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Magazine du 16-06-2003  Graphorama.com

Les encres UV (vol.3) : pour quelles utilisations ?

Le but poursuivi par les experts qui ont mis au point ces encres révolutionnaires était double. Il s’agissait, sur le plan technique, d’obtenir une rapidité de séchage et une qualité d’imprimé irréprochable. C’est, semble-t-il, acquis.

L’autre " enjeu était de parvenir à formuler des encres sans solvant pétrolier " rapporte Dominique Gilet, du Cerig, dans son étude sur Les encres offset de labeur, " stables sur machine, inodores et séchant rapidement ".

Sans solvant, autrement dit sans émission de ces composés organiques volatiles, les COV. Nous verrons que c’est une qualité que les encres UV partagent avec les encres quickset, aussi peu polluantes. Mais il est indéniable que, avec 100 % d’extrait sec – sans aucun solvant ou produit liant liquide – les encres UV ne génèrent aucune évaporation dans l’atmosphère, aucune absorption par le support.

Ce faisant, vous en aurez sans doute automatiquement déduit que ces encres peuvent convenir au procédé " waterless ". Ce qui est vrai mais qui nécessite une reformulation.

Néanmoins, on reproche aux encres UV d’être nocives. Ce n’est pas tout à fait le terme à utiliser. En fait, si l’on utilise dans la fabrication de ces encres des monomères mal purifiés, elles peuvent irriter les voies respiratoires des conducteurs, voire provoquer des allergies. Nous verrons plus tard quelles précautions il est d’usage de prendre en utilisant les encres UV.

Le taux d’allergie est mesurable et a même une unité, ou plutôt un indice : l’indice Draize qui va de 0 à 8. Les encres UV n’atteindraient pas 1 dans cette échelle de valeur.

Sur ce terrain, les pouvoirs publics sont non-interventionnistes. Ils laissent les fabricants d’encres utiliser comme bon leur semble les monomères. Un guide de bonne pratique a cependant été édité.

Les encres UV sont, on le sait déjà sans doute, plus chères :environ 500 francs, ou 75 euros un kilo des quatre couleurs primaires. Elles nécessitent un équipement adapté et résistant aux actions des monomères et des photoamorceurs – des produits contenus dans l’encre UV et qui génèrent des réactions indésirables sous l’effet du rayonnement UV. En particulier, des rouleaux et les plaques d’impression courants n’y résistent pas.

La composition d’une encre UV est, d’ailleurs, la suivante : pigment (15-20 %), prépolymères, équivalent des résines dans les encres normales (20-35 %), monomères et oligomères, qui remplacent les solvants (10-25 %), photoamorceurs (5-10 %) et additifs, hydroquinone et autres (1-5 %).

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