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Poinçons de l'Imprimerie Nationale : le projet de l'Ecole Estienne

GraphiLine rediffuse in extenso le mémoire réalisé par l'Ecole Estienne concernant le devenir de ce patrimoine exceptionnel.

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Poinçons de l'Imprimerie Nationale : le projet de l'Ecole Estienne
Mémoire sur le patrimoine de l’Imprimerie nationale et l’École Estienne


Pérenniser le patrimoine de l’Imprimerie nationale, d’une richesse unique au monde, est un devoir que nul ne songe à mettre en cause, mais les conditions de sa sauvegarde et de sa conservation ne sont pas encore arrêtées.

Le présent mémoire, après avoir fixé les missions qui devraient être données à ce patrimoine, s’attache à montrer toutes les convergences existant entre ce dernier et l’École Estienne, École supérieure des arts et industries graphiques ; il développe la contribution que l’École pourrait apporter à l’ouverture du patrimoine sur la recherche,  la création contemporaine,  la formation, la diffusion culturelle, et, corollaire, il rend compte de la force et de la notoriété que ce patrimoine pourrait donner aux formations d’Estienne.


I  Missions données à un « Centre de recherche-création et atelier de l’Imprimerie nationale »   

Transformée en Société anonyme à capitaux d’état en 1994, perdant ses marchés captifs, soumise aux lois de la concurrence, l’Imprimerie nationale a dû opérer une restructuration radicale et n’aura plus les moyens de supporter financièrement son département patrimonial. Celui-ci ne représentait qu’un très faible pourcentage de son activité, mais c’est sur les quatre entités le composant que, depuis trois siècles et demi, repose la notoriété mondiale de cette institution :
  • le Cabinet des poinçons, collection unique au monde, rassemblant 500 000 pièces gravées qui constituent la source écrite des civilisations et sont classées « monument historique ».
  • l’Atelier du livre et de l’estampe qui, pour des produits ciblés ou des beaux livres, perpétue des modes traditionnels d’impression, -typographie au plomb, lithographie, phototypie, gravure- .
  • une bibliothèque historique riche de 30 000 volumes dont trois sont eux-mêmes classés « monuments historiques »
  • une collection de 100 machines dont les plus anciennes remontent au 18ème siècle.
A l’exceptionnelle richesse du patrimoine matériel sont associés, pour le Cabinet des poinçons et l’Atelier du livre et de l’estampe, des savoir-faire couvrant l’ensemble de la chaîne graphique traditionnelle, du dessin du poinçon à la reliure d’art, et dont certains  détenteurs – graveur de poinçons,  phototypiste-, mériteraient le titre de « trésor vivant. »

A ce patrimoine était dévolue pour l’essentiel une double mission : d’une part la conservation de collections et de savoir-faire, d’autre part une production mettant en œuvre les techniques pérennisées et savoir-faire spécifiques et répondant à des commandes institutionnelles, présidence ou ministères,  ou à des commandes externes. A cette double mission, étaient aussi liées,  de façon relativement ponctuelle et limitée, des activités de diffusion : participation à des expositions, visites de l’Atelier du livre ou du Cabinet des poinçons…


La restructuration opérée par la  Société anonyme Imprimerie nationale et la réalité de son activité actuelle montrent que l’avenir du patrimoine de l’Imprimerie nationale devrait se concevoir hors de cette structure. Cela peut et cela doit être une opportunité extraordinaire pour redéfinir et préciser les missions de ce patrimoine, pour valoriser le matériau de recherche incomparable qu’il représente dans les domaines de la typographie et plus largement du livre, de l’écrit, pour le tourner résolument vers l’avenir en exploitant sa force créative, pour étendre son rayonnement national et international non seulement auprès d’experts, mais aussi auprès du grand public.

Trois missions peuvent donc être retenues, entre lesquelles s’articuleraient les activités de la future institution :
 
 
 
1    conserver

C’est la mission obligatoirement originelle de préservation d’un patrimoine indissociable constitué par le Cabinet des poinçons, l’Atelier du livre et la bibliothèque, la quatrième partie, -collection de machines -, relevant plus d’un musée classique et ne paraissant pas incontournable pour répondre aux finalités de la nouvelle institution. Il s’agit là de sauvegarder les collections, de réaliser leur inventaire scientifique, de poursuivre leur enrichissement en y intégrant par exemple d’autres techniques de photogravure analogique comme l’héliogravure.
C’est aussi à travers des activités de sauvegarde ou de production, la pérennisation de savoir-faire rares maintenus au Cabinet des poinçons ou à l’Atelier du livre.
Et cette préservation du patrimoine, outre la finalité de mémoire, trouve pleinement son sens en se donnant pour objectif de fournir, à la recherche, à la création et à la diffusion, des matériaux remarquables sur lesquels s’appuyer.

