Les sites web des industries graphiques

Depuis 1996, le CERIG met en ligne une rubrique de liens classés par thèmes, dans laquelle se trouve une liste des sites web des entreprises du secteur graphique (imprimeurs, photograveurs, sérigraphes, etc.).

Le

Cette liste résulte :
-de l'interrogation régulière et systématique des principaux annuaires et moteurs de recherche français et internationaux, ainsi que des métamoteurs et méta-index ;
-de la consultation des annuaires professionnels sur différents sites ;
-de la démarche directe des entreprises qui désirent se déclarer d'elle même pour figurer sur notre liste.

Deux ans après une première étude sur la présence des entreprises du secteur IG sur Internet, le CERIG a procédé à l'analyse statistique de 150 sites web d'imprimerie, de photogravure, de sérigraphie, etc. Ces sites ont été choisis au hasard parmi les 343 sites répertoriés fin Décembre 1999.

Les sites Web des industries graphiques en chiffres

Peu d'informations sont disponibles quant à la présence des entreprises du secteur graphique sur ce nouveau média que constitue le web. La seule donnée chiffrée que nous ayons trouvée concerne l'ensemble des PMI-PME (tous secteurs confondus), et remonte à Janvier 1999. A cette date, l'UFB Locabail a réalisé une enquête auprès des entreprises entre 6 et 200 salariés qui fait apparaître que le taux de PME françaises connectées à Internet (c'est à dire pouvant consulter Internet et/ou utiliser le courrier électronique, ou e-mail) était alors de 40 %, et que le taux de PME disposant de leur propre site web était de 13 %. Un rapprochement entre la liste du CERIG et le classement des 230 premières imprimeries proposé par le magazine Caractère (n° 514 en date du 21 Décembre 1999), fait apparaître qu'approximativement 20 % des 230 premières imprimeries possèdent un site web. Ainsi, même si les entreprises du secteur des industries graphiques ont encore du mal à réellement appréhender tout l'intérêt que présente Internet, il est clair que nous assistons à un éveil des consciences pour ce nouveau média. La variation du nombre des entreprises présentes dans la liste du CERIG depuis 1996 montre l'évolution de ce phénomène (figure 1). Même si le nombre actuel de sites reste faible en regard de la population concernée, on constate qu'il est pratiquement multiplié par trois chaque année, et cette tendance va probablement se poursuivre dans les prochaines années. En novembre dernier, la revue Caractère (n°511 - 9 Novembre 1999) publiait un sondage sur les intentions de création de sites Internet des entreprises du secteur graphique. Parmi les 50 % d'entreprises sondées n'ayant pas de sites web, 46 % avait l'intention d'en créer un, sans réelle précision sur la date de mise en service. Si ce résultat confirme un fort intérêt du secteur graphique pour ce nouveau média, les chiffres annoncés laissent toutefois sceptique. En effet, il ressort de ce sondage que 50 % des entreprises de ce secteur ont un site web, chiffre très supérieur à ce que l'on trouve constate dans la réalité. L'écart est probablement à rechercher dans l'échantillonnage des entreprises, dont la méthode n'a malheureusement pas été précisée dans cet article. En 1996, la présence sur le web des entreprises du secteur des industries graphiques était surtout liée à un développement d'activités multimédia (on-line et/ou off-line) au sein de l'entreprise, et concernait plutôt des entreprises de taille moyenne, voire des petites entreprises (dossier de veille technologique du CERIG "Internet et les Industries Graphiques" de Février 1997). Actuellement, 20 % des 230 premières entreprises classées par Caractère ont mis en place un site web avec une démarche différente. Il s'agit pour ces entreprises d'accroître leur visibilité au delà de leurs marchés locaux par le développement de nouveaux marchés à l'extérieur de leur région ou de leur pays. L'objectif des sites actuels des imprimeurs répond donc en grande majorité à un souci de communication institutionnelle par la présentation de la société, de ses moyens de production et par la mise en valeur de ses produits. Et comme le souligne l'étude des sites web que le CERIG vient de réaliser, le commerce en ligne ou e-commerce en est seulement au stade du balbutiement chez les imprimeurs, photograveurs et sérigraphes. Analyse des sites Web du secteur industries graphiques

A - La technique

1 - La taille du site.

