L'insee (Institut National des Statistiques et des Etudes Economiques) vient de publier sa toute dernière étude relative au coût des matières premières importées (hors énergie). En octobre, la baisse des prix des matières premières importées par la France s’est accentuée. Les cours des matières premières hors énergie ont ainsi diminué de 16,4 %. Les cours des matières premières alimentaires ont baissé de 14,3 % en devises (après -6,6 % en septembre). Le ralentissement économique mondial a pesé sur la demande, y compris celle de biocarburants. Les prix des oléagineux ont perdu 20,6 %, entraînés par l’huile de palme (-28,3 %) et le soja (–25,2 % pour les tourteaux et -23,0 % pour les fèves). Les prix des denrées tropicales ont reculé (-15,6 %), en particulier le robusta (-19,1 %) et le cacao (-17,0 %), alors que le thé a résisté (+2,4%). Les prix des céréales ont diminué de 7,5 %, entraînés par la chute des cours du maïs (-23,6 %). Les cours des matières industrielles diminuent... sauf celui de la pâte à papier ! En octobre, les prix des matières minérales se sont repliés de 18,4 % en devises. Les cours des métaux non ferreux ont diminué de 22,9 %, les plus fortes baisses touchant le cuivre (-29,5 %), le nickel (-31,8 %) et le zinc (–25,2 %). La demande de métaux a ralenti, notamment, en raison de la contraction du secteur de la construction dans les économies avancées. Les prix des métaux précieux ont également baissé (-10,9 %), en particulier le platine (-25,4 %) et le palladium (–23,2 %), du fait du ralentissement de l’activité de l’industrie automobile aux États-Unis et en Europe. Les prix des matières agro-industrielles ont reculé de 14,1 % : la chute du prix du pétrole explique celle du caoutchouc naturel (-30,3 %). Par ailleurs, les cours des bois sciés de conifères ont baissé de 18,9 % du fait de la conjoncture dégradée du secteur de la construction. Pour ce qui est de la pâte à papier, si le prix en devise chute, celui en euros augmente, l'indice (100 en 2000) passant de Septembre à Octobre de 81.2 à 83 (+2.2%). En Janvier 2008, ce même indice s'établissait à 80.4. Cette tendance de prix haussière constitue aujourd'hui une exception dans le secteur agro-industriel et semble indiquer que les stratégies de réduction des volumes de production de la part des groupes papetiers ont les effets escomptés. |