Conjoncture : l'évolution du secteur de l'imprimerie en France en 2005-2006
GraphiLine rediffuse in extenso le communiqué de presse diffusé par la FICG lors de sa traditionnelle conférence de presse économique qui avait lieu la semaine dernière à Paris.
BILAN ÉCONOMIQUE À MI-PARCOURS DE LA DÉCENNIE 2000/2010
De l’observation des faits depuis le début de la présente décennie, celle qui ouvre l’ère du XXIe siècle, nul ne contestera que nous assistons à une redistribution des cartes de la croissance mondiale, à une accélération des mutations des comportements des acteurs en matière de consommation et de communication. ÉCONOMIE MONDIALE : REDISTRIBUTION DE LA CROISSANCE
En réussissant à traverser sans trop de dommages nombre de chocs depuis 2000 (éclatement de la bulle internet), le monde a enregistré une croissance empreinte d’une réelle solidité. Au taux record de 5% en 2004, au ralentissement modéré de 2005 à 4,3%, la croissance mondiale s’inscrit à des rythmes de 4,7% et 4,0% pour les années 2006/2007. Mais comme le souligne l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), la croissance mondiale s’est redistribuée entre les différentes zones de la planète.
Depuis le début de cette décennie, nous assistons à un «découplage» de cette croissance où les nouveaux moteurs sont l’Asie, l’Amérique Latine... relayant les économies industrialisées. Cela vaut également pour le marché mondial publicitaire. Les dernières prévisions d’Ad Barometer et de Publicis soulignent la dichotomie entre les pays occidentaux et médias traditionnels aux taux de croissance modérés et les pays émergents et internet aux taux de progression beaucoup plus soutenus. C’est ainsi que le marché publicitaire de la Chine devrait en 2007 atteindre le 5e rang mondial dépassant la France. Quant au média Internet, son utilisation publicitaire va continuer de croître fortement dépassant la barre des 10% des investissements nets aux Etats-Unis en 2006, au Royaume-Uni et au Japon en 2007.
EUROPE : DES MARGES DE MANOEUVRE RÉDUITES
Au cours de cette période, l’économie européenne et en particulier la zone euro a fait preuve d’une certaine fragilité que le rebond de croissance en 2006 ne saurait masquer. Car au-delà du rebond de 2006 avec une croissance de 2,8% pour l’Union européenne et de 2,6% pour la zone euro, celle-ci reste sous la contrainte des politiques économiques restrictives depuis le passage à la monnaie unique. Ce regain de vigueur de la zone euro en 2006, qui devrait s’atténuer en 2007, traduit des évolutions conjoncturelles différenciées des pays de la zone. Ces hétérogénéités conjoncturelles sont illustrées notamment par le différentiel de performance entre l’Allemagne et la France.
Concernant la Maison France, après avoir marqué le pas en 2005 avec une croissance de 1,2%, la panne de croissance constatée au 3e trimestre de l’année en cours est-elle le signe d’un décrochage sérieux ou d’un accident ponctuel ? Toujours est-il qu’au final, la croissance en France en 2006 devrait être inférieure à la moyenne européenne, inversant la tendance antérieure. L’EUROPE GRAPHIQUE : LA CONCURRENCE EXTRA COMMUNAUTAIRE
Composante majeure de l’industrie manufacturière européenne, la branche graphique européenne dans sa dimension UE25 forte d’un tissu de 120 000 entreprises employant plus d’un million de salariés réalise un chiffre d’affaires évalué à 100 milliards d’euros. Au-delà des décalages conjoncturels persistants, d’un courant d’affaires moins tonique lié à une demande publicitaire moins active en 2005 et 2006 qu’en 2004, il apparaît que la compétitivité de l’industrie graphique européenne semble s’éroder, nombre de pays de la zone ayant subi une dégradation de leur position commerciale.
La concurrence des zones à bas coûts de production est devenue de plus en plus pressante -notamment celle venant de la zone asiatique. En l’espace de 2 ans, les importations extra communautaires ont gagné du terrain passant de 19,5 à 21,9% dans l’ensemble des flux importés. Des pays tels que le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne, la Belgique ont enregistré une réduction du solde positif de leur balance commerciale. D’autre pays ont vu leur déficit commercial s’aggraver. Tel est le cas de la Suède, de l’Autriche et de la France. Au sein de UE15, l’Allemagne fait figure d’exception avec une amélioration de sa balance commerciale, en hausse de 11% en 2005 par rapport à 2004. La dynamique retrouvée du marché allemand, amorcée en 2004, s’est accélérée en 2005 par une capacité exportatrice qui n’a pas faibli -à hauteur de 13,8% de son chiffre d’affaires. L’année 2006 prolonge cette tendance. LE SECTEUR GRAPHIQUE NATIONAL : L’ENGAGEMENT POUR UN MÉDIA DURABLE
Depuis le début de cette décennie, les industriels du secteur graphique ont dû composer avec une demande finale de plus en plus volatile rendant l’analyse de la situation du marché de la communication imprimée de plus en plus complexe.
Comme nous le soulignions l’année dernière, bien des paramètres sont à prendre en compte pour dépasser une simple lecture interprétative de données brutes.
En intégrant tous les correctifs techniques nécessaires à la mesure de l’activité du secteur, le marché de la communication imprimée, au-delà du volume mis en oeuvre, est un marché stable. De surcroît, pour certains segments du marché, cette stabilité apparente peut même traduire une légère croissance en terme de surface imprimée.
Certes, l’offre industrielle en prise à multiples concurrences est confrontée à un problème de compétitivité, qui ne saurait remettre en cause son degré de performance et sa capacité innovatrice. Au demeurant, cette perte relative de compétitivité touche bien des secteurs de l’industrie manufacturière.
Les industriels s’inscrivent de plus en plus pleinement dans une démarche stratégique pro-active. La donne environnementale illustre cette démarche dont témoignent aujourd’hui 500 entreprises du secteur certifiées Imprim’Vert tandis que l’engagement se renforce dans l’action de certifications forestières pour répondre aux nouvelles exigences des acheteurs d’imprimés.
Au service du média papier, vecteur fort de communication dans l’économie de proximité et la dynamique des territoires, les industriels du secteur visent à dépasser la seule dimension technologique pour enrichir leur offre globale dans un mouvement d’innovations qui concerne tous les niveaux de l’entreprise.