2.    rechercher / créer

C’est là le premier axe d’ouverture et de valorisation du patrimoine, la recherche à laquelle est intimement liée la création, l’une et l’autre présentant une dimension internationale avec, tout particulièrement, l’existence de chercheurs ou artistes en résidence que devrait proposer cette nouvelle institution.

La recherche peut reposer sur une typothèque unique au monde, sur des techniques ancestrales ayant assuré la diffusion de la culture, sur une bibliothèque constituée d’une collection historique et d’un fonds spécialisé dans le domaine des arts graphiques et qui devrait être complétée par un fonds d’ouvrages techniques contemporains. Elle peut y trouver matière à de multiples travaux sur  l’écrit et le livre, l’histoire de la typographie, l’étude des liens entre signes et pensées,  ou celle des techniques, de l’usage des arts graphiques, du papier…Mais elle doit aussi s’intéresser aux nouveaux horizons que l’informatique, l’internet ouvrent au monde de la typographie et de l’écrit. Elle doit se pencher sur les innovations que l’informatique peut apporter à certaines techniques traditionnelles.

Cette recherche doit être étroitement associée à une mission de création : typographie et arts graphiques sont omniprésents dans le monde moderne de la communication visuelle, de l’écran, nouveau support de cette communication. La connaissance approfondie de ces domaines et  techniques  doit déboucher sur une activité créatrice pouvant aussi bien se placer dans la lignée d’un héritage culturel qu’être en phase avec les réalités actuelles et porteuses d’avenir : création avec des artistes associés de livres d’arts contemporains mettant en œuvre les savoir-faire des métiers d’arts du livre; création de nouvelles polices numérisées ou de nouveaux encodages typographiques pour le web capables de rendre compte de spécificités culturelles…
Recherche et création s’appuient donc bien sur le patrimoine de l’Imprimerie nationale, mais sont aussi moyens de conservation et de pérennisation de ce patrimoine.


3.    diffuser

C’est le second axe d’ouverture et de valorisation du patrimoine qui le fait sortir du cercle des experts pour le faire connaître au grand public, cet axe se concrétisant à travers la formation, la diffusion culturelle, la production de produits dérivés.
La formation représente un champ très vaste de diffusion : participation à la formation d’étudiants; stages de formation pour des professionnels, de découverte pour des scolaires, d’initiation pour des amateurs.
La diffusion culturelle peut se réaliser à travers des expositions permanentes ou temporaires, des visites et démonstrations, des colloques, rencontres professionnelles.
Enfin la proposition de produits dérivés des collections de l’Imprimerie représente un vecteur particulièrement intéressant de diffusion du patrimoine et de ses savoir-faire avec utilisation de caractères et fers du Cabinet des poinçons, de la typo au plomb pour toutes sortes de réalisations, cartes, signets, affiches, documents personnalisés…
La diffusion  elle aussi s’appuie donc bien sur le patrimoine de l’Imprimerie nationale et, elle aussi, est un moyen de sa conservation et de sa pérennisation.


II Contribution de l’École Estienne aux missions du « Centre de recherche-création et atelier de l’Imprimerie nationale »



Créée en 1889, l’École Estienne, École supérieure des arts et industries graphiques, a un statut d’EPLE municipal, Établissement public local d’enseignement dépendant de la direction de l’enseignement secondaire du Ministère de l’Éducation nationale, avec, comme collectivité de rattachement, à titre dérogatoire à la loi de décentralisation, la Ville de Paris.

Dans ses formations de niveau bac +2 (Brevets de Techniciens Supérieurs, Diplômes des Métiers d’Arts) et bac +4 (Diplômes Supérieurs des Arts Appliqués), l’École Estienne couvre la totalité des domaines de la chaîne graphique depuis la conception, création jusqu’à la réalisation du produit imprimé. Le design graphique constitue une base commune aux formations à l’illustration, la typographie, la communication visuelle ; les métiers d’arts du livre sont représentés par la gravure en relief et gravure taille douce, la reliure, la dorure ; le multimédia ou le cinéma d’animation introduisent dans les formations les nouveaux supports et vecteurs de communication.   

Tradition et modernité caractérisent l’École, avec le maintien de modes d’impression traditionnels, avec les liens entre pratiques traditionnelles et création, avec une appropriation de toutes les technologies liées au numérique tant au niveau des créatifs des arts appliqués que des productifs des industries graphiques.

