Je parlais des acomptes la semaine dernière, ces acomptes que, par pudeur, bien des imprimeurs se refusent à demander mais que eux, paient à leur plombier ou à leur électricien quand ils leur commandent des travaux.
Depuis, j’ai eu droit à plusieurs anecdotes vécues dans ce domaine. Et, vous l’allez voir, jusqu’aux candidats aux élections législatives qui estiment devoir se passer, par position naturelle sans doute, de cet usage pourtant logique !
Un de mes correspondants - vous êtes de plus en plus nombreux à me contacter pour échanger plutôt que pour réagir de manière épidermique, pour ne pas dire violente, et c’est bien ! -, un de mes correspondants, donc, imprimeur “en région”, reçoit la visite d'un “petit” candidat, ou plutôt, de l’homme de confiance (ou commis des basses oeuvres, comme on voudra) de ce dernier.
Il s’agit d’imprimer les traditionnels documents de “propagande” électorale pour les élections législatives de ce mois de juin.
“Tout en calculant le devis” raconte mon correspondant, “j'annonce la règle du jeu, soit 25% à la commande par chèque, encaissable avec le solde à la livraison. Bien sûr, de ce fait, je consens un escompte si le paiement est comptant.
J'explique aussi que chez moi l'Etat, payeur à 150 jours par subrogation,a, par ces longueurs, tué le principe du paiement en lieu et place des candidats”.
Le lendemain, notre imprimeur reçoit un appel de son client : ”Je suis désolé” l’entend-il dire, “mais j’ai des droits comme tout candidat aux législatives et, de toute façon, un de vos confrères accepte, lui, de ne pas me demander d’acompte”. Comprenez ; un imprimeur qui ne se trouve pas dans cette circonscription.
Un imprimeur, mais est-ce bien surprenant, “qui évolue en permanence à la limite du dépôt de bilan, n’a d’autre stratégie
commerciale que celle du prix très bas alors que, pour ma part” explique mon correspondant, “je développe une politique différente de service appliqué aux besoins de ma clientèle, un service si possible novateur”.
C’est ce que l’on appelle le respect de son métier. Cela ne paie pas toujours ? Il faut le croire, parfois, oui. Mais, dans notre cas, iI y a une justice, tout de même : sans doute grâce à cette attitude plutôt responsable, mon correspondant n’est pas, lui, en dépôt de bilan.