Réunis au sein d’un Comité pour le conservatoire du livre, des écrivains, des graveurs, des relieurs, des typographes et des passionnés des arts graphiques viennent de remettre un rapport à Catherine Tasca, ministre de la Culture.
Ces lettrés et passionnés du savoir-faire typographique, historique et national, demandent la création d’un véritable conservatoire français des arts graphiques. De plus, selon eux, seule l’Imprimerie nationale est apte à accueillir et à abriter une telle initiative.
"La France n'a pas de conservatoire des arts graphiques” se sont-ils notamment confiés à un confrère. “Elle a pratiquement cessé de former de jeunes typographes, de jeunes relieurs, graveurs, doreurs,papetiers. C'est donc le livre français lui-même, dans sa matérialité, qui est en danger... Nous proposons la création immédiate d'un tel conservatoire où nos richesses dans le domaine du livre soient mises au service de l'avenir, de l'enseignement, de la création artisanale et artistique".
L’initiative est louable. Davantage, même : digne d’être soutenue. La prestigieuse école graphique française doit subsister pour pérenniser, au delà des techniques, une attitude, une démarche de qualité par rapport au message, à la forme de celui-ci comme à son contenu. Parce qu’il est indispendable de respecter des codes si l’on a la prétention de vouloir être compris et comprendre soit même.
Mais le chemin sera rude et je ne suis pas le premier à le souligner : l’Imprimerie nationale ne se trouve peut-être pas en excellente position pour abriter un tel conservatoire. Depuis 1993, elle se débat avec un statut semi privé insatisfaisant. De plus, elle s’apprête à quitter ses locaux historiques parisiens de la rue de la Convention pour la banlieue. Un dossier lourd. En bref, ses préoccupations sont d’un autre ordre.
Et puis, le combat de nos lettrés privilégie les arts du beau Livre et des beaux écrits. Or, l’Imprimerie, depuis longtemps, ce n’est plus uniquement cela.
Enfin, le silence de nos politiques, en pleine période préélectorale, n’incite à aucun espoir de mobilisation rapide des forces aptes à relever le défi. Dommage.