Le gouvernement allemand renationalise la Bundesdruckerei

Si on ne peut appliquer à l'imprimerie nationale allemande l'adage américain en vogue actuellement - privatiser les profits et nationaliser les pertes - un fait semble certain : l'époque actuelle ne semble plus être au libéralisme à tout prix.

Décidément, les mouvements de balancier sont l'une des caractéristiques les plus remarquables de nos économies libérales.

L'exemple de l'imprimerie nationale allemande est là pour nous le démontrer une fois de plus : nous venons en effet d'apprendre que le gouvernement fédéral avait décidé de reprendre le contrôle de la Bundesdruckerei, privatisée en 1994 puis totalement cédée au fonds d'investissement britannique Apax, pour un milliard d'euros, en 2000.

Sous la conduite de cette honorable maison, l'imprimerie en charge de l'impression des passeports et autres imprimés sécurisés d'outre Rhin, frola la faillite deux ans plus tard et fut reprise, pour un euro symbolique,par un investisseur allemand, la holding authentos.

En quête d'un repreneur depuis le début de l'année - le nom de Sagem fut longtemps évoqué - l'entreprise sera finalement rachetée par le gouvernement allemand pour une somme avoisinant les 800 millions d'euros. 

En dehors du tour de passe-passe financier qui aura permis en 8 ans à peine, à Berlin de gagner 200 millions d'euros, à Apax d'en perdre 1000 et à authentos de toucher un super bonus de 800 millions, cette opération montre les limites des opérations de privatisation dans des domaines stratégiques.

Elle démontre également que la privatisation n'est pas toujours la solution la plus adaptée pour régler les problèmes structurels des entreprises publiques.

Réalisant un chiffre d'affaires de 292 millions d'euros en 2007, la Bundesdruckerei emploie près de 1400 collaborateurs.

 

 

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