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Hommage à Michel Vincent, graveur

Graveur réputé, Michel Vincent n'est plus. Jean-Marc Lebreton lui rend hommage dans nos colonnes.

Le  par  
Hommage à Michel Vincent, graveur

 

Michel Vincent nous a quittés la veille de Noël, dans sa 71eme année.

Dire qui est Michel Vincent est très difficile.

Ancien d’Estienne, amateur (dans le sens d’aimer et de connaître) des arts graphiques, du jazz, des vielles voitures, de vin, des fêtes, Michel était avant tout respectueux des autres et du travail bien fait.

Michel-Vincent-Graveur

Qu’il ait côtoyé les plus grands, Nougaro, Eddy Louiss, Salvador, Francis Paudras, Jean-Pierre Beltoise, Arrigoni Neri, Le Boul, et bien d’autres, ne l’a jamais empêché d’accueillir les « petits », les rencontres, les amateurs de livres d’art, de l’art et des arts graphiques, et de la fête, les fabricants de l’édition, les fabricants et vendeurs de matériaux de couvrure, les éditeurs créatifs, les amateurs de belles choses, et du bien être collectif dont Michel savait mettre le « la » pour qu’une connivence s’installe.

Pupille de la nation, il a été accueilli à l’Ecole Estienne par Monsieur Ranc, proviseur de talent qui a su reconnaître en Michel un futur grand.

Ensuite, créant son entreprise avec les complices de l’époque, Michel a su développer et faire perdurer un art qui s’est aujourd’hui un peu dispersé : la gravure en relief des fers à dorer, pour décorer les plus belles peaux et les plus beaux livres qui sont à ce jour les fleurons de l’édition française.

Graveur traditionnel, visionnaire, recherchant le motif historique et créant ses propres dessins, Michel a su apprivoiser les textes pour proposer un habillage « au point » tant pour Asterix que pour l’Aiglon, pour la littérature faisant coller l’époque aux textes concernés, que pour illustrer les encyclopédies, l’art moderne ou l’art classique, se référant aux plus grands pour adapter le fer à dorer aux illustrations les plus fines ou les plus sophistiquées dans leur interprétation dans un registre complexe de traits sans nuances possibles autres que ses choix de couleurs de grains et de couleurs de peaux, des pâtes servant au marquages, combinant l’ensemble et offrant LE retour d’image souhaitée.

Michel-Vincent-Graveur

Fidèle en amitié, créateur de génie, sa place est au Panthéon du livre d’art et de son ornementation, de la liste des grands créatifs de l’édition (sans nommer les plus fidèles, Les Heures Claires, Tchou, Piazza, La Nouvelle Librairie de France, Hachette, Bordas, Editions de l’Ibis, Union Latine, Lidis, Larousse, Tallandier, Jean de Bonnot, Plaisirs du livre, Garnier, Francis Lefebvre, L’Oréal, Dior, Robert Laffont, Lancôme…) il a su combiner l’art et la création, l’amitié et l’accueil permanent du : « tu passes quand tu veux… »

Dire l’art et l’action, dire le bien être et le silence, dire l’accueil et la passion, dire la musique et la peinture, dire le livre et sa création, c’est raconter Michel, avec son diapason, ses échoppes, ses loupes, sa fraiseuse et les rencontres toujours renouvelées autour d’un projet, d’une œuvre, d’une personne… et d’un verre de Saint Nicolas



Jean-Marc Lebreton

 

 

Michel-Vincent-Graveur
 

 

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