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Examen d'un projet de loi centriste sur l'interdiction des phtalates

Les phtalates ont-ils vécu, c'est la question que l'on est endroit de se poser à l'examen du projet de loi qui arrive à l'Assemblée Nationale.

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Examen d'un projet de loi centriste sur l'interdiction des phtalates

Pour les députés du Nouveau Centre conduits par Yvan Lachaud, le principe de précaution doit s'appliquer et de ce fait, l'utilisation des phtalates doit être interdite dans les produits courants.

Présentée le 1" juillet dernier, cette proposition de loi sera présentée à l'Assemblée Nationale le 5 avril prochain pour être débattue le 14.

Utilisés comme plastifiant, les phtalates sont suspectés d'avoir "des effets délétères sur la mise en place du potentiel reproducteur humain", même si aucune étude épidémiologique n'a encore démontré de relation de cause à effet.

Déjà interdits dans les articles destinés aux enfants, les phtalates pourraient voir leur utilisation fort réduite par cette proposition de loi qui s'attaque également aux parabens et autres alkiphénols, non utilisés en plasturgie...

Ci-dessous l'exposé des motifs du projet de loi présenté :

"Depuis quelques dizaines d’années, les entreprises industrielles utilisent un groupe de produits chimiques appelés phtalates (C10H8), apparentés à l’acide phtalique, présents essentiellement dans les plastiques. On trouve les phtalates dans une large gamme de produits industriels, ménagers et de consommation, dont des produits d’hygiène, tels que des tuyaux, des revêtements en vinyle, des vitres de sécurité, des huiles lubrifiantes, des détergents, des emballages alimentaires, des adhésifs, des peintures, des encres, des produits pharmaceutiques, des chaussures, des câbles électriques, des articles de papeterie, du vernis à ongles, des désodorisants, des laques pour cheveux, des savons, des shampooings, des parfums, des crèmes cosmétiques, des biberons...

L’Union européenne a déjà interdit les phtalates pour certains usages, dans les articles de puériculture, les jouets (par exemple, la directive européenne 2005/84/EC) et les cosmétiques, mais leur usage reste autorisé dans de nombreux autres produits d’utilisation courante.

Or, plusieurs études scientifiques, menées notamment par l’INSERM-CEA et l’université Paris VII (Unité mixte de recherche Gamétogenèse et Génotoxicité), ont démontré que les phtalates ont des effets nuisibles pour la santé ; ils ont en particulier des effets délétères sur la mise en place du potentiel reproducteur masculin dans l’espèce humaine.

Autre composant à risque, les parabènes sont des conservateurs chimiques largement utilisés : ils entreraient dans la composition de plus de 80 % des cosmétiques (shampooings, crèmes, mousses à raser…) et on les trouve aussi dans l’alimentation et même dans les médicaments. Les plus couramment utilisés sont le méthyl-, l’ethyl-, le propyl- et le butylparaben.

Les parabènes sont suspectés de provoquer chez les femmes des cancers du sein et d’être néfastes à la fertilité masculine. Des expériences ont en effet montré qu’à long terme les parabènes perturbent le système endocrinien, notamment les hormones sexuelles.

Pour des produits aussi largement utilisés, le principe de précaution est la règle, même si aucune étude scientifiquement fondée n’a encore démontré un vrai danger. Il est de fait que nous n’avons aucun recul sur les effets des parabènes à long terme.

Or des produits de substitution existent pour les parabènes : des conservateurs naturels, utilisés notamment dans les cosmétiques « bio ».

Par ailleurs, l’exposition aux alkylphénols peut également être nuisible. Les alkylphénols sont généralement incorporés comme agents émulsifiants dans les cosmétiques. Le plus dangereux serait le nonylphénol dont l’activité hormonale (œstrogène) est prouvée, risquant de dégrader la qualité du sperme et de provoquer des atteintes à l’ADN.

Certes, pour ces trois types de composants, les industriels affirment leur totale innocuité aux doses présentes dans les produits. Mais ce n’est pas la dose de parabène ou de phtalate dans une crème hydratante qui est cause, c’est en réalité son accumulation dans l’organisme.

Il apparaît donc nécessaire de réduire l’exposition de la population à ces molécules, au nom du principe de précaution, dès aujourd’hui, sans attendre les résultats d’études à venir.

Ainsi cette proposition de loi vise-t-elle, au nom du principe de précaution, à interdire les phtalates, les parabènes et les alkylphénols".

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