La gestion d'entreprises cotées en bourse n'est pas de tout repos.
La situation du groupe américain Kodak le démontre pleinement aujourd'hui.
A l'origine de la tempète que traverse aujourd'hui l'entreprise, la décision de son président, Daniel Carp, de ne quasiment pas verser de dividendes aux actionnaires (un dividende en chute de 72%), afin de pouvoir financer un ambitieux plan de renaissance, destiné à relancer durablement l'entreprise.
Ce plan prévoit ainsi d'investir près de 3 milliards de dollars sur 3 ans en acquisitions ou développements dans la photonumérique, les imprimantes et les arts graphiques. Des discussions sont d'ailleurs actuellement en cours avec Heidelberg concernant la participation commune des deux structures dans l'impression numérique.
Mécontents de voir leurs dividendes fondre comme neige au soleil, près d'un quart des actionnaires de la société se sont réunis le 22 Octobre dernier pour s'opposer au plan de Daniel Carp.
Et ce sous la tutelle d'un fonds d'investissement, Providence Capital !
Ils estiment que la situation de l'entreprise est incertaine (le profit a chuté de 75% cette année) et le plan de développement proposé flou et risqué.
Ils souhaiteraient la mise en place d'une restructuration drastique incluant, pourquoi pas, la cession de l'activité film photo.
En parallèle à cette fronde, le titre est l'objet d'une forte spéculation boursière conduite par le raider américain Carl Icahn.
Un spéculateur qui a obtenu le feu vert des autorités boursières pour prendre 7% du capital de Kodak, ce qui ferait de lui le premier actionnaire de l'entreprise.
Une situation qui met en avant, une fois de plus, la difficulté de financer à court terme des projets à long terme.