Conférence économique 2004 de la FICG : le discours du président Chirat
GraphiLine rediffuse in extenso le discours prononcé hier à Paris par le président Chirat, lors de la conférence économique annuelle de la FICG et qui annonce notamment l'action de l'ensemble de la filière contre le projet de loi sur les imprimés non adressés.
J’ai l’honneur et le plaisir d’ouvrir pour la seconde fois la conférence de presse économique annuelle de la Fédération qui vous restitue les principaux constats économiques et industriels que nous tirons de l’enquête annuelle de branche réalisée pour le compte du secteur.
Chacun s’accorde à reconnaître aujourd’hui que dans une branche où les modes opératoires ont été profondément modifiés par les cycles technologiques qui imposent de décloisonner l’organisation de nos entreprises, les modèles industriels et humains du passé sont aujourd’hui des entraves à la performance du secteur.
Chacun s’accorde en outre à reconnaître que le secteur graphique, frappé par le retour des incertitudes, a su franchir de nouveaux caps en terme de performances au travers de sa réactivité, de son organisation, de son expertise qui fondent une partie de son identité professionnelle.
Toute entreprise du secteur, quels que soient sa taille et son positionnement stratégique, quels que soient ses procédés techniques ou sa culture d’entreprise, est aujourd’hui confrontée à un ensemble de défis que son dirigeant ne peut relever seul sans risquer de fragiliser l’essence même de son activité.
Le rôle d’une organisation professionnelle comme la nôtre est de fédérer cette mosaïque de cultures, de comportements et de modèles économiques pour défendre la pérennité des intérêts collectifs dont nous sommes porteurs.
Le panorama économique et industriel qui va vous être présenté témoigne des mutations industrielles en cours et des stratégies d’accompagnement que nous mettons en place pour créer les conditions économiques aptes à développer notre concept de filière et lever les entraves à la compétitivité.
Force est toutefois de constater que cette tâche a été au cours de l’année 2004 plus que jamais difficile. A la dérive des marchés, à la dilution de valeur provoquée par les prix prédateurs de notre secteur, à la fuite des marchés vers des pays à la structure de coûts plus attractive, est venue s’ajouter une conjonction de menaces qui ont fait des trois derniers mois un « été meurtrier » pour la filière graphique.
Au nombre de ces menaces figurent, vous l’aurez compris, les conséquences de l’article 20 de la loi de finances rectificative pour 2003 qui instaure, à compter du 1er janvier 2005, une Eco-taxe qui au-delà des imprimés non sollicités frappe au cœur, l’écrit et les messages dont il est porteur. Ce dispositif dont nous avons tenté de mesurer l’impact sur le marché du marketing direct, a été doublé cet été de l’opération Stop-Pub sous la forme d’étiquettes autocollantes avec les conséquences que ces mesures phares ne manquent pas d’avoir sur le développement de produits d’information au profit d’autres supports.
Face à ces attaques qui conduisent nombre de donneurs d’ordre et d’annonceurs avec lesquels nous travaillons à repenser leur communication, l’heure est venue de travailler avec l’ensemble des acteurs de la filière graphique pour assurer le sursaut collectif du secteur. Lourde serait la responsabilité de la branche si elle laissait s’instaurer ce climat de défiance à l’égard du média imprimé qui prouve encore une fois qu’entre le discours sur le devenir de l’industrie et la réalité de sa traduction sur le terrain, il y a un gouffre que seule l’approche de filière peut permettre de combler. L’espérance de vie des entreprises du secteur en dépend.
Un véritable plan média visant à organiser la riposte de l’ensemble des opérateurs de la filière graphique sera lancé dans les prochains jours. Il associera, outre les organisations professionnelles de l’imprimerie, les papetiers, les fournisseurs de matériels, les routeurs, la Poste, la presse gratuite, la PQR, la presse d’information, les annonceurs, les entreprises de récupération des déchets papier.
Le bilan que nous vous présenterons dans quelques instants intègre, comme vous l’imaginez, cette composante. De même, la présente édition de la conférence de presse s’inscrit résolument dans le contexte européen dont on sait qu’il est porteur d’opportunités, mais aussi de distorsions qui frappent directement notre industrie en général et la filière graphique en particulier.
L’ensemble des actions que nous avons menées au cours de cette année 2004 participe de cette volonté de construire une démarche collective qui nous permette de repenser l’investissement productif et la valeur qu’il génère ne doit pas être source de déséquilibre et de recompositions brutales.
Optimiser, rassembler, défendre, interfacer l’ensemble des segments de la chaîne graphique fait partie de notre projet fédéral et constitue le socle de notre politique industrielle pour éviter que notre tissu graphique, fortement représenté dans les territoires ne se déchire, ne se casse et, pour finir, ne disparaisse dans ceux des bassins dans lesquels les PME du secteur sont solidement implantées et contribuent par leur dynamisme à la respiration et la pérennité de l’entier du tissu économique local.
Mesdames, Messieurs, je vous remercie de votre attention.
Article du 05-12-2006 Le billet d'humeur de Jacques Chirat : l'imprimé, média de marque Jacques Chirat est président de la FICG, la Fédération (française) de l'Imprimerie et de la Communication Graphique. Cette intervention est parue dans les colonnes de notre confrère Acteurs Graphiques.