| A l’heure de cet Edito, tout le monde se fait echo de la catastrophe économique et sociale de Volkswagen-Forêt. Je dis bien tout le monde ! Quelque soit le banc (patronal ou syndical) quelque soit la couleur politique ou l’âge, ou la formation,... le choc, l’incompréhension, la compassion et... le sentiment d’impuissance sont présents ! Une première lumière, dans ce tableau déprimant, est d’être conscient que non, cela n’arrive pas qu’aux autres ! Notre secteur est tout aussi "fragile" et dépendant de la mondialisation de l’économie que celui de l’automobile. Une deuxième lumière est de réfléchir à temps aux erreurs à ne pas commettre et aux initiatives à prendre pour renforcer les entreprises graphiques belges sur le plan international. Pour ce faire, nous avons des indices, des atouts, des informations et des énergies ! En terme d’indices, le Conseil central de l’économie vient de publier des chiffres préoccupants au sujet du dérapage des coûts salariaux en Belgique par rapport à l’Allemagne, la France et les Pays-Bas.
En terme d’atouts, le sérieux de nos entreprises et la productivité de nos travailleurs sont reconnus bien au-delà de nos frontières.
En terme d’information, nous avons la chance de vivre dans un pays démocratique où les réalités ne sont pas cachées et ou un dialogue entre partenaires sociaux et politiques est possible, voir plébiscité !
Et enfin, de l’énergie nous en avons à revendre, tant nos travailleurs que nos employeurs veulent faire vivre leur entreprise, maintenir l’emploi et le pouvoir d’achat. Tout un chacun est disposé à remplir ses engagements sur le terrain !
Jan de Brabanter
Alors, dans ces temps de négociations intersectorielles et à la veille des négociations sectorielles, mesdames et messieurs les politiciens, les travailleurs, les employeurs: ne faites pas l’autruche, regardez la réalité en face et ensemble mettons les balises de notre avenir:
- Oui, la formation des travailleurs et futurs travailleurs est essentielle. Nos asbl sectorielles communautaires (Cefograf et Grafoc) ont du pain sur la planche !
- Oui, le travailleur a droit à un juste salaire pour le travail presté et doit pouvoir assurer ainsi un pouvoir d’achat suffisant pour lui et les siens!
- Oui, la sécurité de l’emploi est indissociable de la compétitivité des entreprises!
- Oui, une entreprise a besoin de pouvoir adapter sa productivité aux aléas des commandes ;
- Oui, la différence entre le coût salarial patronal et le net salarial du travailleur est parfois démotivant!
- Oui, la technologie est en évolution constante et impose des investissements faramineux tout comme une adaptation des fonctions!
Oui, le corporatisme est dépassé, la diversification des activités est un fait!
Ce n’est qu’en ouvrant les yeux et en assumant nos responsabilités, de part et d’autre, que les catastrophes socio-économiques peuvent être évitées. Et dans cette pièce, jouer cavalier seul ne mène à rien! |