En France, huit imprimeurs sur dix ne sont pas en conformité avec leurs obligations légales vis-à-vis de la protection de l’environnement. Ils polluent de manière délibérée. Pourtant, il est grand temps de changer de siècle.
Ah, l’environnement, quel grand mot ! A le prononcer, on croit faire surgir un problème insurmontable. C’est Paris et Bruxelles à la fois; les directives européennes, des contraintes et des investissements par millions ! On se trompe : l’environnement est une question qui se gère et se règle au niveau local. Les solutions techniques et d’organisation existent mais c’est avant tout une affaire d’attitude personnelle. Rien de plus.
En fait, si l’on désire faire preuve d’un tant soit peu de responsabilité civile, trois grandes questions sont à se poser, que l’on évolue dans son “environnement” (le terme est on ne peut mieux choisi) de travail ou non. Ces trois grandes questions, simples et logiques, sont les suivantes : quelle est la nature de mon activité ? Seconde question : quels effets sur l’environnement cette activité présente-t-elle ? Enfin, comment puis-je éviter ces effets ?
Ces trois interrogations ont la particularité d'être valables et pertinentes chez soi comme au travail; au moment où l’on s’apprête à pulvériser un produit chimique sur ses pommiers, jeter son résidu de peinture à l’égout ou lancer la production d’une brochure. Et il faut s’organiser pour faire face à ses responsabilités.
D’abord, il ne faut plus craindre de directives européennes draconiennes : elles le sont généralement moins que les lois françaises sur le sujet ! Ensuite, c’est non pas son député européen qu’il faut aller trouver mais son maire car c’est le réseau d’eaux usées et l’atmosphère locaux qui sont susceptibles d’être affectés par votre activité. Par exemple, doit-on se demander, la station d’épuration de ma ville peut-elle absorber mes rejets ?
Il faut, en un mot comme en cent, ne plus travailler comme on a vu nos grands-parents et nos parents faire; comme on ne jette plus ses papiers à terre dans la rue (du moins, je l’espère...). La Terre n’a pas la capacité d’absorption et de régénération qu’on lui octroyait si facilement il y a encore peu.
Le “challenge”, comme on dit, est également celui de la valeur que l’on donnera ou non à toute une profession. Il faut en effet, sur un plan plus large - et la Ficg y prend une part active -, participer à positionner les industries graphiques comme des industries matures et responsables car acceptant de prendre en compte les problèmes environnementaux. Tous les acteurs de cette branche y gagneront car cette attitude ajoutera à la crédibilité du secteur lors des nombreuses discussions réglementaires avec les pouvoirs publics; car ils auront acquis une compétence environnementale qui fera d’eux, non plus des noircisseurs de papier, mais des imprimeurs-conseils auprès de leurs clients; car, enfin, seule une industrie de son époque et préservatrice du futur pourra escompter attirer à elle les jeunes générations.
Vous imaginiez-vous que la protection de l’environnement pouvait mener si loin et valoriser ainsi tant votre métier ?
Article du 29-02-2012 Le groupe papetier Lecta publie son rapport environnemental Un rapport basé sur une plus grande transparence dans la communication de son comportement environnemental et un engagement public pour atteindre de nouveaux défis.