“Comment l’imprimerie française se porte-t-elle ?” me demandait récemment un imprimeur, me prenant sans doute pour un expert. “Peu importe !” m’entendis-je rétorquer, sans réfléchir. Et pourtant, avais-je eu tort ?
D’abord, il faut définitivement cesser de voir des experts partout. Et surtout pas dans les rangs des journalistes.
C’est nous faire trop d’honneur et ce n’est pas notre mission. De plus, nous en aurions rarement les capacités. Dans ce cas précis, tout ce que nous nous contentons de faire, c’est de rapporter la position des organismes représentatifs de la profession.
Ensuite, il faut se souvenir que la très grande majorité des professionnels de l’imprimerie travaillent pour des marchés locaux voire régionaux. Leur activité à l’export, lorsqu’elle existe, est le plus souvent réalisée sur des niches et des spécialités qui échappent aux généralités et qui constituent quasiment des cas particuliers qu’ils maîtrisent déjà sur le plan local.
Et quand bien même il serait intéressant de surveiller le moindre ralentissement de conjoncture afin de réduire, dit-on, la voilure en temps utile, les volumes ne baissent jamais au point que tout bon professionnel, bien placé au point de vue des prix ne tire son épingle du jeu. Quand une entreprise ne peut progresser et prendre des parts de marché sur la croissance, qu’est-ce qui peut donc l’empêcher de le faire sur les parts de marchés des concurrents ?
Croissance ou récession, il y aura toujours du travail pour les entreprises qui auront établi leur stratégie non sur des tableaux statistiques nationaux, voire européens ou mondiaux mais sur une parfaite connaissance de leurs donneurs d’ordres présents ou potentiels. C’est cela qui fait la différence et rien d’autre, non ?
Certes, mais ....
Prendre des parts de marché existantes se traduit bien la plus part du temps, par des baisses de prix conséquentes. Technologies ou savoir faire, la très grande majorité des imprimeurs en disposent.
D'autres secteurs industriels ont compris depuis longtemps que la complexité d'une activité comme la no^tre, tends à pousser les prix vers le haut et non vers le bas.
Pourquoi les imprimeurs ont pour argument essentiel, de faire moin cher que le voisin, sous pretexte de performences supérieures ?
Oui, tout à fait d'accord !
Par Patrick Cahuet le 08-01-2002
″
Ce qui fait la différence, en d'autres termes, c'est la stratégie de différenciation de l'entreprise!
Voyez les théories de mon auteur (économique) préféré, Michael Porter, et ses études sur l'avantage concurrentiel.
Avantage par les coûts ou par la différence, il faut savoir choisir, et on ne peut pas faire les deux !