Nous constatons que la majorité des sites (86 %) ont entre 1 et 10 pages - le mot page étant pris ici au sens de "page HTML", et non de "page A4". Les sites ne possédant qu'une seule page (18 % de l'échantillon) correspondent à différentes démarches. Soit l'entreprise fait un test vis à vis du média Internet, soit (et malheureusement c'est souvent le cas) il s'agit d'une communication vieillissante. Conserver un tel site est une opération très risquée : sur le web l'information est une denrée rapidement périssable, qui a besoin d'être continuellement renouvelée et remise à jour ; Les sites possédant moins de 10 pages ont une orientation marquée vers une communication de type institutionnel ; Les sites de taille plus importante (14 % de l'échantillon étudié) contiennent en plus des rubriques originales liées à certaines spécificités de l'entreprise.

2 - La présentation du site

Un contenu riche, et des temps de chargement courts (surtout pour la page d'accueil), sont les garants d'un site visité. Bien entendu, il existe tout un arsenal technique pour développer des sites plus ou moins sophistiqués, mais il faut faire attention à toujours choisir une technologie adaptée aux spécificités de son message. L'utilisation d'une page "tunnel" comme point d'entrée d'un site est une technique relativement courante dans les industries graphiques : 19 % des sites l'utilisent. Parmi eux, 16 % utilisent une seule page "tunnel" et 3 % utilisent au moins deux pages "tunnel". De telles pages augmentent considérablement le temps d'attente, et génèrent un taux de perte (d'internautes) à l'entrée du site qui peut parfois être très élevé. A priori, il ne semble pas que ce soit la meilleure technique pour développer le trafic sur un site web. La page d'accueil est le cour d'un site web ; elle a pour fonction d'accueillir le visiteur et de le diriger vers le contenu. Cette page doit impérativement se charger rapidement, car beaucoup de visiteurs accèdent encore à Internet avec des modems à 33,6 Kbps, voire 28,8 Kbps. A une page de 40 Ko correspond un temps de chargement d'environ 10 secondes, que l'internaute va trouver relativement long. La page d'accueil doit au minimum indiquer la nature du site, permettre une orientation claire vers son contenu, signaler les nouveautés, et indiquer comment on peut contacter l'entreprise (courrier électronique, adresse postale, téléphone, fax). Globalement, nous avons retrouvé la fonction d'accueil sur tous les sites analysés.

3 - L'utilisation des cadres

Cette technique consiste à subdiviser la fenêtre d'affichage des navigateurs en plusieurs volets appelés "cadres" ou "frames". On l'utilise pour améliorer la mise en page, pour créer des hiérarchies, pour visualiser des index... mais aussi parfois pour montrer son habileté technique ou "se faire plaisir ". De toutes ces raisons, une seule nous semble réellement justifiée, la présentation de l'index d'un annuaire. Pour les autres cas, même si le concept de cadre (frame) est bon, il est souvent cité comme une source de problèmes par les internautes. La mauvaise perception des cadres par une fraction notable de ces derniers a d'ailleurs conduit les sites à forte fréquentation (par exemple, les "portails" du web) à éliminer totalement les cadres de leur mise en page. Dans le secteur des industries graphiques, 53 % des sites visités présentent une mise en page réalisée à l'aide de cadres (38 % avec deux cadres, et 15 % avec trois cadres). De plus, aucun site ne propose l'option classique "Avec cadres / Sans cadres". Certes, la réalisation de deux versions pour chaque page web est contraignante, mais il est dangereux de ne pas en offrir le choix à l'internaute.

4 - Les animations

Notre étude montre que 20 % des sites analysés contiennent au moins une animation, le plus souvent réalisée à l'aide du logiciel Flash de Macromedia. Ce logiciel permet d'inclure dans les sites web des animations vectorielles, réactives et/ou sonorisées. Elles ont le défaut d'être assez longues à télécharger, et de nécessiter un module d'exécution (plug-in). Le lecteur Flash est aujourd'hui distribué en standard avec les dernières versions navigateurs de Microsoft et de Netscape, mais de nombreux internautes surfent encore aujourd'hui sur le Web avec des versions plus anciennes. Être obligé de télécharger le plug-in Flash risque de les décourager de visiter le site. Parmi les autres animations présentes sur les sites des imprimeurs, on retrouve des éléments beaucoup plus classiques : des images "gif animée" et quelques applets Java. Ces animations sont des éléments intéressants pour rendre le web un peu plus dynamique, mais là encore, elles doivent réellement répondre à des besoins particuliers, et l'objectif visé par ces éléments d'animations devrait faire l'objet d'une réflexion minutieuse.

