Le combat dans lequel les photographes s'engagent aujourd'hui est-il encore gagnable ou s'agit t-il d'un ultime baroud d'honneur ?
Toujours est-il que la réalisation des photos d'identité directement en mairie ou en préfecture dans le cadre de la réalisation d'un passeport biométrique - on se demande bien qui s'en chargera... - a au moins un mérite : réconcilier photographes et exploitants de cabines photos (10 000 en France) contre elle.
Cette décision, qui entraîne une augmentation du prix du passeport de 60 à 89 euros impactera fortement les professionnels du secteur : ce marché du "soyez naturel, encore un petit sourire" représenterait en effet de 25 à 30% du chiffre d'affaires du secteur, hors cabines photos. Pour la profession, son application entraînerait la suppression directe de 8000 emplois dans les 7 mois.
Dur à entendre en plein marasme économique et alors que l'Etat ne sait plus ou donner de la subvention pour éviter les licenciements massifs...
Dans ce contexte, la confédération française de la photographie a donc décidé d'aller en justice, aucun membre de l'Union européenne n'étant allé aussi loin que la France dans le cadre de la mise en place des passeports biométriques.
Pour le ministère de l'intérieur, cette nouvelle démarche a pour objectif d'e combattre les fraudes et d'éviter les 9 à 10% de photos refusées en préfecture, car ne respectant pas les contraintes techniques du passeport biométrique.
Le ministère indique en outre que la disparition de ce marché, minime, serait largement compensée par le développement de celui des cartes Vitale intégrant une photo d'identité, soit 40 millions de cartes en 4 ans...