L’ouverture de l’École constitue aussi une de ses caractéristiques avec des liens très étroits avec les professionnels de ses divers domaines de formations, avec l’organisation de nombreux évènements dans ses locaux, ( expositions, colloques, soirées professionnelles, « semaine culturelle », concours de dessins de presse…), avec une participation à des manifestations extérieures ,(stands aux salons du livre de Paris ou Montreuil,  visite de la Druppa, concours d’affiches de Chaumont, concours d’illustration du salon du livre de Bologne…), avec l’ouverture à des chercheurs de sa  bibliothèque constituée d’une collection historique et d’un fonds spécialisé dans les arts graphiques.

Enfin, l’École présente une dimension internationale, avec pour des étudiants de bac +3 un stage de trois mois à l’étranger dans le cadre des projets européens Socrates, avec l’accueil d’une quinzaine d’étudiants étrangers dans une section internationale, avec la participation à deux réseaux internationaux d’écoles et d’universités de design, Cumulus et Eduart.


Cette présentation très synthétique des caractéristiques de l’École Estienne montre combien elle est en convergence avec le futur « Centre de recherche-création et atelier de l’Imprimerie nationale ». Une façon d’illustrer plus précisément cette convergence consiste à montrer comment dans les trois entités constituant le patrimoine, l’École pourrait apporter sa contribution aux missions dévolues à ce dernier et trouver pour elle-même, dans cette collaboration, un enrichissement extraordinaire.


1 Avec le Cabinet des poinçons

  • diffuser- former

    L’utilisation de la typographie est commune à l’ensemble des formations de l’École relevant du design graphique : la connaissance de l’héritage typographique dans lequel se trouvent leurs racines doit entrer dans la culture à donner aux étudiants, visites du Cabinet des poinçons et  conférences de présentation de ce dernier doivent être inclues officiellement dans les cursus.

    Pour certains étudiants, le lien doit être beaucoup plus étroit encore, étudiants du DMA  gravure, étudiants du DMA typographisme ou du DSAA arts et techniques de communication, option création typographique. Pour les premiers, dont l’atelier de gravure en relief trouve son origine dans celui de gravure de poinçons, il s’agira d’intégrer dans leur formation, aux côtés de l’impression à chaud ou du gaufrage, cette compétence particulière de gravure de poinçons. Pour les seconds, étudiants du DMA typographisme ou du DSAA création typographique, le « caractère » est la matière première de tous leurs travaux et la connaissance des collections du Cabinet au même titre que l’apprentissage du dessin de lettres ou de la calligraphie, déjà inclus dans leur cursus, doivent être totalement intégrés dans leur formation.  Pour les uns comme pour les autres, ce lien devra se traduire par des cours ou exercices réalisés au Cabinet lui-même, par la participation des personnels de ce dernier à leur formation, comme ce fut déjà le cas avec l’ancien responsable du Cabinet, comme c’est encore le cas pour l’un des personnels de ce dernier, enseignant également à Estienne.

  • chercher / créer
L’atelier de gravure en relief de l’École Estienne utilise depuis longtemps la gravure numérique qui peut être appliquée à la gravure de poinçons. En liaison avec l’atelier de l’Ecole et en s’appuyant sur son expérience, pourra être mené un travail de recherche dans cette direction pour dynamiser et actualiser la gravure de poinçons.
 
La spécialisation « création typographique » du DSAA Arts et techniques de communication a été créée pour répondre, à un haut degré de compétence et de qualité tant esthétique que fonctionnelle, aux nouveaux besoins générés par le numérique en ce qui concerne la création de fontes. La réhabilitation des fontes historiques et leur numérisation sont déjà pratiquées dans le cadre de cette formation. Ses étudiants pourront poursuivre, grâce aux numérisations, la réactualisation du fonds patrimonial qui y trouvera une nouvelle jeunesse et de nouvelles possibilités de création. A travers les travaux de ses étudiants, Estienne participera ainsi à l’actualisation de cette richesse historique passée au crible de la création contemporaine et cela tant pour les fontes latines que pour les caractères orientaux.

Et de véritables champs de création aujourd’hui inexploités s’ouvrent avec la collaboration, parfois déjà amorcée, d’Estienne avec d’autres secteurs de recherche, archéologie orientale (IFPO, IFAO, INALCO…) ou occidentale (IRHT, Ecole des Chartes…), centres de recherche en informatique comme l’INRIA, un département spécialisé de Paris 6…La dimension nouvelle acquise grâce à l’association du Cabinet des poinçons et du DSAA création typographique donnerait à ces deux entités un rayonnement international absolument unique et totalement inscrit dans l’avenir.

