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Magazine du 23-06-2003  
  

Trucs et astuces en PAO pour éviter le maculage

Trucs et astuces en PAO pour éviter le maculage

Vous vous posez des questions sur le traitement des images ? N'hésitez plus : posez les à Dominique Legrand, notre consultant prépresse, auteur et éditeur d'un guide de référence "La couleur imprimée mode d’emploi".

Rappel technico-historique : à la suite de l’acquisition d'une image en mode RVB, le fichier de l’image doit être converti en quadrichromie (CMJN) pour être imprimé, dans tous les cas, à l’exception des procédés photographiques. Lors de cette opération, les densités d’encre CMJ sont calculées respectivement selon les valeurs en niveaux de gris de chacune des couches RVB. Le Noir est calculé par déduction selon les densités des trois autres couleurs.

La hantise de l’imprimeur est d’imprimer ! Les quatre couches d’encres CMJN déposées simultanément sur le papier, à grande cadense et «humide sur humide», posent des problèmes, entres autres, de séchage, particulièrement dans les ombres de l’image, là où les densités sont les plus fortes. D’où l’accident : des traces de «maculage», tâches d’encre dûes au collage des feuilles entres elles.

Face à cette plaie quotidienne, une question se pose : est-ce bien nécessaire de superposer quatre couches d’encre dont trois en couleurs pour reproduire des tons proches du noir dans les ombres ?

Et si on utilisait l’encre noire uniquement avec une légère sous-couche de couleurs CMJ, «sous-couleurs» dont le rôle seraient d’apprêter le papier afin d’assurer une bonne densité des ombres avec la surimpression du Noir.

C’est le principe adopté dans la méthode de calcul du Noir dit UCR (Under-Colors Removal), retrait des sous-couleurs : la quantité d’encre CMJ est plafonnée dans les hautes densités et le noir prend le relai pour assurer le détail dans les ombres. Le seuil d’action du Noir est fixé par le taux limite d’encrage. Exemples : 300% dans Photoshop par défaut, 100% pour le noir et maximum 200% pour le total des trois encres CMJ.



L’UCR est donc un allègement des densités d’encre dans les ombres du sujet qui facilite le travail de l’imprimeur et réduit la dépense d’encres couleurs sans perte de qualité. Moins d’encre, séchage plus rapide, moins de maculage.

Le GCR est encore plus malin. GCR (Grey Component Replacement) est traduisible mot à mot par «remplacement de la composante grise». La «composante grise», dans une couleur, est apportée par la présence de la «couleur complémentaire». Exemple : un rouge saturé est composé d’encres Jaune et Magenta uniquement. Ce même rouge, vue à l’ombre est plus sombre et désaturé par l’encre Cyan (la complémentaire du rouge).

Règle basique de la couleur (pour un peintre comme pour un chromiste) : lorsque l’on mélange une couleur pure avec sa complémentaire, la couleur perd de sa pureté, elle se désature. Plus on rajoute de complémentaire, plus la couleur se «grise». En CMJ, lorsque une couleur est faite de deux encres primaires, la troisième prend le rôle de la complémentaire. Dans notre rouge, c’est donc le Cyan qui apporte une part de gris, responsable de la désaturation du rouge.

Le principe du GCR est de remplacer cette part de gris neutre faite de Cyan - Magenta – Jaune (Grey Component) par de l’encre noire dans une proportion bien calculée de façon que notre rouge reste visuellement identique : un gris CMJ est en fait remplacé par un gris équivalent en encre noir. Les densités d’encre Noir peuvent être modulées par différents modes de calcul afin de doser le remplacement de la composante grise CMJ.

Comparé à la méthode UCR, le GCR est plus efficace dans le sens où il n’agit pas seulement dans les ombres mais dans toutes les couleurs plus ou moins désaturée. Les couleurs saturées ne sont pas affectées.

Le GCR, que d’avantages pour l’imprimeur !

  • économie en dépense d’encres couleurs CMJ
  • séchage plus rapide (moins d’encre au total) : moins de risque de maculage et cadense de roulage augmentée
  • meilleures saturations : il est plus facile d’accentuer les densités d’encre sans risque de maculage afin d’assurer des couleurs vives.
  • stabilisation des tons neutres : l’apparition de dominantes dues à l’instabilité de l’encrage en cours de tirage est minimisé du fait des faibles densités de couleurs présentes dans les couleurs désaturées

    Légende de l’illustration
    Dans la fenêtre «table de séparation» de Photoshop jusqu’à la version 5, UCR et GCR sont paramétrables. Ces méthodes de calcul sont désormais incluses dans les profils ICC, qui ont le même rôle que les tables de séparation. Dans les versions 6 et 7, cette fenêtre existe toujours à un second niveau des préférences «couleurs», dans «CMJN personnalisé».

    Cette fenêtre propose un réglage par défaut de GCR.

  • La densité du noir est réglable : plus le noir est dense, moins il y a de couleurs CMJ en sous-couche. Représenté ici par des courbes CMJN dans une échelle de gris neutres.
  • Le noir est autorisé à monter à 100 % dans les derniers tons.
  • L’encrage de 300 % indique la limite du taux total des quatre encres. Dans ce cas, le seuil n’est pas encore atteint du fait de la forte densité du noir.
  • L’ajout de sous-couleurs (CMJ) contrairement au «retrait des sous-couleurs», permet de rajouter de l’épaisseur à la sous-couche d’encre CMJ dans les ombres afin d’accentuer la densité du noir et d’assurer ainsi un meilleur contraste dans la quadri.
  • Dominique Legrand © www.Graphiline.com
    Communication, PAO Prepresse, Multimedia, Matériels et fournitures de Mesure et Contrôle, Logiciels Progiciels Multimedia, Materiel Informatique Imprimante, Multimedia, Cabinets de recrutement, Vie des Sociétés

    Vos réactions à l'article

    et pour les presses numeriques?

