Les imprimeurs britanniques viennent "d'obtenir" une mesure fiscale qu'ils demandaient, dit-on, depuis longtemps : la possibilité d'amortir leurs nouveaux équipements sur un temps plus court.
A moins de cinq mois d'Ipex, cette nouvelle tombe bien, ne trouvez-vous pas ?
Dans l'imprimerie, on considérait depuis toujours qu'investir au delà de 5 millions de francs dans une presseoffset par exemple se traduisait par un amortissement de longue durée. Entre cinq et sept ans généralement.
L'arrivée - que dis-je -, l'irruption de l'informatique dans les arts graphiques a, en effet, semé le trouble et jeté le doute. Au rythme de l'évolution transcendentale des processeurs qui doublaient de puissance en moins de deux ans, un micro-ordinateur est rapidement devenu obsolète au bout de 18 mois. Alors, pour quelles raisons ne pas voir l'amortissement des matériels lourds à travers le même prisme ?
Ce serait suicidaire sans mesure d'accompagnement. Dire à quelqu'un que vous abandonnez au coeur du Sahara, à 1 500 kilomètres du premier point d'eau, qu'il lui est permis de boire dès maintenant à satiété tient même au ridicule le plus pur. Sinon à l'escrocquerie.
Permettre à un imprimeur d'amortir sa 5 couleurs en un an appartient à la même démarche si l'on "oublie" de mettre à sa disposition les outils pour accéder à cette possibilité.
Or, dites-moi si je me trompe : rien n'incite aujourd'hui à réduire les temps d'amortissements, ni le volume des affaires, ni les marges réalisées.
Imiter les Anglais nécessiterait de la part des entreprises une capacité financière qu'elles n'ont pas dans leur très grande majorité. Ce pourraît même être désastreux.
Finalement, à bien y penser, je vois une seule catégorie de professionnels des industries graphiques pour voir quelque intérêt à ce que le législateur français imite son confrère britannique. Mais elle rêve.