L’Internet gratuit vient d’entrer dans une phase finale. Les mentalités changent, évoluent. Bientôt, il nous faudra sérieusement envisager de payer le beurre à son juste prix si nous désirons que la crémière continue à nous servir un produit consommable.
Le constat est simple : fournir une information ou un service de qualité sur le Net exige, comme aux temps reculés de la “vieille économie” , des moyens humains et - ce qui revient au même - financiers.
Pour quelles raisons, devrions-nous ne pas payer cette information que nous voulons originale et indépendante, ce service que nous exigeons parfait et personnalisé sur le simple prétexte qu’elle ou il nous est dispensé(e) en ligne ?
Où la légitimité de ce théorème largement répandu selon lequel “sur Internet, tout doit être gratuit” se cache-t-elle ?
Plus réalistes et plus inventifs qu’on ne le croit, les pourvoyeurs d’informations et de services sur Internet ont longtemps trouvé des subterfuges - parfois admirables - et mis en place des systèmes de rémunération ingénieux afin de faire face à cette réalité du marché : l’impossibilité de facturer des services habituellement vendus et bien acceptés comme tels dans l’ancienne économie.
Ce temps est donc en passe de prendre fin. Pourquoi ? Parce que les survivants de la nouvelle économie sont, objectivement parlant, les meilleurs. Les sites Internet ont fait naufrage ces douze derniers mois, par centaines. Les rescapés sont ceux auxquels on trouve une utilité dans notre vie professionnelle ou dans notre vie privée. Si bien qu’il va devenir de plus en plus difficile, et à court terme impossible, lorsque vous constaterez qu’un site devient payant, de procéder à votre manoeuvre préférée : abandonner ce site “traître” et partir sur la Toile à la recherche d’un autre qui fournisse le même service mais gratuit. Ce temps béni est condamné.
Cela ne se fera pas d’un coup, bien sûr. Il est fort probable que la majorité des sites passeront en douceur de la gratuité à la facturation. Par exemple : une information de base, abondante et gratuite associée à des “plus” payants (infos personnalisées, ciblées, détaillées, commentées, etc.). Au fil du temps et de l’évolution des mentalités, les “plus” prendront le meilleur sur l’espace gratuit qui se réduira comme peau de chagrin avant de disparaître définitivement.
Ce mois-ci, précisément, la rédaction de notre confrère SmartMedia (57 boulevard Suchet, 75016 Paris) analyse cette mutation dans une longue et captivante étude de 12 pages, de plus fort bien documentée. On s’y reportera avec intérêt, je crois.
"l'esprit français qui brille avant tout par son côté révolutionnaire"...
Non sérieusement, il faut bien être français pour se croire à se point au centre de la Terre et du Monde pour proférer de telles anneries.
L'Internet n'a jamais été gratuit. De nombreuses personnes paient leurs forfait RTC voir l'ADSL à près de 300 frs par mois. Les entreprises paient aussi leurs LS, rien n'est gratuit. Le seul problème est que 100% de ces revenus reviennent au contenant (les tuyaux) et 0% au contenu (les sites). Dans les autres médias, on est plutôt sur du 70% pour le contenu et 30% pour le contenant.
L'Internet s'appauvrit tous les jours, les sites meurs un à un et le choix sera tellement réduit dans un an qu'on va se retrouver avec des situations monopolistiques (ça existe même sur le web). Et il faudra payer ce jour là car les serveurs web, Dell ne les offre pas au nom de la gratuité de l'Internet.
re: Ben voyons
Par Bilou le 27-02-2002
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Bravo à Purple Dream pour la pertinence de ce commentaire...rien à ajouter... ;-)
Encore Bravo!!!!!
Ben voyons !!!!
Par Purple Dream le 22-02-2002
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Dans une société qui défend le libéralisme à tout va, votre article n'est qu'une pierre de plus sur le mur du "fric à tout prix".
Internet était un des derniers bastions ou l'esprit de gratuité et d'entraide apparaissait encore. Certes de moins en moins et c'est dommageable.
Il est normal de faire rémunérer ses services. Chacun a besoin de gagner correctement sa vie. Mais il faudrait peut être arréter de prendre linternaute pour une vache-à-lait ! Revenons aux origines d'internet et à l'esprit qui y régnait alors.
Si l'on en croit vos écrits et ceux de vos confrères : tout payant, plus rien gratuit. L'internaute va donc payer ses communications, payer les différents services, payer les droits d'utilisation, et c. Applaudissons donc à deux mains aux logiciels hors de prix, aux services coutant les yeux de la tête pour une qualité souvent médiocre enveloppée dans du soi-disant papier de soie. Il ne faudra donc pas s'étonner du piratage à tout va à tous les niveaux. L'intelligence aurait été de chercher à développer une alternative à la surconsommation actuelle, à la bêtification du consommateur. Il est vrai que plus l'internaute sera idiot et fauché, et plus les lobbies pourront avoir une mainmise importante... Dire que je croyais naïvement que la presse avait encore un tantinet d'amour propre et d'indépendance d'esprit. Encore une preuve que tout s'achète... Ceci dit Monsieur, vous qui défendez le libéralisme, prenez exemple sur le modèle américain en la matière : la gratuité de l'accès à internet, la gratuité de la communication locale, etc... même eux ont su évoluer, et cela, je n'en vois pas la moindre allusion dans votre article. Manque d'information ? d'objectivité ? ou simple parti pris ? J'aurais aimé lire l'article d'un vrai défenseur de l'esprit français qui brille avant tout par son côté révolutionnaire au vrai sens du terme. Ce n'est pas en colportant de telles idées que notre société évoluera dans le bon sens et s'en sortira la tête haute.
Article du 07-02-2011 Livre : Le guide de l’influence - Communication, Média, Internet, Opinion A l'heure de l'information live et de la multiplicité des supports, les anciens schémas de communication sont devenus obsolètes. Il revient aux décideurs d'aujourd'hui de réinventer leur stratégie de communication globale avec des outils innovants. C'est pour répondre à cet enjeu que Vincent Ducrey a écrit Le guide de l'influence.