Le fort ralentissement de l'économie américaine et l'incapacité de la Réserve Fédérale à relancer la croissance malgré les baisses répétées des taux d'intérêt font des ravages dans l'industrie papetière américaine.
La baisse de l'euro, telle une dévaluation compétitive, malmène de surcroit les producteur nord-américains au plus mauvais moment.
La crise s'installe pour les papetiers
L'effondrement de la demande et sa cohorte de fermetures d'usines et de licenciements touchent de plein fouet des industriels endettés par des stratégies de concentration menées tambour battant ces dernières années.
Lors des incontournables présentations de résultats trimestriels, les ténors du secteur, International Paper, Weyerhaeuser, Sappi Fine Paper Amérique du Nord n'en finissent pas d'annoncer de mauvaises nouvelles.
Si Weyerhaeuser privilégie pour l'instant des arrêts de production, International Paper a déjà taillé dans le vif en fermant son usine de Moss Point (200000t de capacité de production) et en procédant à 3700 licenciements. Ce que son Président, John Dillon, traduit de la sorte : "si on ne peut pas changer l'économie, alors il faut faire changer l'entreprise". En bref, adapter la capacité de production à la demande.
Une situation qui ne concerne pas uniquement International Paper.
Sur le premier trimestre, Bowater a ainsi réduit sa production de 36000 tonnes dans le papier journal et de 45000 tonnes dans la pâte.
En février, c'était au tour d'Uniforet d'arréter son usine de pâte québécoise de Port Cartier.
En Mai, Sappi a décidé de se retirer du marché du papier non couché aux Etats-Unis afin de se concentrer sur son coeur de métier : les papiers couchés. Avec comme conséquence le licenciement de 500 personnes et l'arrêt de son usine de Mobile (300000 tonnes de capacité de production).
Du côté d'un autre acteur, Tembec, on n'attend aucun retournement de conjoncture avant longtemps. A juin, la société avait déjà procédé à une baisse de production de 50000 tonnes.
Le prix du papier devrait repartir à la hausse
Jusqu'à présent, la régulation de la baisse de production a parfaitement opéré et le prix du papier ne s'est pas effondré. Il y a un an tout juste, ce prix augmentait encore régulièrement. Pour se stabiliser à partir du mois de septembre 2000.
Si les imprimeurs américains n'ont pas bénéficié de baisses de prix, la disponibilité est bonne comme jamais sans doute et les délais de livraison exceptionnels.
Et malgré la crise, le prix du papier devrait repartir à la hausse ! La conséquence directe de la baisse de production de pâte et donc de papier...
La situation des imprimeurs américains dans les mois à venir devrait être particulièrement difficile, pris entre l'augmentation de leur premier poste d'achat et une récession économique qui affecte en premier lieu leur plan de charge.
Seule consolation : aucun des acteurs ne prévoit à l'heure actuelle de ruptures de stocks à moyen terme, la gestion de la baisse de production étant savamment orchestrée.