Production papetière française (vol. 1) : 2001 en demi-teinte
L’année dernière ne demeurera pas dans les mémoires mais on a eu peur. Malgré le ralentissement économique certain, les industriels français du papier auront perdu moins de présence sur leurs marchés et de terrain en termes de chiffre d’affaires qu’ils auraient pu le craindre.
La production de papier et de carton est, plus qu’on ne le croit, une activité industrielle très au contact de la situation économique générale. Ce paramètre, capital, vient s’ajouter à des particularités papetières symboliques : les stocks Norscan - comprenez : les réserves en attente d’être vendues des grands producteurs mondiaux de Scandinavie et d’Amérique du Nord - et le prix de la pâte de référence NBSK.
Ces trois éléments ont fait que, en France, la production de papier-carton a reculé de 3,7 % en 2001 à 9,634 millions de tonnes, alors qu’elle connaissait une croissance indiscutable depuis deux ans (+ 4,8 % en 1999 et + 4,2 % en 2000). La baisse a été plus significative au second semestre (- 5,5 %) qu’au cours des six premiers mois de l’année (- 1,8 %).
Dans le même temps, la consommation apparente ( production française à laquelle on ôte les exportations et on ajoute les importations) a chuté, toutes sortes confondues de 4,1 % à 10,927 millions de tonnes, après deux années de hausse (+ 2,4 % en 1999 et + 4,2 % en 2000). Les papiers à usages graphiques sont particulièrement touchés (4,392 millions de tonnes, - 6,5 %).
Entre 1991 et 2001, la taux de croissance moyen demeure néanmoins positif à + 2,1 %.
Néanmoins, le recul du chiffre d’affaires de la profession n’a pas été si prononcé. En retrait de 1 % seulement à 6,8 milliards d’euros, il atteste que cette dernière a retrouvé un peu de rentabilité. A participé à ce mouvement un fait important : la sagesse des investissements ces deux dernières années. Contrairement à la précédente vague du milieu du début des années 80, l’augmentation en capacité a été sage. Elle n’est pas venu perturber un marché fragile où le moindre afflux significatif de capacités se traduit fatalement par une très forte augmentation de l’offre et, conséquence directe, une pression sur les prix.
Le taux d’occupation des capacités, toutes branches confondues - impression, emballage, sanitaires & domestiques -, a pu demeurer haut, à 92,7 %.
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