-vous de ce pari risqué qui aura finalement échoué du fait de conditions de marché désastreuses.
Des conditions de marché notamment amplifiées par la campagne anti-imprimés sournoisement conduite actuellement dans les médias et qui a trouvé un relais au Sénat par l'adoption d'un amendement au projet de loi de finance 2008 qui élargit l'assiette de l'éco-taxe sur les imprimés.
Un élargissement motivé par des considérations écologiques mais qui épargne bizarrement la presse : près de 1.5 million de tonnes de papier qui part à la poubelle quand même.
Dans ce contexte, qui se souciera de la liquidation d'une unité industrielle en Ile de France ? Autrement dit, l'industrie intéresse t-elle encore les politiques ?