Drupa : pour voir loin et mieux

Est-il nécessaire de rappeler ici en quoi consiste la Drupa ?

Faut-il préciser de nouveau qu'il s'agit, à-priori, d'une exposition de tendances et non de produits ? Qu'il faut s'y rendre non dans le but de choisir son futur CtP mais de faire connaissance avec les technologies qui marqueront le métier de l'imprimeur ces cinq ou dix prochaines années ? Peut-être, en effet, faut-il le faire tant la profusion de messages commerciaux qui sont d'ores et déjà lancés par le biais des magazines spécialisés ne concernent pas vraiment ce qui constituera l'intérêt essentiel de cette édition 2000 : les solutions en faveur d'un flux numérique efficace, logique, cohérent et intelligent. La Drupa a toujours constitué, en effet, davantage un indicateur de tendances à long terme pour les métiers de l'imprimerie qu'une foire professionnelle traditionnelle marchande. C'est ce qui la rend unique et indispensable. Un tel événement dont le seul intérêt serait de permettre à ses exposants d'annoncer leurs derniers produits n'apporterait rien d'autre que le gigantisme à ce qui se fait aussi bien ailleurs. Sur ce plan – celui du gigantisme -, la Drupa 2000 battra des records : les organisateurs attendent un demi million de visiteurs ! Par contre, si l'on veut toujours la considérer comme le premier laboratoire mondial des technologies prospectives, il faut alors se rendre à l'évidence : la Drupa 2000 restera moins longtemps dans les mémoires que la précédente édition de 1995. Cette dernière, on s'en souvient, a marqué un tournant décisif, une époque incontournable car véritablement révolutionnaire pour les professionnels des arts graphiques. La Drupa 95 a officialisé et institutionnalisé des bouleversements essentiels qui avaient été initiés sur le plan industriel à peine deux ou trois années plus tôt. Des bouleversements qui s'appelaient impression numérique ou Computer to Plate. Les stands Indigo et Xeikon étaient inapprochables, avec des animateurs à bout de souffle et au bord de la syncope tant ils étaient sollicités. Dans le hall 1, Heidelberg battait tous les records d'affluence autour d'une toute petite machine : la Quickmaster 46-4 DI. Quant au CtP, pas un stand où ne trônait un "prototype". On en comptait 70 environ et beaucoup n'étaient encore que des capots vides. Assisterons-nous aux mêmes records de folies dans quelques jours à Düsseldorf ? Vraisemblablement pas. Les bouleversements de 1995 constituaient, de façon nullement usurpée, une révolution technique : la plus importante depuis l'invention du caractère mobile par un certain Jean Gutenberg, vers 1440. C'est tout dire ! De tels moments historiques ne peuvent indéfiniment revenir plusieurs fois par siècle. Néanmoins, sans présenter le relief que nous avons tant apprécié voici cinq ans à peine, la Drupa n'en sera pas moins passionnante.

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