Et voici que l’on reparle du papier. Pour annoncer que son prix va subir une forte hausse cette année. “Nous sommes contraints d’augmenter nos tarifs dès le mois de mars” a annoncé hier William Lebec, directeur général d’Antalis France.
Le premier distributeur français de papiers d’impression et d’écriture situe donc très tôt dans l’année cette hausse qui devraît être de 5 % au moins et de 8 % au pire. Néanmoins, d’autres mouvements haussiers suivront probablement.
L’exemple n’est pas isolé. La plupart des treize distributeurs nationaux que compte l’Afdp - l’Association française des distributeurs de papiers - ont déjà prévu d’augmenter, dans des proportions identiques, le prix de leurs prestations. Car, faut-il le rappeler, il s’agit bien davantage de prestations que de produits.
Quelle explication à tout cela ? Le prix de cette pâte dite “de référence” dont on se plait tant, dans les milieux autorisés, à égrener les capitales, N.B.S.K.? Non, bien sûr ! Les fameux stocks Norscan, alors, que l’on pressent comme d’énormes réservoirs menaçants de matières premières, là-haut, au Nord scandinave ? Pas davantage. Les fautifs, ce sont les messageries, ces camionnettes qui, au prix des risques énormes qu’elles nous font courir sur nos routes, vous livrent ces deux malheureuses rames de papier et vos cinq petits paquets d’enveloppes que, par excès de précaution ou par habitude, vous demandez toujours en urgence.
Ces sociétés de transports, dont dépend, en fait, le sort entier des papetiers, elles ont dû subir, en 2000, une hausse très inquiétante de leurs charges et notamment du prix du gas oil. Ajoutez à cela des stratégies commerciales simplistes qui reposent essentiellement sur le dumping et c’est le secteur tout entier du transport qui, fin 2000 donc, venait crier famine aux portes de la distribution.
“Il nous a été impossible de négocier” se rappelle William Lebec. “Déjà, plusieurs sociétés de messageries avaient déposé le bilan et le cas des autres était désespéré. La solution, c’était donc de leur accorder de fortes hausses de tarifs - une véritable mise sous perfusion - ou c’était , pour nous, devoir cesser les livraisons !”.
Pour parachever le tout, le début de l’année dernière coïncidait aussi avec un retournement de conjoncture de l’économie générale. Bien avant le 11 septembre, donc. Dans le domaine spécifique des livraisons de papiers, le marché français en volume a ainsi chuté de 4 % pour les produits sur stock et de 17 % pour la fabrication. A noter, cependant que, malgré de plus grands risques d’impayés, les prix de vente du papier livré à votre porte ont su conserver une certaine stabilité, preuve que le secteur de la distribution a refusé d’abuser du jeu de la concurrence sur les prix. Ne serait-ce que pour ne pas se mettre lui-même en danger, d’ailleurs...
A la fin de l’année dernière, les messageries étaient parvenues à faire accepter par les distributeurs plus de 20 % de hausse en un an. Avec des “pics” à + 140 % ! Soit, pour vos papetiers, un surcoût de 20 millions d’euros (pour un résultat net annuel global de 40 millions, soit dit en passant !).
A cette même époque, les sociétés de messagerie ont de nouveau sonné à la porte des distributeurs de papiers. Cette fois, c’est 8 % de mieux qu’elles ont demandé. Ce sont ces 8 % supplémentaires que je vous annonçais plus haut et que vous retrouverez sans doute sur vos factures dès le mois prochain. Sans doute car vos distributeurs se garderont, sans doute aussi, de faire supporter à leurs clients la totalité du surcoût .
Mais, finalement, il faudra bien se rendre compte un jour que tout se paie. A force de refuser de légitimes augmentations, à force d’exercer des pressions, illégitimes celle-là, sur ses fournisseurs pour toujours payer moins cher son papier, la sanction arrive : après les leurres économiques et les expédients de gestion qui masquent un temps la misère, des pans entiers d’un secteur s’écroulent; des services dont on appréciait le confort et auxquels on s’était habitués, disparaissent; on se rend soudain compte que l’on a fait du sur -place et que la facture est toujours là.
Il va vraiment falloir apprendre à payer - et, vous, imprimeurs, à faire payer - les choses à leur juste valeur.
Article du 16-04-2012 2 papiers jet d'encre Ilford Imaging récompensés par la Tipa La Technical Image Press Association a décerné le prix du "Meilleur papier jet d'encre Fine Art" aux papiers Ilford Galerie Prestige Smooth Gloss 310g et Smooth Pearl 310g.