Dans la jungle des affaires, un chasseur peut devenir une proie, souvent beaucoup plus vite qu'il ne pouvait le penser.
Telle est aujourd'hui la situation du constructeur de photocopieurs Konica-Minolta dans les industries graphiques et l'imprimerie.
Il y a quelques semaines encore, tout allait bien pour la société : son développement dans le secteur s'était parfaitement opéré, par la commercialisation de quelques modèles aux qualités appréciées, vendus à des prix défiant toute concurrence. Cette stratégie classique de prise de parts de marché s'appuyait sur des développements propres ainsi que sur un partenariat R&D avec le néerlandais Océ.
Longtemps présenté comme le repreneur naturel de son partenaire, le nippon a sans doute beaucoup trop tardé pour se déclarer, jouant sans doute une valorisation à la baisse ou ne disposant pas du cash nécessaire pour ce faire.
Toujours est-il que la société s'est fait souffler sa proie par Canon, à l'occasion d'une OPA d'anthologie, rondement menée.
Ce rachat surprise constitue la pire chose qui pouvait arriver dans le contexte actuel à Konica Minolta, la société ne disposant plus de la taille critique face à des géant comme HP, Xerox-Fuji, Canon ou Ricoh et ayant surtout perdu l'expertise d'Océ dans les industries graphiques.
Une situation qui ne manque pas d'inquiéter les professionnels de l'imprimerie quant à la capacité de Konica Minolta de les accompagner à terme.
Annoncé depuis plus d'un an déjà, le copieur de production 90 pages fait cruellement défaut à la gamme et devrait être présenté sur l'Ipex.
Las, Ricoh est entretemps apparu sur le marché de l'imprimerie.
Leader incontournable de la bureautique et de l'éditique, financièrement solide et disposant d'équipes R&D, la société a pour ambition de devenir incontournable dans les industries graphiques. Avec une stratégie de prise de parts de marché ambitieuse, celle là même qui si bien su réussir, en son temps, à Konica Minolta...
La roue tourne.
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