Communique? de Presse de la CGT Jouve
Le Groupe Jouve annonce sur son site l’acquisition de TexTech dont le sie?ge est a? Chennai, en Inde et qui dispose d’une filiale aux Etats-Unis.
Textech intervient principalement comme prestataire des e?diteurs de livres pour l’enseignement scolaire et universitaire, sous forme imprime?e et, de plus en plus, e?lectronique. Elle propose de coordonner les travaux depuis la conception jusqu’a? la distribution des ouvrages. Elle intervient e?galement directement dans de nombreuses ope?rations contribuant a? la gestion des donne?es, la mise en page et valorisation des contenus, a? l’impression ou mise en forme e?lectronique et a? la logistique.
Elle utilise pour cela des workflow e?ditoriaux, c'est-a?-dire des solutions informatise?es de gestion et coordination des diffe?rents intervenants et des ope?rations depuis la conception e?ditoriale jusqu’a? la distribution. Dans sa pre?sentation, le Groupe Jouve met en avant deux arguments principaux a? cet achat : • les tarifs compe?titifs gra?ce a? une production de?localise?e,
• devenir une re?fe?rence mondiale en poursuivant l’internationalisation du Groupe.
Il faut appre?hender cette ope?ration sous deux angles d’importance e?gale : • Celui d’une strate?gie dynamique de de?veloppement du Groupe • Celui d’une strate?gie socialement responsable
Tre?s rapidement, la lecture de la pre?sentation de l’ope?ration montre que l’articulation ne?cessaire entre ces deux strate?gies n’est pas son point fort. Notre Directeur Ge?ne?ral essaie bien sur le sujet un magnifique, mais ne?anmoins peu convainquant, exercice de grand e?cart en affirmant “L’acquisition de TexTech s’inscrit dans la strate?gie globale du Groupe de renforcer sa pre?sence locale afin de devenir un acteur de re?fe?rence mondial. »
Un peu plus loin, notre Directeur des Services e?ditoriaux et de publication, lui, ne s’embarrasse pas de conside?rations sociales : « La strate?gie de nos clients est de rationaliser leurs processus e?ditoriaux et de production », ce qui revient a? dire : abaisser les cou?ts.
Ces de?clarations ajoute?es a? l’objectif premier de « tarifs compe?titifs gra?ce a? une production de?localise?e » e?clairent la strate?gie du Groupe a? travers ces ope?rations : e?tre un acteur de premier plan dans la mondialisation des prestations e?ditoriales et de fabrication des ouvrages imprime?s et/ou e?lectroniques. Pour cela, utiliser tous les moyens de la mondialisation, a? commencer par le recours, de?s que cela est possible, aux travailleurs a? bas cou?ts.
Nul doute que sur un tel projet, les actionnaires et les financiers vont faire honneur a? notre Directeur. Les dollars plein les yeux aideront a? ignorer les conside?rations e?thiques.
Nous sommes loin des de?clarations voulant rassurer, mais surtout paralyser, du type « pas de risque de de?localisation avec la langue franc?aise ». Notre management continue aujourd’hui a? nous dire de travailler tranquille, que notre direction se charge de pre?parer notre avenir, que c’est sa premie?re pre?occupation...
L’ope?ration montre aujourd’hui que sa pre?occupation c’est l’avenir financier du Groupe. Les conse?quences sociales de cette strate?gie ne seront traite?es que par obligation.
Jouve se pre?sente comme un mode?le de politique industrielle vis-a?-vis des financiers. Etre un mode?le dans la gestion sociale des changements doit e?tre un objectif au moins aussi important, sinon plus, pour une entreprise qui se dit responsable et qui dispose de moyens. Pour la CGT, l’achat de TexTech est l’affirmation d’une ambition financie?re. Elle n’est pas accompagne?e aujourd’hui d’une ambition sociale qui ferait de Jouve une entreprise responsable.
Malheureusement, la Direction montre plus d’e?nergie a? tenter de de?stabiliser les repre?sentants du personnel qui re?clament l’ouverture du volet social qu’a? e?difier un projet a? moyen et long terme d’e?volution des compe?tences et qualifications.