5 - Mise en page

Les sites les plus fréquentés adoptent souvent une mise en page qui ne requiert pas l'usage de l'ascenseur horizontal, même si l'internaute utilise la résolution VGA (640 x 480 pixels), classique sur les écrans de 14 pouces. Deux techniques sont utilisées : limiter la largeur de la page web à une valeur fixe (600 pixels environ), ou faire en sorte que la page soit "élastique", c'est à dire qu'elle s'adapte à la largeur de la fenêtre du navigateur et à la résolution de l'écran de l'internaute. Les sites web des industries graphiques ont en majorité (54 %) adopté une mise en page fixe.

6 - La justification du texte

Elle est de règle dans les produits imprimés. Les versions anciennes des navigateurs (c'est à dire antérieures à 4) ne géraient pas la justification, si bien qu'elle est peu utilisé sur le web. Aucun des sites que nous avons étudiés ne présente un texte justifié.

B - Les utilitaires

1 - La navigation

L'analyse de la navigation des sites web des industries graphiques révèle une grande diversité. Dans certains cas, la navigation s'affiche dans une colonne précise, ou une ligne particulière de l'écran : on l'appellera simple ou sur un niveau. Dans d'autres cas, deux emplacements particuliers (une ligne et/ou une colonne) sont réservés à cette fonction : on parlera alors de navigation double ou sur deux niveaux. Dans le cas de la double navigation, il s'agit d'avoir présent à l'écran en même temps, la navigation dans les grandes rubriques du site et la navigation dans les chapitres d'un document ou dans les sous-parties de la rubrique. Parfois, la navigation est beaucoup plus rudimentaire, et il faut chaque fois revenir à l'accueil pour se rediriger ensuite dans le site. Les résultats de l'étude conduite sur 150 sites des industries industries graphiques conduisent à dresser la liste suivante : -66 % des sites présentent une navigation simple (sur 1 niveau) ; -8 % des sites présentent une navigation double (sur deux niveaux) ; -5 % des sites présentent une navigation par retour à l'accueil uniquement ; -22 % des sites ne présentent aucune navigation. Bien entendu, il faut relativiser ce dernier chiffre en le mettant en rapport avec les 18 % de sites qui ne comportent qu'une seule page. La différence indique tout de même un défaut majeur de conception pour 4 % des sites, c'est à dire pas de navigation en dehors de l'utilisation de la fonction "précédente" ou "back" des navigateurs. Le constat est donc qu'il faudrait revoir la navigation d'environ 9 % des sites (4 % des sites sans navigation, plus 5 % de sites avec une navigation rudimentaire).

2 - Le plan du site (ou sitemap)

Pour les sites comportant plus d'une dizaine de pages, le développement d'une page spéciale contenant le plan du site est un élément très utile à l'internaute. Les imprimeurs, dans leur ensemble, ne semblent pas partager cet avis, puisque nous n'avons trouvé une sitemap que sur deux des 150 sites que nous avons visités.

3 - Page de liens

Un autre élément clé de la navigation sur Internet est la liste de liens vers d'autres sites. En effet, lorsque vous recherchez des informations sur un sujet et que vous trouvez une liste de liens, c'est une vraie chance ! Cela vous permet de gagner un temps appréciable, et vous vous empressez d'enregistrer un favori ou signet de cette page au contenu si riche. Voilà donc une manière toute simple de fidéliser les visiteurs (qui sont peut être de futurs clients), et de générer du trafic sur son site. Malheureusement, le milieu des industries graphiques français n'est que très peu sensible à ce point de vue : les liens ne sont présents que sur 4 % des sites étudiés.

C - Le contenu éditorial

La fonction première d'un site est d'offrir des informations intéressant les internautes. C'est pourquoi il est très important de construire des pages ayant un réel contenu.

1 - La présentation de l'entreprise

Quatre points doivent être pris en considération : Le contact avec l'entreprise. On constate une nette amélioration par rapport à 1997, où 50 % des sites avaient omis de mentionner une adresse postale et un courrier électronique. Il reste cependant 9 % de sites qui n'indiquent pas leur adresse postale et leur téléphone, et 13 % de sites qui omettent de préciser leur adresse électronique. Par contre, 25 % des sites vont au-delà de la simple adresse, et proposent un plan géographique de la région ou de la ville. La présentation des personnes : 21 % des sites analysés s'attachent à présenter leurs employés en précisant leurs fonctions, ce qui apporte de la convivialité à la visite. L'histoire de l'entreprise. La présentation d'un historique de la société permet souvent à l'internaute de mieux appréhender le type de société qu'il visite. Cette information est présente sur 9 % des sites que nous avons étudiés. Les locaux et le matériel. La description des locaux et du matériel permet de mieux connaître l'entreprise. On observe que 20 % des sites présentent leurs moyens de production.

