Offset numérique : avantages et contraintes

Apparue dans les années 50, l'impression offset s'est rapidement imposée, jusqu'à représenter aujourd'hui près de 80% des documents imprimés en France. Les techniques d'impression numériques vont bouleverser le secteur. Le point de vue de Jean-Michel Pluvinage.

Ancien Directeur du Marketing pour Agfa au Canada, puis Directeur des Ventes chez Heidelberg France, il vient de fonder AZ Media, une entreprise de services de communication graphique et interactive et a choisi d'investir dans une presse offset numérique.

Jean-Michel Pluvinage, pourriez vous nous expliquer le principe de l'offset numérique ?

En 1994 et 1995, sont apparues deux nouvelles technologies: l'impression numérique toner (Xeikon, Chromapress et Indigo) et l'impression offset numérique (Heidelberg Quickmaster DI). Ces systèmes ont créé une véritable révolution, parce qu'ils offraient une alternative à l'impression offset traditionnelle en étant particulièrement adaptés à un marché en forte croissance, celui des courts tirages couleur. Les presses numériques toner reposent sur le principe de l'électrophotographie (technologie utilisée dans les photocopieurs) qui permet de reproduire un document sans avoir à réaliser une matrice (la plaque en offset), ce qui limite les coûts fixes liés au démarrage d'une impression offset conventionnelle. La presse offset numérique, repose elle, sur le principe de l'offset, l'innovation résidant dans l'intégration au coeur de la presse de systèmes de gravure de plaques qui suppriment les étapes de flashage, de montage et de copie de plaques, ce qui entraîne une diminution des charges fixes par rapport a l'impression offset traditionnelle.

Cette technologie permet-elle de réaliser des produits offrant la même qualité que de l'impression offset classique ?

Les presses numériques toner ont apporté un véritable plus par rapport à la qualité des copieurs couleur à l'époque. Cet avantage tend à diminuer, au fur et à mesure que les fabricants de copieurs couleur améliorent leur technologie. La technologie de l'offset numérique étant basée sur le principe de l'offset, elle offre le même niveau de qualité, voire dans certains cas une qualité supérieure, grâce à l'élimination des pertes de qualité qui peuvent apparaître entre les films et la copie des plaques.

Pour quels types de documents est-elle la mieux adaptée, notamment au niveau des quantités ?

Au cours des trois dernières années, chacune des technologies a trouvé sa place sur le marché :

  • les presses numériques tonner pour les tirages quadri jusqu'à 500 exemplaires pour lesquels une qualité proche de l'offset suffit, ou pour les tirages de documents comportant un grand nombre de pages et reproduits en faible quantité ;
  • l'offset numérique pour les tirages "quadri" de 200 à 5000 exemplaires sur une grande variété de supports, avec la même qualité que l'offset conventionnelle. La limite de 5000 exemplaires n'est pas une limite technique (j'ai rencontré un utilisateur qui avait fait un tirage a 46000 exemplaires !), mais parfois une limite économique : la Quickmaster DI couvre un format 46 x 34 cm, qui limite son intérêt lorsque le nombre de pages est important (au delà de 8 a 12 pages A4). Comme toute presse 4 couleurs, elle perd aussi de l'intérêt pour les tirages en une ou deux couleurs.

J'imagine que cette technique n'est pas adaptée à tous les produits. Quelles en sont aujourd'hui les limites ?

Ces limites tiennent avant tout au format de la presse, qui empêche par exemple l'impression de documents 3 volets ou de chemises à rabat.

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