Eh bien non, Christine Albanel, l'ex-ministre de la culture, évincée par le flamboyant Frédéric Mitterrand, n'aura pas sombré corps et âmes et définitivement disparu de la vie politique française.
Après le retour en grâce d'Yves Jégo promu à l'UMP après s'être fait virer du gouvernement, Christine Albanel refait surface par le biais d'une mission que vient de lui confier François Fillon, sur proposition de... Frédéric Mitterrand, et qui a trait au livre numérique.
Cette étude ambitieuse a pour objectif de définir les conditions d'adaptation de l'industrie du livre au développement du numérique.
En particulier par rapport aux problèmes de piratage.
Le résultat de cette mission est attendu pour le 1er avril 2010 et qui pourrait déboucher sur... un Hadopi du livre numérique !
"Le gouvernement ne peut accepter de voir une nouvelle industrie culturelle menacée par le pillage", a déclaré François Fillon, en se référant au secteur de la musique.
Un parallèle qui pourrait être inquiétant mais qui passe sous silence le manque d'anticipation total à l'époque, des maisons de disque et leur incapacité à comprendre le changement de modèle économique auquel elles étaient confrontées et qu'elles ont subi, avec l'apparition de nouveaux entrants comme Apple.
L'expérience aidant, il est désormais à souhaiter que les éditeurs de livres sauront prendre plus de recul que leurs confrères de la musique et développeront rapidement des partenariats avec les nouveaux diffuseurs du livre numérique...
Si on attend avec impatience les conclusions de cette étude dont l'objectif semble être de défendre les intérêts des éditeurs, on peut cependant s'interroger sur le côté industriel de cette "évolution" vers le livre numérique. Quid en effet des acteurs du monde de l'imprimerie et du papier, qui en subiront sans doute en partie les effets ? Quel soutien du gouvernement à notre branche industrielle ?
Article du 05-05-2010 Le livre numérique, danger écologique pour les Amis de la Terre Selon l'organisation non gouvernementale, le livre numérique favorisera l'extraction de minerais rares dont l'exploitation détruit aussi des forêts, au détriment du papier, matière première renouvelable.