L'annonce de l'irruption de Lenglet Imprimeurs, industriel reconnu de l'offset, dans le monde de l'hélio - notre information ci-contre -, a de quoi surprendre. Il peut paraître hasardeux de se risquer sur un procédé réputé en perte notoire de vitesse.
Un investissement dans des équipements modernes bien pensé et orienté vers l'export est viable. Il peut même espérer rapatrier en France des travaux qui prennent quotidiennement la route de l’étranger.
Déjà, l’année dernière, en pleine Drupa, le signal était clair : les imprimeurs hélio allemands passaient commande sur commande aux fournisseurs de rotatives. Leur outil de production devenait obsolète, trop cher à maintenir en position de compétitivité suffisante. Les industriels hélio français, bien que dans le même cas, estimaient s’en passer. De plus, l’un des grands acteurs du secteur, l’éditeur-imprimeur Hachette Filipacchi, cherchait à se défaire de ses sites d’imprimerie hélio. Dont Hélio-Corbeil, récemment cédé à Quebecor. Résultat : un leadership encore plus prononcé des héliograveurs allemands. En 2000, selon l'European Rotogravure Association (ERA), et dans le seul secteur de l’hélio pour l’édition, avec 834 groupes d’impression en service et quasiment 2,4 millions de tonnes de papier imprimées, ils étaient loin, très loin devant les Français - 313 groupes, 780 000 tonnes - en terme de puissance de feu industrielle. Et encore ne tient-on pas compte de toutes les nouvelles machines commandées à Düsseldorf et non encore entrées en service. Dans ce “désert” hélio français, l’inititiative de Jean Lenglet est plus qu’intéressante. Elle redonne confiance en un procédé qui est certes peu flexible avec le passage obligé à la gravure du cylindre mais qui possède d’imbattables atouts en termes de qualité et, surtout, de longueur de tirages. Malgré les formidables progrès dont elles ont récemment profité, les rotatives offset de dernière génération ont encore peine, en effet, à rivaliser avec les énormes possibilités capacitaires de l’hélio. Alors, l’hélio, joker de l’imprimerie française de demain?