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Editorial du 27-02-2002  
  

Je me plaignais récemment d’avoir reçu un e.courrier de ministre parce j’avais osé commenter la démarche technologique d’Apple. Avec l’Internet payant, mon sujet de la semaine dernière, c’est pire - ou mieux - me voici promu président !

Je me plaignais récemment d’avoir reçu un e.courrier de ministre parce j’avais osé commenter la démarche technologique d’Apple. Avec l’Internet payant, mon sujet de la semaine dernière, c’est pire - ou mieux - me voici promu président !

Non pas que les messages aient été plus nombreux. Au contraire : je pense qu’une grande majorité de lecteurs auront compris la nécessité de poser le problème auquel je m’étais intéressé. Il ont approuvé en silence.

Se sont donc exprimé les opposants à l’éventualité de devoir payer, un jour, un quelconque service sur Internet. Exprimé, c’est parfois beaucoup dire. Qu’on en juge.

Première affirmation : les sites Internet ont déjà un moyen de rémunération, c’est la publicité par le biais des bannières, par exemple. De plus, m'a-t-on encore écrit, les sites infos sur Internet sont des extensions de journaux papier. L'information qu'ils dispensent doit être un "plus" gratuit et rien d'autre.

Puis, deuxième affirmation, pour ne pas dire diktat : les sites Internet, c'est comme ça, doivent demeurer un espace gratuit, convivial, généreux, libre, cool... Les autres, les méchants capitalistes, ceux qui veulent faire payer : dehors ! A l’origine, Internet était gratuit. Et puis, les radios sont gratuites. On ne paie rien pour les écouter. C'est bien la preuve qu'il est possible de vivre de l'air du temps, non  ?

Enfin, on m’a apparenté à un trafiquant sournois - ni plus, ni moins - qui commence par fournir le produit gratuitement, crée patiemment le besoin, capture son auditoire avant d'imposer ensuite son tarif à ses pauvres victimes !

Mais attention, m'a-t-on averti, il existe des fumeurs ou des alcooliques qui parviennent très bien à se passer de leurs vices. Craignez donc la désertion dans les rangs si vous nous préparez quelque chose dans ce sens !

Que répondre à ces affirmations étonnantes et à ces questions parfois légitimes ? Simplement : que mon éditorial de la semaine dernière tient toujours. Et mon conseil de lire l’excellente étude de Smart Média citée dans cet éditorial aussi car elle répond précisément à toutes ces questions et comblerait bien des lacunes !

Je préciserai seulement ici, brièvement, afin de commencer à les combler ces lacunes, que bon nombre de sites d’informations sur Internet ne sont pas issus de magazines déjà existants sur papier. C'est particulièrement flagrant en arts graphiques. Et quand bien même : les équipes rédactionnelles "papier " et "net" peuvent être - doivent être même - indépendantes l’une de l’autre. Alors, comment et avec quelles ressources les éditeurs doivent-ils supporter ce doublement des coûts ? La conséquence logique et devinable est que l'info sur Internet ressemblera de moins en moins un "plus" gratuit.

Quant aux radios, gratuites à l'écoute paraît-il, soit elles sont privées et puisent leurs revenus dans la publicité (indirectement financée par le consommateur), soit elles sont publiques et nous les finançons, TOUS, directement par nos impôts. Comme domaine gratuit, donc, on a fait mieux !

Sur Internet, la publicité est une vaste galéjade, tout Internaute qui se respecte le sait. Les fameuses bannières et autres boutons sont d’un rapport ridicule - quelques dizaines d’euros au 1000 vu.

Internet ne pourra plus demeurer massivement gratuit lorsqu'il s'agit de produits et de services. Internet n'est déjà plus ce qu'il était à l'origine. Il a singulièrement évolué : de réseau dédié aux forces militaires américaines puis étendu au monde scientifique, il est devenu un vaste forum, il s’est enrichi de nouvelles approches et de nouveaux acteurs. Il est devenu universel. Pour quelles raisons le commerce ne s’établirait-il pas, lui-aussi, sur Internet. En fait, je me demande pourquoi on en vient à se poser la question car il s'y trouve déjà, non ? Et à la demande expresse des Internautes, consommateurs parmi les consommateurs, eux-mêmes !

Enfin, je dissiperai tout malentendu : Graphiline n’a rien en préparation ni prêt de l’être sur ce sujet délicat.

Il est également vain de penser qu’il suffit “d’aller voir ailleurs” si le site devenait payant.

Car si Graphiline vous plaît, vous apporte des éléments intéressants voire essentiels à la conduite de votre activité, pour quelle raison vous en passer ? Pour ne pas avoir à payer une participation qui, de toute manière, demeurerait modique ?

Et, finalement, prétendre profiter gratuitement de connaissances qui demandent du travail et possèdent donc une vraie valeur est-ce un comportement responsable et pérenne ? Demande-t-on à son boulanger de donner son pain ? Le jardinier ne sait-il pas que s'il prend à la terre, il doit aussi lui donner ? Sinon, n’aboutit-on pas, inévitablement , un jour, au tarissement de la source ? Est-ce bien le but que nous recherchons ?
Charley Sifaoui © www.Graphiline.com
Communication, PAO Prepresse, Multimedia, Imprimerie, Emballage, Site internet

Vos réactions à l'article

Bravo pour votre édito

Par Yvan HOSTETTLER le 04-03-2002
Bonjour,

et bravo pour votre édito en réponse aux nombreux courriers apparemment
négatifs...

