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Interview Drupa - François Martin, directeur marketing HP

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A l'occasion de la Drupa, François Martin, directeur marketing HP pour les industries graphiques, nous a accordé une interview exclusive dans laquelle il nous présente les innovation de HP dans les industries graphiques, l'imprimerie et l'emballage.


François Martin, HP est particulièrement actif sur cette Drupa 2012, avec le second stand du salon en surface, derrière Heidelberg. Pouvez-vous nous détailler ces nouveautés ?

François Martin : effectivement, les nouveautés sont très nombreuses chez HP, des nouveautés qui s'articulent tout d'abord autour d'une nouvelle plateforme B2 pour la gamme Indigo, la série 4, disponible début 2013 pour son application commerciale et fin 2013 pour le packaging et l'étiquette. Notre deuxième grande annonce consiste dans des upgrades significatifs pour la série 3, avec notamment 33% de productivité en plus avec un nouveau mode EPM (enhanced productivity mode) et des nouveaux effets de finitions pour augmenter la valeur des pages, notamment de l'embossing numérique. Troisième grande annonce de cette Drupa, l'augmentation de la productivité de nos rotatives jet d'encre, avec un passage à 800 pieds / minute en monochrome sur la T410 et la T360. Enfin, des améliorations dans l'impression très grand format avec l'arrivée de l'encre blanche très attendue sur la FB7600, qui bénéficie de surcroît d'un chargement automatisé des feuilles. 

Quelle est la stratégie qui sous-tend ces différents lancements de la part de HP ?

François Martin : HP a pour objectif d'augmenter le domaine applicatif du numérique. C'est d'autant plus vrai quand on prend en considération les évolutions de nos solutions de workflow et nos différents partenariats, que ce soit dans ce domaine au dans celui des solutions de finition. Toutes les annonces faites nous permettent de proposer des solutions applicatives end to end, couvrant des domaines applicatifs extrèmement larges, dans le domaine des industries graphiques et de l'emballage. Le marché de l'impression se transforme en profondeur, qui migre d'un univers analogique à un univers numérique : nous cherchons à y apporter la reponse la plus pertinente. 


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Avec l'Indigo 10000, anticipez-vous des transferts de travaux offset vers le numérique ?

François Martin : l'Indigo 10.000 vise deux marchés. Tout d'abord celui de l'offset qui est confronté à une double tendance, une surcapacité de production et une multiplication des tirages courts ou moyens, autour de 1000 à 3000 exemplaires. Dans ce sens, l'Indigo 10000 apporte rapidité et simplicité de mise en oeuvre pour un coût de production global très compétitif. Le second marché que l'on vise avec l'Indigo 10.000 est celui des imprimeurs numériques qui veulent désormais augmenter leur niveau de productivité. Ces imprimeurs qui ont parfaitement compris les enjeux du numérique, souhaitent passer à la vitesse supérieure. Avec le format B2, ils disposent d'une productivité 2,5 fois supérieure à celle dont ils disposaient chez nous avec nos modèles les plus productifs. 

Imaginez vous une Indigo 10.000 remplacer carément une presse offset ?

François Martin : la 10.000 a été conçue avec des imprimeurs à qui nous avons demandé ce qu'ils attendaient d'une machine numérique destinée à remplacer une presse offset. On a donc conçu une machine qui dispose d'une gestion de papier, tant à la marge qu'à la recette, identique à une presse offset. On rentre une palette de papier et on en ressort une autre, imprimée, dans un format B2, totalement compatible avec les outils de finition d'une imprimerie classique. Le coeur de la presse est lui numérique, avec tous les avantages de la technologie Indigo : données variables possibles, pas d'utilisation de plaques et de chimies, capacité à enchaîner une très grande variété de jobs, les uns derrière les autres, sans souci, et d'une façon extrèmement rapide. En offset, on passe d'un job A à un job B en 5/6 minutes, avec une presse de toute dernière génération. En numérique, ce changement est instantanné.

Quel est le portrait type de l'imprimeur Indigo 10.000 ?

François Martin : deux types d'imprimeurs. Celui qui a déjà démarré le numérique depuis quelques années, environ 2005, avec l'arrivée de l'Indigo 5000. Ces imprimeurs ont 5/6 ans d'expérience dans le numérique, ils savent le vendre et le positionner par rapport à l'offset. Ils disposent déjà d'un flux capable de traiter un grand nombre de "petites" commandes. L'Indigo 10.000 viendra compléter leur parc et le renforcer. Le deuxième profil d'imprimeur Indigo 10.000 est l'imprimeur offset classique, qui sait qu'il doit passer au numérique et qui dispose enfin d'un outil qui s'intègre parfaitement à son atelier, du fait de son format. Cette presse lui permettra de passer les jobs qu'il a aujourd'hui, simplement et sans se poser trop de questions. Il lui faudra bien sûr développer de nouvelles compétences, au niveau du workflow, mais l'intégration de la machine sera extrèmement simple et naturelle dans son environnement existant, sachant qu'on lui recommande, avant de passer à la 10.000, disponible début 2013, de se faire la main sur une presse plus petite, comme une 5000.

