Des arts aux industries graphiques : qualité, délais et prix
Elie Khoury (en médaillon) débute ici une série d’articles sur la meilleure façon de passer, dans un environnement bouleversé et plutôt hostile, des arts aux industries graphiques.
Les métiers de la publication ont évolué rapidement depuis l'émergence de la PAO.
Infographistes, photographes, concepteurs, maquettistes, photograveurs et imprimeurs ont vu leurs outils, leurs techniques et leur organisation du travail changer en fonction de la demande et des besoins de clients de plus en plus exigeants sur la qualité et sur le prix.
De larges opérations de redistribution de rôles ont eu lieu et continuent jusqu'à nos jours à changer la composition des chaînes de création et de productions d'œuvres et de documents graphiques.
L'émergence des documents électroniques, des transmissions numériques en direct ou via des serveurs web sur Internet ont ajouté une troisième exigence de la part du client, la rapidité de réaction et de réalisation.
Qualité, prix et rapidité d'exécution sont de plus en plus les trois critères principaux de sélection d'un prestatataire et par conséquent les trois facteurs clé de succès de tout intervenant dans une chaîne graphique.
La qualité
La qualité comprend deux aspects. Le premier, interne, est perçu par le personnel de l'entreprise. Le second, externe, l’est par les partenaires et par les clients.
Cela posé, la notion et la culture de la qualité dans l'entreprise sont une condition préalable à l'existence et à l'expression d'une qualité perceptible par le client.
Des pratiques de travail pragmatiques et documentées, des outils et des opérations à résultat prévisible et reproductible contribuent à créer un sentiment de maîtrise de l'outil, du métier et de la production au sein de l'entreprise.
L'assurance de la qualité transparaît ainsi par l'intermédiaire des hommes et des produits au client. Elle le rassure et le fidélise.
Le prix
Des fichiers à corriger, des épreuves à refaire, des couleurs à ajuster, des films ou des plaques à reprendre, des tonnes d'imprimés à la benne, des discussions tendues sur les prix, etc., quel intervenant ne vit pas au quotidien un ou plusieurs de ces désagréments coûteux ?
Si la qualité a un prix, le coût de la "non-qualité", lui, lui est largement supérieur. L'expérience montre, sans exception, qu'un process standardisé est source d'importantes économies. De plus, le coût de la mise en place d'une démarche qualité est amorti en un an en moyenne, quelle que soit l'activité de l'entreprise, et encore plus rapidement chez les imprimeurs grâce, par exemple, aux économies d'encre qu'ils peuvent réaliser.
Rapidité d’exécution
Le cromalin ou le matchprint accompagnant les films livrés à l'imprimeur sont devenus des souvenirs du "bon vieux temps" pour la plupart d’entre nous. Des documents complets virtuels transitent maintenant par des supports ou des liaisons numériques à haut débit, de plus en plus souvent sans épreuve.
Dans ces conditions, comment s'assurer de la qualité du document réceptionné ou délivré à un partenaire ou au client sachant que toute erreur non détectée à temps dans la chaîne et notamment chez l'imprimeur peut se traduire par un désastre technique, commercial et financier ?
Autant la vitesse dans la production de bons produits est un atout indéniable pour une entreprise, autant la précipitation dans la réalisation d'un travail non contrôlé peut engendrer des pertes de temps et d'argent importantes.
Elie Khoury
Elie Khouryest directeur général d’Alwan Color Expertise, société d'ingénierie, de conseil et de formation dans les domaines liés à la couleur et membre actif d'organismes internationaux de recherche et de standardisation (ICC, CIE). Son Monitor Expert Calibrator reste trois ans après son lancement, une référence en terme de calibrage écran.