Laurent Picone s’est intéressé au phénomène des salons professionnels. Il nous livre un peu de sa grande perplexité face à la gestion de ces événements dits internationaux dont l’aura faiblit.
La fin du XXe siècle a poussé à la précipitation vers les nouvelles technologies. Il faut trouver sans cesse de nouveaux produits pour être dans le train à grande vitesse des entreprises modernes. Y retrouve t-on son compte? Pas vraiment.
Pour donner lieu à la présentation de ces “nouvelles merveilles”, beaucoup de salons voient le jour sans vraiment d’engouement de la part du public. Les salons traditionnels meurent et laissent place à des salons dont le nom ne veut plus dire grand chose et où les visiteurs comme les exposants ne se reconnaissent pas.
D’une nouvelle génération, ces rassemblements de professionnels ne montrent rien de plus que ce qui était montré quelques semaines auparavant dans un autre lieu d’ exposition. Les salons se suivent et se ressemblent.
Deuxième facteur, c’est l’image internationale donnée aux expositions professionnelles. On incite à se déplacer partout en Europe. TPG, GraphItalia, GraphIntro jouent la carte internationale au moment où les entreprises appellent à un rapprochement régional.
On signe de moins en moins de commandes sur les salons. Les stands de plus en plus grands sont devenus de vraies salles de concert et sont trop souvent inaccessibles. Beaucoup plus de bars, pour les clients de toujours et d’attractions pour les plus jeunes.
Il est important de regarder les conséquences d’un tel phénomène à long terme. Cela ne profite ni aux exposants dont le budget marketing est pris en otage et jettent bien souvent l’éponge, ni aux organisateurs dont les bilans sont catastrophiques et plus important encore ni aux visiteurs blasés de tant de spectacles promotionnels et à qui on demande même de payer l’entrée.
Ou faut-il aller pour que les salons professionnels redonnent une place certaine à la qualité qui ne rime pas forcément avec “fréquence”.
A l’heure où DIGIMEDIA en Allemagne est annulé, faute d’intérët général, il est temps qu’exposants et organisateurs accordent leurs violons.