Editorial - "Tout ce qui se passe d’intéressant dans les arts graphiques, se passe au niveau du prépresse" affirme-t-on depuis longtemps déjà. Ce n’est plus vrai.
L'émergence d'une nouvelle génération de presses et une nouvelle approche des équipements de finition sont devenues des réalités fortes.
Depuis l’apparition du Macintosh et la généralisation de l’informatique en création et en exécution, les versions de logiciels ont succédé, sans interruption, aux versions de logiciels. Les processeurs doublaient de puissance tous les 18 mois. On n’avait d’yeux que pour ce qui se passait en prépresse. Chimène n’avait d’yeux que pour Rodrigue.
Mais, le temps passant, les systèmes d’exploitation finissent par devenir cousins, les différences s’estompent et les produits, attaquant les mêmes cibles, finissent par se ressembler étrangement. Les logiciels deviennent matures et les avancées trop subtiles pour constituer de vrais événements. Et c’est tant mieux.
Tandis que, éblouis voire abusés, nous passions trop de temps à nous pencher sur la « géniale » version 2.1 par rapport à la version 2.0 (qui l’était, géniale, deux mois plus tôt !) de ce logiciel de mise en page « novateur », les fabricants de presses offset et de matériels de finition travaillaient car il leur appartiendrait, un jour ou l’autre, d’apporter une grande partie de la réponse aux nouvelles caractéristiques du marché. Le « just in time » doit être respecté au niveau des presses, des plieuses et des lignes de reliure, comme il l’est, à-priori déjà, en amont.
Il fallait néanmoins que le prépresse achève, ou presque, sa révolution, et mette à la disposition des presses des flux numériques cohérents et fiables.
C’est en bonne voie, sinon fait. Le fluxnumérique, à présent, va jusqu’au tableau de commande de la presse voire jusqu’au cylindre. C’est également une réalité, nous en avons déjà parlé ici même, au niveau du façonnage. Les données de production commandent désormais des assembleuses-piqueuses CIP 4, permettant à un personnel plus polyvalent de produire avec une qualité très professionnelle garantie.
Tandis que le prépresse, une fois sa première révolution numérique en place, trouve de nouvelles voies de diversification grâce aux compétences acquises dans la communication électronique, l’impression et le façonnage commencent véritablement à bénéficier d’outils parfaitement en ligne avec les qualités de productivité et de rentabilité exigées par les nouvelles lois économiques.
Certes, certes, les choses ont évoluées, les presses
d'aujourd'hui n'ont plus grand-chose à voir avec celles
d'autrefois, cependant la médaille a son revers.
Je bosse dans une boite équipée de matos ultra-moderne
qui forme des jeunes de 20 ans sans qualification
en conducteurs de 8 couleurs en 3 semaines!
Le plus inquiétant, c'est que ça marche. Tout est automatisé
la qualification du personnel n'est plus une nécéssité.
Tout ce petit monde est payé à peine + que le Smic,
bien évidemment.( L'argument est imparable: 'il n'y a qu'a
presser les boutons...', ce qui est exact.)
Aucune différence entre les conducteurs qualifiés et
expérimentés et les autres.
Quand à accéder un jour à l'encadrement, inutile d'y songer
presque tous les cadres sortent d'écoles d'ingénieurs
en informatique, pros des réseaux, mais parfois un peu léger
en typo. Ces 'progrès' amènent en fait une 'banalisation' des
métiers de la chaîne graphique, où de + en +, les 'opérateurs'
remplacent les conducteurs.
Je te concède volontiers que tout ceci est inévitable,
mais je me prends parfois à regretter la vieille KORD de mes
débuts et ses mouilleurs en tissu...