  • Conserver
Par l’apprentissage des savoir–faire par ses étudiants, par l’existence d’un véritable vivier de vocations créé par le travail de ces derniers au sein même du Cabinet, Estienne pourra apporter une contribution essentielle à la pérennisation de savoir-faire rares,  gravure de poinçons, fonte de caractères. Par les stages, exercices, travaux effectués en liaison avec le Cabinet, ses étudiants pourront également participer à la sauvegarde et à l’enrichissement du fonds.



2 Avec l’Atelier du livre d’art et de l’estampe

  • Diffuser-former
Le LEG de l’École Estienne, Laboratoire d’expérimentations graphiques, lieu de ressources et de culture pour l’ensemble des filières de l’École, entre directement dans la formation des étudiants des Diplômes des Métiers d’Art. Il a pour objectif, à travers la création de livres et d’estampes, l’initiation aux méthodes, processus et techniques attachés aux différents procédés traditionnels d’impression et qui, tous, sont également mis en œuvre dans l’Atelier du livre : pour le texte, composition typographique manuelle, impression typographique : pour l’image, création des matrices et impression xylographique, lithographique, sérigraphique. Le parallélisme entre l’Atelier du livre de l’Imprimerie nationale et le LEG de l’École Estienne est évident.
Les DMA des métiers du livre, - reliure /dorure, gravure taille-douce-, sont eux aussi en symbiose avec l’Atelier du livre : création des matrices et impression taille-douce, création de reliures uniques, maquettes et prototypes, ou création, ordonnancement et suivi de reliures de séries.
Les champs des collaborations, des associations, sont multiples : possibilité pour les étudiants de travailler en parallèle au LEG et à l’Atelier du Livre, voire même de regrouper ces deux entités, deux demi-journées par semaine étant alors, dans les périodes scolaires, réservées aux formations ; partage des compétences et savoir-faire entre enseignants de l’Ecole et  professionnels de l’Atelier, avec intervention de ces derniers dans la formation des étudiants, ce qui est en plein accord avec le fonctionnement d’Estienne qui recourt déjà largement à l’intervention de professionnels dans ses enseignements.
Et au-delà de la formation initiale, les deux entités pourront regrouper leur potentiel pour répondre à d’autres types de formation ; Estienne peut là aussi apporter son expérience puisqu’elle met déjà en œuvre  des actions de formation continue dans le cadre du Gréta Réseau graphique dont elle est membre ou qu’elle a déjà amorcé des collaborations comme celle avec l’Ecole du patrimoine pour des restaurateurs-conservateurs : formations pour des professionnels, y compris étrangers, que la notoriété du patrimoine de l’Imprimerie nationale attirera très certainement ; stages d’initiation pour le grand public, durant les vacances scolaires, sur les équipements spécifiques de l’École et avec l’intervention aussi bien d’enseignants que de professionnels de l’Atelier, actions qui pourront d’ailleurs englober des contenus liés au Cabinet des poinçons, dessin de lettres par exemple…

  • Rechercher / créer
Le rapprochement des deux entités pourra se traduire par de nouvelles possibilités en matière de recherche appliquée : la réhabilitation de techniques en voie de disparition  comme c’est le cas, de l’héliogravure grâce à l’initiative d’une jeune diplômée d’Estienne ; le renouveau d’une activité de recherche dans les industries graphiques autrefois hébergée dans les locaux de l’École Estienne et qui travaillait en partie sur des expériences d’imprimabilité des papiers.
Par ailleurs, l’Atelier pourra profiter de la créativité des étudiants à travers l’invention et la création de nouveaux produits avec l’aide technique des professionnels de ce dernier. La présence d’étudiants auprès desquels et avec qui travailler pourra intéresser et attirer les artistes français ou étrangers appelés à œuvrer au sein de l’Atelier, artistes qui, comme les chercheurs, pourront aussi intervenir dans la formation de ces étudiants dans le cadre de conférences ou workshops comme c’est déjà communément le cas à Estienne.

  • Conserver
En associant étroitement l’Atelier du livre à leur formation, les étudiants participeront à la sauvegarde de ses équipements et à la pérennisation des savoir-faire, certains étant relativement répandus comme la taille-douce par exemple, d’autres demandant une transmission particulière comme la phototypie ou, peut-être dans un avenir proche, la composition au plomb.



