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La crise accentue la mutation du secteur de l’imprimerie

Michel André, associé référent imprimerie chez Baker Tilly France, réseau de cabinets d’expertise comptable, d’audit et de conseil, commente ces mutations.

Le par  

L’imprimerie subit depuis plusieurs années une profonde mutation. La crise a creusé les écarts entre les différents secteurs.

Une activité contrastée selon le type de métiers

Le secteur de l’imprimerie recouvre des situations très différentes :

  • l’imprimerie « de ville », qui réalisait les petits travaux type papeterie, petites brochures… en impression « classique » est en voie de disparition.
  • l’imprimerie industrielle, qui réalise les brochures, les documents promotionnels, la publicité… a subi assez violemment le contrecoup de la crise de l’industrie et du recul des dépenses de publicité. Les pertes de chiffre d’affaire ont pu être supérieures à 25 %. La concurrence est tellement vive, dans un marché en récession, que certains imprimeurs acceptent même de travailler à perte en proposant des prix inférieurs à leur prix de revient. Une stratégie à court terme qui ne peut pas être viable. Par ailleurs, on constate l’émergence d’une vive concurrence des pays de l’Est qui tire également les prix vers le bas.
    De plus, les investissements sont très importants avec un phénomène d’obsolescence rapide. Les imprimeurs dont les échéances pour leurs matériels arrivaient à terme en 2008 avaient une chance supplémentaire de passer le cap par rapport à ceux qui ont investi juste avant la crise et qui doivent assumer les remboursements de prêts parallèlement à une baisse d’activité.
  • l’imprimerie de la presse : on assiste à des rachats et des fusions, car c’est là aussi un secteur très concurrentiel qui nécessite régulièrement d’investir massivement dans des machines de plus en plus performantes.

Deux types d’imprimerie tirent parfaitement leur épingle du jeu :

  • l’imprimerie spécialisée. Pour Michel André : « Prenons l’exemple des imprimeries spécialisées en étiquettes : étiquettes pour les bouteilles de vin, ou l’étiquette agro-alimentaire. Même si elles ont senti la crise, ces imprimeries s’en sortent très bien, car la demande est toujours là. Et la perte de volume a souvent été compensée par une recherche graphique plus poussée, pour mieux attirer le consommateur. Mais elles aussi doivent évoluer : elles sont passées récemment à l’étiquette adhésive, indispensable pour rester sur ce marché. »
  • l’imprimerie numérique, qui correspond parfaitement aux nouveaux besoins des clients : petits tirages, personnalisation facile, rapidité d’exécution... Les presses numériques couleur proposent aujourd’hui des technologies fiables et performantes qui ont permis d’améliorer la qualité de reproduction des couleurs et de diminuer le coût à la page, notamment pour les tirages en petites quantités. Et l’impression numérique ne se limite pas à l’électrophotographie ; le jet d’encre gagne progressivement des parts de marché.
baker_tilly

L'imprimerie, un marché qui reste fragmenté où l’investissement et la prise en compte d’internet font la différence.

Le marché de l’imprimerie reste encore fragmenté, alors que le niveau des investissements nécessite une taille suffisante pour pouvoir les réaliser. Le regroupement pour les imprimeries industrielles et de presse, la spécialisation ou le choix de l’imprimerie numérique paraissent être des tendances de fond.

Quant aux technologies internet, elles doivent être prises en compte à deux niveaux : c’est déjà fait en ce qui concerne « l’e-procurement » (ou gestion des approvisionnements en ligne). Ce service permet aux imprimeurs d’abolir les distances avec leurs clients et de rendre plus efficaces les échanges commerciaux.

En revanche tout reste à inventer pour proposer de nouveaux services aux clients en organisant de nouvelles articulations entre les imprimés et la communication virtuelle pour aller au-delà de la reprise des textes d’une brochure pour un site web et vice-versa, ou de l’impression d’un document mis en page à partir d’internet.

Internet ne remplace pas la communication imprimée mais il reste des progrès à faire pour améliorer la complémentarité entre les deux techniques
Les imprimeurs sont en première ligne pour anticiper et suivre les nouvelles demandes de leurs clients et optimiser les possibilités en progression constante des technologies.

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Vos réactions

Excellente…

Par Youssef Rahoui le 10-09-2010
synthèse, merci !
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