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De l'argent public va t-il servir à tuer les rotativistes de labeur français ?

Pour une entrée en matière, le nouveau ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, ne devrait pas chômer dans le domaine de l'imprimerie, tant le dossier qui risque d'exploser dans les semaines qui viennent, est sensible.

Le  par  
De l'argent public va t-il servir à tuer les rotativistes de labeur français ?

En question, les aides à la presse, qui ne n'oublions pas, vit aux frais du contribuable, des subsides de l'Etat.

Ces aides, appliquées au secteur de l'impression permettent en particulier, de financer les investissements productifs, à savoir les rotatives.

Jusqu'à présent, ces subventions n'avaient que peu d'incidence sur l'imprimerie de labeur, les rotatives en question imprimant sans sécheur, des papiers de faible qualité, non concurrentiels. Une situation qui n'a plus court, avec le développement de nouvelles rotatives hybrides, pouvant alternativement adresser des marchés de presse ET de labeur !

Ce problème est d'autant plus inquiétant depuis le 13 avril dernier et la publication - discrète - du décret 2012-484, portant sur la création du fonds stratégique pour le développement de la presse.

Ce fonds, directement issu des Etats Généraux de la Presse, permettrait l'acquisition de telles rotatives hybrides et doterait ainsi les groupes de presse d'un moyen machiavélique d'attaquer des marchés de labeur, à coût marginal, en étendant l'assiette des aides à des publications qui en étaient exclues, comme les quotidiens gratuits d'information générale ou politique, locale ou nationale. Ne sous-estimons pas en outre les glissements de marché, des suppléments magazines des quotidiens, vers des imprimeries de presse !

En bref, un fonds public qui permettrait tranquillement, de tuer les rotativistes de labeur, qui paient leurs charges et sont confrontés tous les jours à la concurrence d'acteurs étrangers, en créant une nouvelle concurrence, subventionnée cette fois-ci par de l'argent public !

L'Unic, la fédération française de l'imprimerie, s'est émue de cette situation dantesque et a réagi, en attaquant la légalité même de ce décret, alors que se trame la réorganisation de l'impression d'un grand quotidien national au travers d'une externalisation qui pourrait bénéficier de ces fonds publics.

Aujour'hui, alors que le gouvernement se targue de mettre en place une stratégie de redressement productif, l'argent du contribuable doit-il, une fois de plus, servir à fausser les règles du marché, en destabilisant un pan entier de notre industrie au profit d'une minorité ?

La question est posée qui démontrera ou non l'engagement des autorités à défendre l'imprimerie française.

Lire le communiqué de presse de l'Unic

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