2 - La présentation des produits et services

Les activités et les services de la société sont des informations incontournables, et l'on constate effectivement que 83 % des sites du secteur des industries graphiques offrent une description relativement bien détaillée de leurs activités et de leurs services.

3 - Les informations à caractère pédagogique

Pour diversifier le contenu des sites, les entreprises ont parfois mis en place des rubriques présentant de l'intérêt pour l'internaute. On trouve ainsi : -un lexique ou un glossaire des termes de l'imprimerie ; -une photothèque relative à l'activité particulière de l'entreprise ; -un dossier ("white paper") ou un cours ("tutorial") sur des sujets en liaison avec les métiers de l'entreprise ; -un aperçu historique relatif à l'imprimerie en général, ou à des techniques d'impression en particulier ; -des informations sur l'actualité dans la profession. Sur les 150 sites que nous avons visités, ce type d'information reste fort rare (un seul exemple pour chacun des cas cités).

 

D - La démarche commerciale

Avant d'arriver à l'acte d'achat en lui-même, il est possible d'établir des relations avec les visiteurs en leur proposant de devenir actif. Il pourra s'agir pour l'internaute de laisser ses coordonnées pour recevoir soit une information régulière soit une information sur les nouveautés de la société, ou bien de remplir des formulaires de demandes d'informations, demandes de devis.... Le suivi de ces interactions va permettre à la société d'établir des structures capables de répondre dans un avenir plus ou moins proche aux besoins du commerce en ligne ou e-commerce.

1 - Formulaires

Sur les sites des entreprises du secteur des industries graphiques, on voit de plus en plus apparaître différents types de formulaires. Ceux relatifs aux demandes de devis sont en forte progression (17 % des sites analysés). Par contre, nous n'avons pas testé la rapidité avec laquelle les entreprises répondent aux demandes qui leur parviennent. Les formulaires de demandes de renseignements sont présents sur 6 % des sites. Mais seulement 3 sites parmi ceux visités, proposent une commande d'articles en ligne ; il s'agit de produits finis tels que des cartes postales, des objets sérigraphiés, etc.

2 - Transfert de fichiers

Pour les Industries Graphiques, Internet ne représente pas seulement une plate-forme pour créer une vitrine. C'est aussi une nouvelle ressource majeure pour gérer leurs relations avec les clients et faire des affaires. Certains pensent même que d'ici à cinq ans, la majeure partie des communications entre les imprimeurs et leurs clients se fera par ce biais. La transmission des fichiers par Internet est une rubrique que l'on retrouve sur plusieurs des sites étudiés.

 

Conclusion

Malgré une présence sur le web depuis maintenant plus de trois ans pour certaines entreprises, les industries graphiques semblent vivre actuellement leurs vrais débuts sur Internet. Le nombre de sites représentant cette profession est encore relativement faible, mais Internet n'est plus ce média mal connu que l'on a du mal à appréhender. Au cours de son étude sur 150 sites web des industries Graphiques, le CERIG a eu l'agréable surprise de découvrir des sites très plaisants, graphiquement réussis et techniquement très performants, même si une analyse plus détaillée fait apparaître encore quelques faiblesses. Sur le plan du contenu, les sites présentent dans l'ensemble une certaine similarité. La page d'accueil joue, relativement bien, son rôle de pivot donnant accès aux divers rubriques. Les informations générales caractéristiques de l'entreprise sont bien présentes laissant malheureusement peu de place à l'originalité. L'absence quasi générale de rubriques de liens est à notre avis également regrettable. Sur le plan technique, les industries graphiques semblent bien dotées pour montrer leur originalité. Les dernières techniques de développement des sites sont largement utilisées. Cependant, les développeurs privilégient trop souvent la technique pure au détriment de la clarté du message à diffuser. Si bien que certaines pages au lieu d'attirer les internautes vont les rebuter soit à cause de temps de chargement excessif, soit par le déploiement de techniques non standard sur le web. Le meilleur moyen d'attirer un maximum de personnes sur son site et de fidéliser les visiteurs est encore de développer un site plaisant facilement et rapidement accessible qui met à la disposition des internautes les informations utiles. Soyez cependant réaliste, la mise en place d'un site web ne provoquera pas immédiatement une explosion de votre chiffre d'affaires. Sur Internet, comme dans la vie courante, la réussite nécessite une bonne alliance entre produits, prix et qualité du service.

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