Avec les Indigo 20.000 et 30.000, vous ciblez clairement les industriels de l'emballage

François Martin : effectivement, nous visons un autre monde, celui de l'étiquette adhésive et celui du packaging ou folding carton. Avec les 6000 et 6600, HP était présent depuis de nombreuses années dans le domaine de l'étiquette adhésive. L'Indigo 20.000 élargit notre gamme sur ce marché, avec une productivité fortement augmentée, puisque l'on passe de 4000m linéaires à 10.000m linéaires. Dans le secteur de l'étiquette, la pénétration des technologies numériques est relativement forte dans les courts et moyens tirages. La 20.000, du fait de sa productivité, va pouvoir répondre à 98% des travaux d'étiquettes. En parallèle, cette presse peut traiter des supports plastiques de type film, ce qui nous ouvre un nouvel horizon, le marché de l'emballage flexible. Jusqu'à présent, on pouvait en traiter sur une 6000 mais avec une limite de format. La 20.000 nous permet de résoudre ce problème, avec une presse mixte, étiquette/film. 


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Avec la 30.000, vous adressez des marchés de transformateurs

François Martin : l'Indigo 30.000 est un vrai nouveau marché pour HP. Aujourd'hui, on pouvait faire du folding carton sur une 5500, également dans une moindre mesure sur une 6000. Avec la 30.000, nous disposons d'une machine feuille à feuille en format B2, capable de traiter des supports allant des plus fins aux plus épais. Le marché du numérique ne s'était jusqu'à présent pas développé dans l'emballage du fait du format des presses. Aujourd'hui, nous apportons une solution qui va répondre aux besoins des imprimeurs et tranformateurs d'emballages carton, dans le domaine des courts et moyens tirages, du prototypage. Un monde industriel, en forte croissance.

HP est le seul constructeur de presses numériques actif sur un marché allant de l'imprimante personnelle à la rotatives jet d'encre, du grand format latex au B2 numérique de production. Que diriez vous à un imprimeur qui ne serait pas équipé de numérique aujourd'hui ?

François Martin : aujourd'hui, nous observons trois grands phénomèmes. Le premier phénomène est l'avènement du numérique au niveau de la production, domaine dans lequel HP s'est toujours développé comme vous le précisez et qui a débouché sur de nouvelles solutions d'impression. Le second phénomène que l'on constate est la révolution internet. L'accès à l'information de façon virtuelle fait que le rôle du papier est en train de changer. On s'en est bien rendu compte avec l'arrivée de l'iPad. On n'a plus aujourd'hui, forcément besoin d'une information imprimée, pour certains types d'informations. Le troisième phénomène que nous observons et qui n'était pas prévu, c'est la crise financière actuelle, qui accéléré un grand nombre de décisions chez les annonceurs qui "consomment" le papier, qu'il s'agisse de grandes marques ou de PME-PMI. Leurs budgets se sont réduits et ils se posent aujourd'hui beaucoup plus de questions dans la mise en place de campagnes. Les marques investissaient dans du cross media, du print, de la presse, de la radio, du web. Désormais, elle choisissent le média le plus adapté pour toucher leur cible. 

L'imprimeur est donc confronté à des changements technologiques, un nouveau rapport à l'information et des annonceurs qui ont changé.

François Martin : oui, ce qui fait que le volume global des pages imprimées est en baisse. Par contre, les pages qui restent ont une importance beaucoup plus significative, qui doivent apporter une valeur ajoutée nettement plus grande, laisser une trace, générer un changement de comportement. Dans ce cadre là, le numérique est une solution idéale, par la personalisation qu'il apporte, par la gestion de courts ou moyens tirages. Dans ce contexte, ne pas passer au numérique, pour un imprimeur, dans les 18-24 mois qui viennent, ce serait une erreur notable. Si on ose une comparaison avec la sérigraphie, il n'y a aujourd'hui plus aucun sérigraphe qui ne dispose au moins d'une imprimante numérique grand format, car trop de jobs dans le grand format aujourd'hui, ne peuvent être réalisés qu'en numérique. Dans les 24 mois qui viennent, les imprimeurs de labeur n'ayant pas investi dans le numérique auront un positionnement marginalisé.

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