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Les grands projets de bibliothèques virtuelles ouvrent (enfin !) le débat de la réimpression des livres

Si nous devons à Google d’avoir lancé le grand défi des bibliothèques virtuelles, la France possède une des rares technologies avec les scanners automates d’i2S, leader mondial de la numérisation de documents reliés, à pouvoir répondre à ces enjeux.

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Les grands projets de bibliothèques virtuelles ouvrent (enfin !) le débat de la réimpression des livresQuand on observe les nombreuses annonces depuis plus d’un an sur les grands projets de numérisation, qu’ils soient américain (Google, Microsoft, Amazon, …) ou franco européens (BNF, Bibliothèque Numérique Européenne, Quaero, …) il est intéressant de constater que l’adage « nul n’est prophète en son pays » reste d’actualité ! Quelques faits : Google annonce en décembre 2004 un grand projet de numérisation de 15 millions de livres sur le New York Time, en photo le scanner automate en fonction dans la bibliothèque de Stanford (USA) de la société i2S (le 4DL né du consortium franco suisse i2S – ASSY)… On cherche quelle expérience similaire pourrait servir de guide, on trouve le plus grand centre de numérisation de documents d’archives …en France, à La Walcq, où 4 scanners automates d’i2S numérisent en 3X8, 85 000, pages par jour, soit 25 millions de pages par an (l’équivalent de 200 000 livres !…)… On s’interroge sur les technologies les plus performantes du marché en rapidité et en qualité d’image et on retrouve encore la société i2S, avec un nouveau scanner révolutionnaire capable de numériser 3000 pages à l’heure en 300 dpi et sans lumière artificielle additionnelle, dernière née du consortium i2S – ASSY. Pour autant beaucoup semblent plus préoccupés par le formidable enjeux culturel (et il existe bien sûr !) que par la réalisation industrielle en elle même ni sur les possibilités de réimpression des livres numérisés qui sont autant de réalités et de besoins concrets que ce soit pour les éditeurs, les bibliothèques et les utilisateurs potentiels que nous sommes tous. Interrogé, Alain RICROS, Président d’i2S, nous a accordé un interview exclusif sur les grands enjeux de numérisation et de réimpression que sous tendent ces projets. Graphiline : Un mot sur les avantages technologiques concurrentiels de vos derniers scanners ? Alain Ricros : d’archives et qui nous a toujours guidé : Qualité d’image, Productivité, Fiabilité, Sécurité La qualité d’image pour permettre une indexation et un « OCRisation » des textes (minimum 300dpi), gage des possibilités d’exploitation des documents numérisés. La Productivité, c’est un élément clé de toute réflexion économique sur les projets. Suivant les formats, le type d’ouvrage, les objectifs recherchés par le client final, on oriente nos réponses sur des scanners automates comme ceux de la Walcq (France), de Southampton (UK) ou de Stanford ( de 1500 à 3000 pages par heure avec notre dernier modèle) mais aussi sur des scanners DigiBook qui permettent des productivités de 1000 à 2000 pages par heure avec une manipulation manuelle. La Fiabilité, qu’ils soient automates ou manuels, nous sommes reconnus comme possédant les technologies les plus fiables du marché. Nous avons plus de 300 sites de numérisation installés dans le monde, et ce depuis plus de 10 ans et ce critère est une garantie que nos clients, Bibliothèques, archives et prestataires apprécient particulièrement. La Sécurité, ne pas détériorer un document en le numérisant, c’est pour tous les archivistes un incontournable ! Notre dernière technologie, le CopyBook, apporte une réponse unique car la numérisation peut être réalisée en lumière ambiante. C’est un plus indéniable pour les documents très fragiles mais aussi pour le confort des utilisateurs. Graphiline : On parle beaucoup de « futurs » grands projets, pouvez vous nous citer des opérations concrètes récentes ? Alain Ricros : Nous avons vendu plus de cent exemplaires de notre dernier modèle, le CopiBook, alors que nous ne l’avons lancé qu’en milieu d’année 2005 (CEBIT, AIIM). Dernièrement nous avons remporté l’AO des Archives Royales de Belgique qui porte sur une vingtaine d’unités pour le projet de numérisation de l’ensemble des archives de Belgique. Graphilline : Parlons de la réimpression de livres, quel est votre avis sur cette question un peu occultée par les débats d’aujourd’hui ? A Ricros : Vous avez raison, c’est aussi un point important qui mérite tout à fait qu’on s’y attarde. Tout d’abord la réimpression répond à plusieurs besoins et objectifs simultanés:
  • C’est un complément de la sauvegarde des livres anciens. Une fois numérisé, les livres peuvent être réédités, ce qui peut répondre aux problématiques de réédition de fonds pour les éditeurs et de rediffusion de certains livres aujourd’hui inaccessibles pour les bibliothèques.
  • Beaucoup d’imprimeurs ont développé un véritable savoir faire en matière d’impression ou de réédition de livres à la demande et cela leur apporterait un potentiel significatif d’ouvrages à imprimer. Je vous rappelle que pour les projets comme pour la BNF ou la BNUE on parle de plusieurs millions de livres à numériser. Il serait impensable de ne pas chercher à les rediffuser sous forme papier.
  • C’est à mon sens un complément sérieux du modèle économique capable de rentabiliser les investissements nécessaires à la numérisation. Or, aujourd’hui force est de constater que cette dimension de «Business Modèle» est un point central. Comment justifier économiquement un retour sur investissement potentiel, l’impression à la demande peut apporter un vrai complément de réponse aux « business cases » purement numériques imaginés.
  • Enfin, c’est également un complément de réponse pour la légitime question des droits d’auteurs. Réimprimer, rediffuser un livre, réalimente la chaîne naturelle du livre, de l’auteur à l’éditeur en passant par le libraire (qu’il soit traditionnel ou virtuel).
Graphiline : Une dernière question, concernant la réponse européenne, en particulier la BNF ou le projet Quaero, ou en êtes vous ? A Ricros : Nous participons à la réflexion avec les responsables de ces projets. En particulier nous voulons intégrer plus d’intelligence dans nos scanners, cad pourquoi pas intégrer des logiciels d’indexation ou d’OCR en simultanée pendant la numérisation afin que le document numérique soit délivré dans une forme électronique directement exploitable. Et puis les éléments de productivité, de qualité et de sécurité sont au cœur des réflexions. Cela tombe bien, c’est ce qui nous a toujours guidé et qui a fait d’i2S un leader mondial en la matière. Les décisions concrètes seront prises au cours de l’année mais beaucoup de points restent à traiter. Et Google ? Depuis 2004 nous sommes en relation avec Google qui est celui qui a lancé le pavé dans la marre et c’est trés positif, mais il semble qu’il ait, plus ou moins volontairement, occulté certains éléments essentiels, les droits d’auteurs dont on parle beaucoup et les problèmes de qualité, de faisabilité et de sécurité des livres dont on parle moins. Il serait bien possible que les européens et plus particulièrement la BNF ou Quaero apportent une réponse plus complète avant que Google ne finisse par résoudre ses problèmes. Mais au delà de cette concurrence entre deux visions (Américaine et Européenne), ces grands projets sont des révolutions culturelles et économiques majeures pour les dix prochaines années et l’important est d’aider à leur réalisation
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