Si certains choisissent d’attendre que la conjoncture soit porteuse pour donner un nouvel élan à leur outil de production, d’autres optent en revanche pour une stratégie résolument plus ambitieuse, en investissant par anticipation.
C’est dans ce camp des audacieux que se rangent les dirigeants fondateurs de l’imprimerie IDMM, qui entendent bien être en mesure de réagir dès que le vent de la reprise soufflera.
Cet été, à quelques semaines de fêter le 18e anniversaire de leur société, Patrice Marta, Françoise July et leur équipe ont donc quitté Dardilly, pour finaliser une opération immobilière de grande envergure, en intégrant un nouveau bâtiment, à Champagne au Mont d’Or.
Plus spacieux et plus fonctionnel, il développe 2 000 m2 couverts, contre seulement 1 500 m2 précédemment, sur un tènement de 5 000 m2. Dans le même temps, ils ont renouvelé intégralement leur parc machines. Une opération dont le montant total s’élève à 6 millions d’euros, équitablement répartis entre le bâti et l’outil de production.
Propriétaires depuis 1997 du bâtiment qu’ils occupaient jusque-là à Dardilly, mais qui n’était plus adapté à leurs besoins, les deux associés n’ont pas souhaité s’en séparer. Ils l’ont donc mis en location et, pour financer leur nouvelle opération immobilière, ils ont opté pour une formule crédit-bail, avec Natixis et le Crédit Foncier pour partenaires.
À Champagne au Mont d’Or, tout a été conçu pour maintenir un niveau de prestation, dont la qualité était déjà unanimement reconnue.
En effet, les circulations entre les différents services ont été redéfinies, pour assurer une plus grande efficacité. "Tout a été pensé pour que cet investissement améliore encore la performance de notre outil de production et offre à nos clients un service de qualité et une fiabilité irréprochable, "affirment Françoise July et Patrice Marta. "Notre mot d’ordre est simple : zéro soucis pour notre client de la remise du fichier à la livraison".
Soucieux de s’adapter aux besoins d’une clientèle désormais demandeuse de travail réalisé en « juste à temps », IDMM adosse donc son savoir-faire et celui de ses 22 salariés sur une réactivité à toute épreuve.
Pour cela, l’imprimerie joue la carte de la proximité. « Environ 90 % de nos clients sont installés dans le Rhône et nous n’éprouvons pas le besoin d’aller prospecter au-delà, car nous avons encore une belle marge de progression dans ce département », précisent-ils.
Une géographie commerciale liée à l’histoire de l’entreprise et à sa stratégie de croissance, plus volontiers basée sur la fidélisation clients, que sur des actions de conquête commerciale loin des bases de l’entreprise.La technologie « Prinect Inpress Control » sur tout le parc machines
Pour accompagner la mise en service de ce nouveau site de production, IDMM dispose désormais de trois nouvelles presses offset Speedmaster signées Heidelberg : une 4 couleurs et deux 5 couleurs, que complète un groupe vernis sur chacune d’entre elles. Modèles de toute dernière génération sortis par le fabricant allemand, les presses XL75 ont été présentées à la Drupa 2008, la grand-messe des industries graphiques et papetières. Des solutions techniques à la pointe du progrès, qui donnent à IDMM un temps d’avance sur la concurrence. « Nous sommes très pointilleux sur la qualité de notre travail et nous renouvelons notre parc machines tous les 4 ou 5 ans ».
Cette année, c’est l’extension de la technologie « Prinect Inpress Control » à l’ensemble du parc machines, qui représente la véritable nouveauté par rapport à la génération précédente. « Grâce à cette innovation, que nous sommes les seuls à étendre sur l’ensemble de notre parc machines dans la région Rhône-Alpes, nous sommes en mesure d’assurer une qualité maximale et identique sur toute la production, puisque la technologie « Prinect Inpress Control » est basée sur l’automatisation récurrente du contrôle qualité. C’est essentiel pour obtenir un travail de qualité de la première à la dernière feuille ».
Un client parmi beaucoup d’autres, puisque la stratégie de l’imprimerie repose avant tout sur la diversification des marchés et des prospects. «Aucun de nos clients ne pèse plus de 10 % de notre chiffre d’affaires», indique Patrice Marta. Une philosophie de sagesse, qui a sans doute permis à l’entreprise de digérer les effets de la crise, bien qu’elle en ait subi les conséquences comme les autres. « En 2009, notre chiffre d’affaires a chuté de 20 %, pour s’établir à 6 millions d’euros. Cette année, nous allons stabiliser la situation et, avec cet outil de production entièrement renouvelé, nous espérons retrouver le chemin de la croissance dès l’année prochaine. »