Les professionnels des arts graphiques se trouvent dans la position du garnement que nous avons tous été un jour et qui, malencontreusement, vient à dégringoler de la cime de l’arbre où il s’était perché. Ils tombent aussi.
Pendant “un certain temps”, notre garnement a encore la possibilité de se rattraper aux branches. Encore faut-il qu’il ne tarde pas trop à avoir la détente qui sauve car, près du sol, le tronc est lisse, dépourvu de branchages. Quoi qu’il décide de faire alors, l’accident sera inévitable ! Aujourd’hui, au delà des entreprises mêmes, c’est le secteur tout entier qui se trouve dans ce cas de figure : ceux qui n’auront pas eu le bon réflexe à temps sont perdus !
Dans ce contexte, voici un peu moins de six mois, la Ficg - la Fédération de l’imprimerie et de la communication graphique - lançait une action collective intéressant le bassin francilien et destinée à fortement “imprimer” - c’est le cas de le dire - une réorientation aussi souhaitée que salutaire au futur proche de la profession.
Le message aux pouvoirs publics, notamment, parmi lesquels figurent en bonne position la Drire et le Conseil régional, était très clair. Il s’agissait - et il s’agit toujours - que ces derniers mettent un terme à des procédures qualifiables d’irréfléchies d’aides publiques aux investissements. Lorsqu’elles sont accordées sans véritable discernement - ce qui est le lot commun - ces aides déstabilisent durablement le marché des arts graphiques.
Pour ces raisons, le plan d’action sectorielle, que la Ficg a donc initié, ne craint pas d’aborder, outre l’éternel terrain technologique, des thèmes relativement “nouveaux” dans le contexte professionnel qui est le nôtre, tels que le foncier ou l’immobilier, par exemple, ou encore le financier et le fiscal. En soi, une petite révolution !
Sur le plan de la réalisation pratique, un panel de 50 établissements a été dressé de façon à réaliser 35 diagnostics stratégiques différents qui permettent, une fois rassemblés, de dresser un état des lieux des volontés et capacités managériales et d’évaluer ainsi le potentiel de développement du secteur en Ile-de-France.
Déjà, 12 entreprises ont reçu la visite d’enquêteurs et 6 diagnostics ont été dressés. A la fin de l’enquête, un rapport sera dressé, entreprise par entreprise, et on commencera à jeter sérieusement les bases du plan d’action.
Ainsi, pour une fois, peut-être la première depuis bien longtemps, se dessine peu à peu une carte sans concessions des travers et des maux qui accablent la profession. Une profession qui ressemble à ce chuteur du haut de l’arbre dont je parlais plus haut. Et qui ne sait plus à quel saint se vouer car le sol se rapproche vraiment à présent.
Pour la première fois aussi, pouvoirs publics et professionnels seront unis derrière un projet concret, dépourvu - autant que faire se peut - de toute pollution politicienne. Mais, pour faire quoi ?
Un tel travail est, quelque part, un véritable appel, une véritable invitation au regroupement des entreprises. Mais, au delà de la nécessité de fédérer des synergies qui existent et de susciter la création de plateformes et de partenariats industriels salutaires sans lesquels rien ne sera possible il faut s’en persuader, ce plan offrira aux pouvoirs publics les outils qui permettront d’oeuvrer dans cette direction. Et, parmi ces outils, un fonds de capital développement.
L’expérience, vitale pour un avenir qui est très proche, a d’abord intéressé, c’est logique, l’Ile-de-France. D’une part, le poids de cette région est déterminant en France; d’autre part, elle a perdu 14 000 emplois au cours de la dernière décennie et les paris qui se présentent à ses entreprises sont au moins de dimension nationale, souvent internationale.
Pour autant, cette expérience ne se cantonnera pas, à terme, au seul bassin francilien. Elle s’étendra, c’est certain, un jour, à d’autres régions françaises et, en priorité, à celles pour lesquelles le danger de désertification - que dénoncent depuis longtemps déjà Gilles Gautier et Pascal Bovéro à la Ficg - est véritablement criant. Nous nous en ferons ici prochainement l’écho.
Il serait bon que votre article soit suivi de quelques précisions - du résulat des rapports bien entendu - mais aussi nous apporter des infos un peu plus concrètes. Je trouve que votre article survole un peu les choses. NOus aurions besoin d\'infos plus \"fouillées\". Merci pour la suite....
De qui et de quoi?
Par Fred le 02-04-2002
″
Professionnel décideur, je suis intéressé de savoir que je ne suis pas le seul à être inquiet (le mot est faible) de la dégradation de notre profession; mais qui la SFIG?, et quels sont ses projets concrets?
Je reste sur ma faim.
Article du 05-12-2006 Le billet d'humeur de Jacques Chirat : l'imprimé, média de marque Jacques Chirat est président de la FICG, la Fédération (française) de l'Imprimerie et de la Communication Graphique. Cette intervention est parue dans les colonnes de notre confrère Acteurs Graphiques.