3 Avec la bibliothèque

Dans ce domaine, la symbiose devra être totale par l’association dans une entité unique
  • de la Bibliothèque de l’Imprimerie nationale, où 5000 ouvrages sur les arts graphiques cohabitent avec la collection historique
  • de la Bibliothèque de l’École Estienne, déjà ouverte aux chercheurs, comprenant un fonds historique avec quelques incunables inestimables,  400 ouvrages des XVIème au XVIIIème siècle, un fonds technique comme des catalogues de fondeurs rarissimes et un fonds documentaire sur les arts graphiques
  • de la Bibliothèque des Arts graphiques, le fonds Morin, promise à l’Ecole Estienne et actuellement en caisses faute d’avoir trouvé l’espace pour l’accueillir.
 

Sera ainsi constitué un fonds remarquable aux missions duquel les étudiants d’Estienne participeront

  • en y trouvant, pour l’ensemble des sections, documentations et ouvrages nécessaires aux divers enseignements.
  • en y pratiquant, pour les étudiants de DSAA création typographique, les recherches soit demandées chaque année par un mémoire sur une police ancienne, chaque étudiant choisissant une police différente, soit liées à la préparation du diplôme final.
  • en contribuant à l’enrichissement de ces fonds grâce, en particulier, aux besoins des formations en ouvrages spécialisés les plus récents dans le domaine de arts graphiques.
  • en leur offrant la possibilité de contribuer même modestement à la sauvegarde de ce patrimoine, en poursuivant un travail déjà réalisé par le DMA reliure, la création chaque année par chaque étudiant d’une nouvelle reliure pour un ouvrage de la bibliothèque, et, au-delà de cela, en leur donnant l’appréhension des problèmes posés par la conservation, la restauration des ouvrages, mais aussi la nécessaire numérisation des fonds documentaires ainsi réunis.


Enfin, activités transversales entre les trois entités du patrimoine, en matière de diffusion culturelle, l’expérience des deux institutions pourra se conjuguer pour créer des évènements culturels communs  : à côté des expositions extérieures auxquelles participe déjà le patrimoine, conception d’expositions « internes », ouvertes au public, comme le fait déjà Estienne, certes modestement, mais avec une compétence certaine quant à la qualité et à la diversité de ces dernières ; organisation de colloques et de séminaires, la richesse et la notoriété du patrimoine leur permettant d’avoir un écho autrement plus grand que celui rencontré actuellement par l’École dans ce domaine ; participation d’étudiants de l’École à la conception de produits dérivés des collections du patrimoine.

En conclusion, les convergences entre patrimoine de l’Imprimerie nationale et École Estienne sont évidentes et l’association de ces deux entités constitue pour elles une occasion historique unique de leur donner une nouvelle dimension. Le patrimoine de l’Imprimerie nationale apporterait à  l’École un outil de formation incomparable tant en matière de culture que de techniques et de savoir-faire et conférerait à ses formations un remarquable rayonnement international. Par ses activités de formations, par la créativité de ses étudiants, par son ouverture aux réalités actuelles du monde de la typographie, de la communication graphique, des produits imprimés, l’École Estienne contribuerait au dynamisme du patrimoine, à son ouverture sur le monde  et sur le futur et ce faisant à sa pérennisation.

L’association patrimoine de l’Imprimerie nationale et École Estienne soulève certes un certain nombre de questions : celui du statut sous lequel pourraient être réunies ces deux  entités du service public ; celui du cadre organisationnel de ce rapprochement et de ses limites pour préserver les spécificités de chacune ; celui des conditions matérielles et financières de fonctionnement, tant en matière de locaux que de budgets ou de personnels ; celui des institutions qui pourraient y être associées sur des points spécifiques, recherche par exemple… Autant de questions qui trouveront réponses dès lors qu’existera une volonté politique forte pour réaliser ce projet.

L’École Estienne, depuis sa création, est attachée à la Ville de Paris et souhaite conserver cette relation privilégiée. Le patrimoine de l’Imprimerie nationale constitué depuis le XVIème siècle n’avait jamais quitté la capitale jusqu’en 2005. Un projet les associant ne peut être réalisé qu’à Paris avec un engagement fort de la Ville dans un partenariat à définir avec les ministères impliqués, mais aussi le monde professionnel de la chaîne graphique. Avec son ouverture tant au grand public qu’aux experts, avec sa dimension recherche et création contemporaine, avec l’écho qu’il rencontrera au niveau international, un tel projet ne peut que contribuer au rayonnement de Paris.


A Paris, le 2 mai 2006.


C.Kuhnmunch, Proviseur de l’École Estienne.

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