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Concurrence déloyale presse-labeur - le communiqué officiel de l'Unic

De l'argent public va t-il servir à tuer les principaux rotativistes de labeur français. GraphiLine rediffuse in extenso, le communiqué de presse de l'Unic à ce sujet.

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Concurrence déloyale presse-labeur - le communiqué officiel de l'Unic

Paris, le 16 mai 2012

Concurrence déloyale Presse/labeur, le cri d’alarme et l’offensive de l’UNIC

Le secteur des industries graphiques qui sert sept grands marchés dont le marché du périodique, est confronté depuis plusieurs années à un ensemble de défis que les imprimeurs rotativistes du labeur ont su relever avec les éditeurs en fondant leur approche sur une optimisation partagée, et une inventivité que l’investissement et le savoir-faire de ces imprimeurs ont permis.

La DRUPA 2012 est le reflet de ces ruptures technologiques et des modèles économiques qui y sont associés, qui impliquent notamment que les presses se transforment en solutions hybrides aptes à répondre à une demande multi-produits (presse, livre, éditique…) et multi-procédés (offset et numérique).

L’UNIC et l’Etat accompagnent cette mutation qui ouvre des perspectives nouvelles de mutualisation aux entreprises nationales, à condition toutefois que le secteur de l’imprimerie de labeur qui enregistre une baisse de ses volumes, demeure le pivot structurant de cette nouvelle approche.

En outre, l’UNIC à l’heure du numérique prend toute sa part à la construction de solutions alternatives pour aider à la décentralisation de la presse quotidienne nationale en veillant à respecter les équilibres économiques et industriels des parties prenantes.

C’est dans ce contexte que nous nous sommes émus auprès des pouvoirs publics au plus haut niveau des risques que ferait peser sur notre secteur, la politique des éditeurs de presse quotidienne visant à conquérir des marchés du labeur à coût marginal, et ce dans le seul but d’optimiser leurs outils de production devenus hybrides.

La nouvelle donne règlementaire 

Si nous n’avons pas à remettre en cause le nécessaire accompagnement public dédié à la modernisation de la presse en général, que ce soit au niveau de la fabrication, du contenu, de la distribution ou du portage, il nous revient en revanche l’impérieuse nécessité de contester tout scénario dépressif qui consisterait à aider les groupes de presse à se doter, par la voie de l’externalisation, d’outils visant à récupérer à coût marginal des supports aujourd’hui assurés par les rotativistes du labeur.

Cette évolution destructurante pour un secteur comme le nôtre qui traite 800 000 tonnes annuelles de papier pour la presse périodique et la presse gratuite, et a assuré seul ses mutations sociales et économiques sans aucune aide, s’est brutalement renforcée après la publication du décret 2012-484 du 13 avril 2012 portant création du fonds stratégique pour le développement de la presse.

Le décret susmentionné qui procède notamment des Etats généraux de la presse et des textes venus modifier la gouvernance des aides publiques attribuées aux éditeurs de presse, dessine une nouvelle assiette des aides en l’étendant à des publications qui en étaient jusqu’alors exclues, à savoir les quotidiens gratuits d’information politique et générale, locale ou nationale.

La portée du décret

Il est évident que la portée de ce décret dépasse le seul cadrage des aides à la presse, en provoquant des dégâts collatéraux engendrés par le glissement de ces supports d’information, et des suppléments de PQN sur des presses appartenant à des unités hybrides presse/labeur qui fonctionneront selon un cycle presse de nuit/labeur de jour, avec les coûts marginaux que peuvent se permettre d’assurer ces nouvelles entités qui n’hésiteront pas demain à démarcher les grands éditeurs de gratuits, les éditeurs de PQN pour leurs suppléments, et plusieurs hebdos qui sont la propriété directe ou indirecte de la PQN et qui relèvent de notre champ.

La déstabilisation ainsi apportée et la distorsion entre deux secteurs, dont l’un serait aidé et l’autre pas, provoqueront des effets en cascade sur le social (suppressions de postes), l’économique direct (perte de titres pour le labeur), l’économique indirect (chaîne de valeur amont/aval), et inciteront ainsi les éditeurs de presse dans un souci d’optimisation, à mettre en concurrence les deux secteurs, en priorisant la logique du moins-disant.

A un moment où l’UNIC publie le bilan du poids qu’a représenté la taxe professionnelle avant la réforme de son assiette, notre organisation professionnelle, consciente des risques que ferait peser demain l’émergence d’opérateurs uniques presse/labeur aidés par la puissance publique, a saisi un avocat au Conseil d’Etat pour contester la légalité de ce décret alors que se finalisent des négociations de redéploiement industriel et social engagées avec un grand titre de PQN en quête de solutions d’externalisation.

Au-delà de cette stratégie administrative, l’UNIC oeuvre auprès des pouvoirs publics pour qu’aucun projet recelant de semblables distorsions ne reçoive d’aides publiques directes (aides à l’investissement) ou indirectes (défiscalisation), sauf à considérer qu’un secteur « protégé », qui a déjà à gérer la situation dramatique de la distribution de la presse à coûts mutualisés ne puisse devoir son salut illusoire qu’à la conquête de nouveaux territoires dont les modèles économiques sont déjà dépressifs.

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