Le président de Heidelberg interpelle le gouvernement Merkel

Le plan de relance de la chancelière critiqué par les grand patrons allemands.

Décidément, la chancelière allemande Angela Merkel n'est pas à la fête outre-Rhin quant à sa gestion de la crise.

Après avoir dû renier ses positions à deux jours d'intervalle au démarrage de la tempète financière, secourant in extremis la banque Hypo Real Estate à la dérive, son dernier plan de relance a conduit les patrons de Volkswagen, BASF, Adidas, Bosch, Porsche, ZF, Bayer et plus près de notre secteur Heidelberg, à l'interpeller et à en demander plus.

Le constat des européens, qui trouvaient le plan allemand bien timide eu égard aux enjeux économiques, semble donc trouver un écho favorable auprès des industriels qui font quotidiennement de notre voisin le champion mondial des exportations. Une telle démarche est suffisamment rare pour ne pas la souligner et le gouvernement Merkel, mis au pied du mur, devra  trancher entre orthodoxie monétaire et keynésianisme grand cru.

Pour Martin Winterkorn, président du constructeur automobile VW,  "Nous devons avant tout empêcher que la crise ne se transforme en incendie catastrophique", poursuivant "Nous faisons face à une situation absolument exceptionnelle (...) et ne pouvons nous en sortir avec les instruments politiques et économiques traditionnels".

Jürgen Hambrecht, du groupe chimique BASF, propose de réduire les impôts pour les petits et moyens salaires et d'augmenter les investissements dans les infrastructures, indiquant, solennel que si le gouvernement refusait d'investir maintenant dans un programme conjoncturel, il lui faudrait dépenser encore plus, plus tard, pour tenter d'atténuer les conséquences sociales de la crise.

Bernhard Schreier, président du constructeur de presses d'imprimerie Heidelberg, déclare lui que le gouvernement fédéral devrait contrôler les banques, soutenues par les autorités. Il souhaite notamment qu'elles continuent à prendre les mêmes risques qu'elles ont toujours pris en matière de financement d'entreprises.

Il faut dire que le secteur des presses d'imprimerie est particulièrement touché par la récession, avec des ventes en recul de 18 à 30% selon les constructeurs, une grande partie des contrats annoncés en juin lors de la dernière drupa, le mondial de l'imprimerie, ne parvenant pas à être financés.

L'Allemagne hébergeant 3 des leaders mondiaux du secteur, Heidelberg, manroland et KBA, qui verrouillent de facto leur marché national, l'inaction du gouvernement fédéral en matière de relance et de contrôle des banques pourrait ainsi entraîner une profonde recomposition du secteur, catastrophique en matière d'emploi.

Selon la presse financière allemande, le gouvernement fédéral pourrait être conduit à abaisser le taux d'intérêt imposé aux banques pour leurs prêts interbancaires et à allonger à 5 ans la durée des garanties gouvernemantales.

Sera-ce suffisant ?

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