Je vous suis totalement, étant à l'origine impliqué dans un modeste portail suisse-romand des arts graphiques créé il y a déjà 4 ans, avec 25 liens payant sur environ 700 imprimeries, toutes ou presque utilisant l'e-mail pour communiquer ...moins cher qu'avec la poste!

Les reproches faits quant au paiement d'une inscription de 100 euros/an empêche d'une part le développement et l'enrichissement du site (les
banières publicitaires tardant à se décider de'y paraître), et surtout la baisse du prix de cette inscription grâce au nombre!

Multiplier le tarif par les 25 liens payants donne le chiffre d’affaires...

Que peux t'on faire de plus, avec une rubrique offre d'emploi gratuite, elle! C'est presque du bénévolat.

Continuez, faites-payer, je m'inscrirai!
 

Non

Par jerome le 03-03-2002
non ...
il a raison
et ce ne sont ni les pseudo references de l'un ni l'envie qu'on les autres d'etres assisté qui changera le cours des choses (qu'on ne connait d'ailleur pas )
mais au vu de la télévision d'aujourd'hui on peut dire qu'il est vrai "qu'on a la télé qu'on mérite" les internautes auron l'internet qu'ils méritent et si c'est de la merde c'est que ca leur plait de se complaindre dedans .
soyons réalistes c'est ni en faisant payer les services ou l'acces ou la pub qu'on aura mieux !!!!
c'est en faisant chacun un contenu corecte que le web le devriendra (corecte dans le sens interessant et original)
 

Et si c'était vrai ?

Par Renaud le 02-03-2002
Il n'existe qu'un seul pays au monde à disposer d'un système interconnecté de terminaux pour l'échange d'informations payantes: c'est la France et cela s'appelle le Minitel. Il est même arrivé en France avant l'Internet, c'est dire sont avance.
Pourquoi le Minitel, terminal pourri, tout en majuscule et monochrome a si bien marché ? Pourquoi l'internet payant, 100 fois plus rapide que le Minitel, interactif, puissant et convivial ne fonctionnerait pas ?
Aucune raison en fait. Il faut juste du temps. J'ai souvent entendu des gens (technophobes) m'affirmer n'avoir aucune utilité à se connecter à l'Internet mais je n'ai jamais entendu un internaute me dire qu'il allait revendre son ordinateur pour arrêter de surfer.
Quand on a l'Internet chez soi et au boulot, on voit mal comment se passer d'un outil aussi puissant, combien même devriendrait-il payant...
 

Différencier

Par jtombeur le 28-02-2002
Entre l'Internet payant & l'Internet "gratuit" (il est payant, puisqu'il faut acheter un ordinateur, &c.), il y a une différence de nature...
Aux origines, Arpanet & autres.
Que des entreprises fassent payer ce qui leur génère des frais, normal.
Que nous n'ayons plus les moyens, pour la communauté universitaire, scientifique, &c., de partager la connaissance, anormal.
Je reprends l'exemple du livre sur l'orthotypographie, de Jean Méron, que publie l'association Convention typographique.
L'auteur n'est pas rétribué, nous cherchons uniquement à couvrir nos frais... Pour l'édition imprimée. Puis, pour l'édition au format livre électronique, augmentée, nous ferons en sorte que n'importe quel doctorant puisse télécharger cet ouvrage. Sans avoir à acquitter plus qu'une somme, très modique. Et nous finirons par diffuser gratuitement les versions antérieures...
Tout le monde y gagne... L'industrie, qui peut embaucher des sachants, formés en ayant recours aux deniers publics (les nôtres, ceux des contribuables), et les particuliers ayant envie de se former sans avoir à débourser des sommes incompatibles avec leur situation (chômage, faible revenus salariaux, autres...).
C'est dans cette perspective qu'il faut penser l'accès à l'information, à la connaissance.
 

rien n'est gratuit

Par eldab le 28-02-2002
Qu'on se le dise une fois pour toute! l'internet n'est pas gratuit! Son contenu oui mais pas l'accès.
S'il devait y avoir un contenu payant je pense que c'est vers les fournisseurs qu'il faudrait se tourner...
 

Le web s'appauvrit

Par David le 28-02-2002
Le web s'appauvrit

C’est un triste constatation.

Il ne se passe pas une journée sans qu’un éditeur décide d’arrêter sa publication ou son service web.

Même les site payant déposent leur bilan (cf digital globe, etc) et les éditeurs traditionnels ferment leur web. Regardez le cas de 01net édité par le groupe Test qui à reduit de 80 % ces effectifs.

Alors quoi, il y a de plus en plus de surfeur, entre 15 et 20 millions ...

et de moins en moins de services et de contenu de qualité.

Je suis assez d’accord avec eldab, c’est à france telecom et autre free, qui vivent sur les communications téléphoniques, de participer au financement des sites. C’est grâce à ces sites qu’ils vendent des abonnements et ils ont intérêt à conserver des contenus de qualité.

Il faudrait créer une Sacem de l’internet par exemple...

Mais la, je ne crois plus au père Noël
 
 
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