Cette usine serait située en amont de leur ville, de l'autre côté de la frontière, au bord du fleuve Uruguay.
Après des mois de manifestations et de pétitions, les associations argentines de défense de l'environnement ont bloqué dimanche, le pont autoroutier enjambant le fleuve frontière et permettant d'accéder à la ville uruguayenne de Fray Bentos.
Par cette nouvelle action, ces associations ont pour objectif d'alerter la population, notamment européenne, quant aux risques environnementaux liés à un projet monté de toutes pièces par deux groupes papetiers européens, le finlandais Metsa-Botnia et l'espagnol Ence et mis en oeuvre au travers de la société Compañia Forestal Oriental S.A. (FOSA).
Selon les mouvements associatifs, le projet papetier qui a pour objectif de fabriquer de la pâte à papier à partir de bois d'eucalyptus, générerait des effluves cancérigènes, polluerait l'eau et serait à l'origine de pluies acides
Face à ces manifestations, les autorités argentines ont exprimé leur inquiétude et demandé une suspension du projet pendant près de 3 mois, le temps de disposer de nouvelles études d'impact.
Las, devant le refus du groupe finlandais Metsa-Botnia tout au plus prêt à accorder un sursis de 10 jours (!), le président argentin Nestor Kirchner s'est engagé à porter l'affaire en justice.
Piquée au vif, l'Uruguay a menacé elle de saisir l'Organisation des Etats d'Amérique (OEA).
Dubitative, la Banque Mondiale a décidé de suspendre le prêt de 400 millions de dollars qu'elle devait accorder pour financer ce projet, dans l'attente de nouvelles études d'impact.
Fondé en 1973, le groupe papetier Botnia est spécialisé dans la fabrication de pâte à papier.
Il est détenu par les groupes M-real, Metsäliitto Osuuskunta et UPM-Kymmene.
Le projet d'usine de Fray Bentos, un bourg fluvial de 20,000 habitant, est le plus important investissement industriel jamais réalisé en Uruguay : près de 1 milliard de dollars pour une production annuelle d'un million de tonnes de pâte à papier, en quasi totalité réexportée.