Entreprise familiale depuis 3 générations, Philippe Aertgeets et son frère Jean-François ont baigné depuis toujours dans l'univers de l'impression, si bien que les « secrets de l'offset » prennent dans cette société une dimension particulière.
Comment expliquez-vous votre démarche atypique dans le monde des arts graphiques ?
Nous sommes quelque part des marginaux dans notre démarche d'investissement ; nous avons toujours opté pour des presses suréquipées car nous avons la capacité à les utiliser à 100 % et même au-delà…
Cette approche nous a permis d'investir les marchés de niche où l'excellence est le seul critère de choix. Aujourd'hui 25 % de notre chiffre d'affaires sont réalisés sur des travaux que nos confrères ont des difficultés à réaliser. Tout l'art consiste à avoir des compétences techniques hors normes et à connaître le métier sur le bout des doigts. Pour faire simple : avoir la passion !
Pouvez-vous nous dire vers quoi cette compétence reconnue vous entraîne, et pour quelles productions ?
Vous savez, quand on atteint un très haut niveau de qualité, le bouche à oreille fonctionne à plein, les grosses sociétés communiquent entre elles. Un exemple parmi tant d'autres : nous avons eu avec Gallimard le prix de « la plus belle couverture » deux années de suite, cela a incité Flammarion à se rapprocher de notre entreprise et nous avons à nouveau reçu ce prix avec eux, pour la troisième fois, donc. Pour autant, depuis 5 ans, nous avons mis en place un département com-mercial, il n'est jamais bon de s'endormir sur ses lauriers !
Mais pour répondre plus précisément sur l'aspect production, nous imprimons au quotidien divers travaux pour des clients dans les secteurs du packaging et de l'édition. Notre avance technologique est un gage de gains très précieux : nos investissements machines sont productifs immédiatement, en particulier dans le domaine de l'UV où là, notre avance est bien plus conséquente, puisqu'elle sort du cadre de ce qui existe actuellement sur le marché. En effet nous avons développé nos propres solutions UV pour être en phase avec la technique de dépose de dorure à froid, une première mondiale en quelque sorte !
Mais plus globalement, pour tous les dossiers qui viennent sur mon bureau pour la préparation, – que l'on planifie dans une même journée des jobs en 50 g, des impressions sur du polypro en 1,2 mm… – à 90 % tout est « tourné » du premier coup. Pour cela il faut anticiper, avoir du feeling… je dis toujours « préventif égal curatif » !
Aujourd'hui vous avez investi dans une presse ROLAND 700 HiPrint nouvelle génération, 6 couleurs en ligne avec groupe vernis et dotée d'une dorure en ligne InlineFoiler. Pour quelles raisons et pourquoi changer de constructeur ?
Chez nous, le parc machines a une rotation rapide, entre 6 et 7 ans, et le moment était venu de changer notre machine en format 78 x 102 pour une presse plus per-formante et plus perfectionné que celle que nous avions précédemment. Nous voulions passer un cap. Nous avons interrogé et testé les 5 plus grandes marques, qu'elles soient allemandes ou japonaises. Constat : pour la plupart les technologies ne sont pas encore abouties et même, pour certaines, elles sont en régression. Nous étions perplexes et devant cette perplexité Daniel Hipp et Jean-Marc Clerget de manroland France, ainsi que Rafaël Penuela de la Direction Commerciale Mondiale du site d'Offenbach, nous ont proposé un challenge : vous nous envoyez des fichiers, on les traite immédiatement lors de votre venue et croyez-nous, vous ne perdrez pas votre temps ; nous sommes prêts à vous dédommager pour votre journée passée en Allemagne ! J'aime bien les challenges ! Je leur ai envoyé des fichiers non seulement pour traiter la dorure à froid, mais avec des exemples très pointus au niveau cheminées et reports. Ce fut concluant, tous les tests faits par ailleurs n'arrivaient à ce niveau-là !
Pouvez-vous nous faire un état des lieux, nous dire précisément les bénéfices que vous tirez de votre « nouvelle recrue » ?
Nous réalisons aujourd'hui des produits fabuleux, des produits qui n'existent pas sur le marché, en « hexachromie » avec dorure à froid sur des motifs complexes. Parallèlement, j'ai pu mettre en place une nouvelle approche écologique pour l'emballage de luxe : à moins de 60 % de dorure à froid, le carton devient recycla-ble et l'on élimine de fait le polyester argent qui posait problème.
Plus globalement, et sans tenir compte de la configuration particulière de notre presse ROLAND 700 HiPrint qui répond à des marchés bien précis, c'est la qualité de frappe qui est exceptionnelle : j'arrive maintenant à faire des images avec très peu, voire pas de corrections fichiers lors du passage d'une impression papier à une impressions sur plastique. C'est la même chose pour des travaux sur papier carton avec une impression en encre traditionnelle ou UV, la correction est beau-coup plus courte grâce à la frappe et la puissance d'encrage ; nos blancs sont beaucoup plus blancs, j'ai 20 % de plus d'encrage et 15 % de plus de frappe, c'est bien supérieur à l'ancienne machine.
Même à 16 000 tours en UV, la puissance d'encrage et la frappe sont toujours supérieures, j'ai un meilleur mouillage avec pratiquement pas de voile.