    Par scual le 13-11-2011
    Bonjour,

    l' UCR et le GCR permettant de palier des problèmes liés à l'encrage, ont-ils un interet pour les presses numeriques?
     

    Noir squelette

    Par benoit le 24-07-2003
    Bonjour,

    Si l'on veut que ce soit le noir et non le cyan qui dessine les ombres. Quelle méthode applique-t-on?
     

    UCR forever :)

    Par Guybrush le 30-06-2003
    En fait, j'utilise ma propre table de séparation, élaborée à partir des tables de Linocolor (Heidelberg). Et je peux vous dire que le moteur de séparation de Linocolor et bien supérieur à celui de Photoshop (en utilisant la même table)

    Peut-être falait-il le préciser?

    Le GCR est peut-être bien dans certains cas, mais mal maitrisé, ça donne vraiment de mauvais résultats.
    Déjà, il faudrait commencer par informer les utilisateurs de Photoshop, qu'il ne faut surtout pas laisser les préférences colorimétrique par défaut (SWOP, GCR...)

     

    UCR forever :)

    Par Guybrush le 30-06-2003
    En fait, j'utilise ma propre table de séparation, élaborée à partir des tables de Linocolor (Heidelberg). Et je peux vous dire que le moteur de séparation de Linocolor et bien supérieur à celui de Photoshop (en utilisant la même table)

    Peut-être falait-il le préciser?

    Le GCR est peut-être bien dans certains cas, mais mal maitrisé, ça donne vraiment de mauvais résultats.
    Déjà, il faudrait commencer par informer les utilisateurs de Photoshop, qu'il ne faut surtout pas laisser les préférences colorimétrique par défaut (SWOP, GCR...)

     

    D.Legrand ou la \"Hantise d\'imprimer\"!!

    Par frédéric le 27-06-2003
    Bonjour, je partage entièrement les commentaires de Guybrush, et je rajouterai qu’il est préférable pour un conducteur de \"retenir\" sa charge d\'encre que de la forcer sur une quadrie un peu plate. Ensuite un noir trop fort pause des problèmes quand cette encre est passée en 1er (à cause du talc) ce qui est souvent le cas en France. Bref, le GCR laissez le aux super spécialistes qui ont la hantise d’imprimer !!
     

    Et l'apport d'une trame stochastique ?

    Par SR le 24-06-2003
    Les différents tramages stochastiques de dernière génération ont-il un véritable impact sur le maculage et peuvent-ils se substituer aux UCR et GCR ?
     

    actuellement en essai

    Par gédé le 24-06-2003
    Bonjour !
    Je suis formateur en pré-presse et je suis actuellement en cours d\'essais dans 2 entreprises sur le retrait des sous couleurs en appliquant les méthodes GCR et UCR. Ceux-ci sont très encourageants pour information si l\'on pousse l\'UCR au dessus de 200, on retrouve des sélections dites achromatiques que l\'on trouvait sur les scanners rotatifs :
    seul le noir compose le dessin et l\'ensemble des 3 couleurs donne un effet de solarisation. Des essais ont été effectués à la satifaxction de tout le monde.
    Par contre, je continue mes recherches sur l\'équilibre des 3 encres (CMJ) et du noir car je pense que cette méthode d\'imprimer nous réserve de bonnes solutions sur la pureté des quadri, le trapping et bien d\'autres choses.
    A bientôt, je vous tiendrai au courant des différents essais réalisé.
    PAOment vôtre !
     

    Formateur

    Par Dominique Legrand le 23-06-2003
    Le GCR présente bien d\'autres avantages à part la limitation du maculage (voir la fin de l\'article).
    Il faut par contre qu\'il soit bien maîtrisé quant aux paramétrages, particulièrement de la densité du noir par rapport à des conditions d\'impression et de supports papier. Les résultats \"dégueulasses\" sont obtenus à la suite de mauvais réglages par méconnaissance du procédé.
     

    GCR : Est-ce bien raisonnable?

    Par Guybrush le 22-06-2003
    Très interessant l'article sur le maculage de Dominique Legrand.

    Cependant étant photograveur-flasheur et ayant testé les deux méthodes, je trouve que la qualité chromatique est bien meilleur en UCR.

    Selon moi, le noir ne doit être utilisé que pour relever les ombres, c'est à dire que dans une quadri, la couche du noir ne doit pas être très abondante.
    A l'inverse, en GCR, le noir est bien trop présent, la qualité des chromies se dégrade, bref, c'est "dégueulasse".

    Donc je ne conseille à personne d'utiliser le GCR à l'emporte-pièce. De plus, le GCR est principalement utilisé pour imprimer les quotidiens, afin d'éviter justement le surplus d'encrage sur les papiers "buvards" utilisés.

    Les papiers utilisés traditionnellement pour les magazines et pour tous les autres types d'imprimés publicitaires de qualité supportent très bien les séparation en UCR.
     
     
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