Bilan 98/99 de l'imprimerie française : sur le chemin de la croissance

Bilan de santé du secteur à mi-année, à l'occasion de la publication des dernières statistiques sectorielles éditées par la FICG.

Si depuis de début des années 90, le secteur de l'imprimerie a traversé une crise qui semblait inéluctable - baisse du nombre d'entreprises de 32% et du chiffre d'affaires du secteur de 8% en 10 ans - il semble avoir retrouvé le chemin de la croissance depuis 1997, une croissance dont toutefois l'ensemble de ses acteurs ne bénéficie pas. A l'unisson de l'économie française, le secteur de l'imprimerie a recouvré la santé : l'année 1998 en témoigne, qui affiche une augmentation des volumes de production de près de 4%, soit un rythme légèrement inférieur à celui de 1997. Après un premier semestre 1999 étal - conséquence du trou d'air économique qu'a traversé le pays - le bilan de d'année devrait légèrement dépasser celui de 1998, compte tenu d'une forte accélération de la demande constatée depuis le mois de Juin. Quant aux premières anticipations sur l'an 2000, elles laissent prévoir une performance encore légèrement supérieure, basée sur des estimations de croissance économique plus fortes. Dans ce contexte, cette situation positive ne doit cependant pas être l'arbre qui cache la forêt : la croissance constatée dans le secteur est une croissance en trompe l'oeil, qui ne doit pas cacher les disparités de plus en plus fortes que l'on rencontre au niveau des entreprises. Les années de crise, l'évolution permanente des technologies et des pressions concurrentielles toujours plus importantes ont bousculé un secteur disparate et ce sont aujourd'hui ses entreprises les plus grosses, qui bénéficient du retour de la croissance. Sur 1600 entreprises de plus de 10 salariés répertoriées par la FICG, seules 120 emploient plus de 100 personnes, le secteur tissé de multiples petites imprimeries ou ateliers de gravure a grandement souffert ces dernières années. Ainsi, au cours des 10 dernières années, quand le volume d'activité des grosses imprimeries augmentait de plus de 30%, celui des petites structures chutait de près de 25%, leur nombre et effectifs de 30%. De fait, entre 1994 et 1998, l'accroissement du volume de production a bénéficié à hauteur de 85 % aux entreprises de plus de 100 personnes, avec un gain de 5 points sur 1998. Cette répartition s'explique par le fait que la croissance du marché vient essentiellement de segments à forts volumes comme la presse magazine, la communication publicitaire et le conditionnement ; segments dont une grande majorité des acteurs appartiennent à la frange haute du tissu industriel. Ces trois marchés, qui ont absorbé plus de 90 % de l'accroissement des volumes, l'ont fait au grand profit de l'offset rotatif, qui a gagné près de 4 points de parts de marché sur cette même période. Dans ce contexte, le mouvement actuel de concentration auquel on assiste depuis quelques années - leadership français de Québécor, apparition du groupe Chevrillon-Philippe - ne semble pas près de s'arrêter. Le désengagement du secteur de groupes comme Hachette en est d'ailleurs un indicateur éclatant. De même que l'écart significatif qui se creuse entre la croissance du potentiel productif du secteur, près de 40% en 4 ans (explosion du parc de rotatives 48 pages, installation de près de 500 groupes 72X102 sur la seule année 1998) et la croissance des volumes produits.

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