Diffusion Contrôle, l’ancien OJD de la presse papier, s’attaque à Internet.
Nous avions déja longuement abordé ce sujet ici au temps où il n’était qu’un projet. Cette fois, depuis le début du mois, c’est effectif. Une dizaine de sites ont accepté de faire mesurer leur audience. Mais sur quelle base de calcul ?
Passons rapidement sur l’organisation interne mise sur pied par Diffusion Contrôle pour parvenir à s’imposer, c’est son but, comme le Grand Contrôleur du Web à l’image de ce qu’il est déjà, depuis 1926, dans le domaine des médiaspapier.
Passons aussi sur les outils mis en place - des logiciels mais selon quels critères ? - et que le “sondé” devra obligatoirement utiliser. Passons encore sur les techniques de “tags” espions qui seront utilisées.
Passons, enfin, sur les espoirs des uns et des autres en matière de manne publicitaire sensée naturellement découler de cette opération.
Le plus important réside sans doute dans le concept de “visite” sur lequel repose toute l’opération. En effet, on mesurera mais quoi ? Une fréquentation, une audience dont la plus petite unité sera, du moins dans un premier temps, le visiteur.
Une visite, estime le Centre d’étude des supports de publicité (CESP), est “un ensemble de pages vues au cours d’une même session”. Et une session, qu’est-ce ? On trouve une approche de réponse dans la définition suivante, toujours du CESP : ”Une absence de consultation <...> excédant 30 minutes vaut pour fin de visite”.
Autrement dit, vous vous trouvez sur Graphiline, êtes interrompu par une voisine qui vient vous demander du gros sel; vous restez à discuter une demi-heure avec elle du temps qu’il fait et de la santé des enfants; vous revenez et vous reconnectez à votre site d’informations favori : voilà deux visites ! Il est d’ores et déjà évident que ce sera là sujet à de graves divergences et que ces divergences alimenteront bien des polémiques.
Mais, surtout, encore une fois, en montant cette sorte d’usine à gaz sensée éclairer d’un jour nouveau le monde d’Internet, on a pensé à l’annonceur publicitaire et non au “lecteur”. L’erreur commise sur les médiaspapier est renouvelée. Proclamer sur papier certifié que tel ou tel magazine tire à x milliers d’exemplaires assure que la page de publicité sera vue mais ne vous garantit pas, à vous, lecteur, que vous trouverez l’information utile que vous recherchez. Cela, aucun organisme aussi réputé soit-il ne s’y est vraiment jamais intéressé. Et c’est à vous seul, à votre analyse de vos besoins et à votre propre étude des titres du marchés que vous devrez de vous faire une idée exacte de ce qui vous convient.