Charles Corlet (Corlet Imprimeur) : "Je vais aider Patrick Henry"
Dans un entretien à La Nouvelle République, l'imprimeur normand dit qu'il ne pardonne pas son crime à Patrick Henry mais qu'il est décidé à accélérer sa réintégration.
Il ne s'agit pas, de toute évidence, d'un moyen subtil de faire sa publicité : Charles Corlet, 65 ans, patron de l'imprimerie qui porte son nom à Condé-sur-Noireau, dans le Calvados, est loin de cette basse préoccupation. Il a déjà aidé sept anciens détenus de longue durée à reprendre, par le travail, leur place dans la société. S'il le fait, c'est parce qu'il se sent investi du rôle de responsabilité mutuelle dont chacun d'entre nous est investi dans notre communauté. Mais, cette fois-ci, le bénéficiaire de ce geste humaniste est connu, très connu même : il s'agit de Patrick Henry. Et les réactions sont parfois violentes dans l'entourage de l'imprimeur. A un confrère de La Nouvelle République qui lui a demandé d'expliquer une telle démarche, Charles Corlet a répondu qu'il avait "décidé d'aider Patrick Henry à se réinsérer dans la vie active " et qu'il considérait "qu’il est normal de lui donner sa chance". Un détail qui a son importance : "D’abord, Patrick Henry ne sera pas embauché par l’imprimerie Corlet et ne travaillera pas dans ses locaux. Je vais simplement l’aider à monter une société d’informatique où nous serons deux partenaires". Quant aux détracteurs qui déjà lui adressent des injures téléphoniques et lui reprochent d'oublier la mort horrible d'un enfant, il répond : "On ne peut pas pardonner un crime aussi odieux. Ce n’est pas moi, qui ai des enfants et neuf petits-enfants, qui dirai le contraire. Mais je rappelle que c’est le père de Philippe Bertrand qui avait lui-même exhorté les jurés à ne pas appliquer la loi du talion".
En quoi avoir de la considération pour quelqu\'un \'\'qui n\'en a pas eu\'\' pour les autres constitue-t-il un risque ? Sinon celui de le voir revenir dans le droit chemin...
Ou, autrement dit, ne pas montrer de considération pour Patrick Henry - ou un autre justiciable - rendra-t-il ce dernier meilleur ? Sans doute pas.
Ce n\'est pas en tentant de convaincre autrui qu\'il est mauvais que l\'on se donne les meilleures chances de le rendre meilleur, n\'est-ce pas ?
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Par Kafé le 09-05-2001
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Bravo, je ne pense pas que je serai capable d'en faire autant car je suis mère de famille. Deux risques toutefois à ce genre de courage : l'autosatisfaction du côté du "bienfaiteur", de la considération pour quelqu'un qui n'en a pas eu envers un plus faible que lui ("le destructeur").
Mais bravo quand même.