NORME : le CIP 3 pour l'intégration du processus graphique

Prévoir dès l'imposition les paramètres du pré-presse, de l'impression et de la finition, tel est le but de la norme CIP3, comme son nom l'indique en Anglais : Cooperation for Integration of Prepress/Press/Postpress.

Codé en langage Postscript, et contenant toutes les descriptions graphiques des formes imposées, ce format d'échange est un standard indépendant des plates-formes des constructeurs. "L'idée, c'est que la production imprimée est une chaîne de processus, dont le flux ne s'arrête pas au pré-presse, et que l'informatique accroît la productivité à chaque stade", explique Dominique Marionnet, chef de marché pré-presse chez Heidelberg. "Cette norme, mise au point en partenariat avec une université allemande, a été utilisée pour la première fois en France en 1998. Depuis, cinquante imprimeurs l'ont adoptée, mais 60% d'entre eux n'en ont encore jamais entendu parler." Les informations concernant tous les stades de l'impression sont réunies à l'imposition sous forme numérique. Des interfaces permettent notamment de déterminer les zones d'encrage (avec une fonction preview) et de régler les vis de la presse interprète par un système de contrôle, de définir des repères pour la coupe et le pliage. "Le gain de temps est de 10 minutes par calage et la gâche est réduite, poursuit Dominique Marionnet. De plus, la transmission de données supprime le risque d'erreur." "Nous obtenons une meilleure rapidité de calage", témoigne Laurent Caviale, PDG de GLMC (43 personnes, 28 MF de CA), imprimerie située à Saint-Ouen (93) possédant 3 presses à la norme CIP3. "Dans le cas d'un conducteur offset débutant, cela peut même atteindre un gain de 30 minutes". "C'est important pour nous qui fonctionnons plus au nombre de calages qu'aux tours-machines et cela nous permet une rigueur d'organisation qui serait difficilement compatible avec la gestion des urgences au quotidien." Pour Patrice Becker, DG de Komori France, la norme permet surtout de maximaliser l'utilisation des machines : "Nous avons constaté qu'environ 80% de nos presses robotisées n'étaient pas utilisées à plus de la moitié de leurs possibilités." Chez ce fabricant, le passage au CIP3 représente un coût de 120 KF pour une machine neuve (et 205 KF dans le cas d'une machine de plus de cinq ans). Outre une réduction du temps de calage, du temps de mise en couleurs, et de la gâche, Jean-Yves Klein, responsable produits chez Agfa, voit aussi dans le CIP3 la possibilité d'une "meilleure synergie entre le pré-presse et la presse". A terme, prédit-il, cette "étape supplémentaire vers une automatisation complète du cycle de production va évoluer vers une fiche de travail électronique" (Portable Job Ticket) qui permettra le travail coopératif entre des sites et des machines distants. Cela devrait faire l'objet d'une annonce lors d'un prochain salon professionnel.

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