La crise pèsera-t-elle sur les métiers de la communication ?

Alors que les places financières ont été emportées ces dernières semaines par la crise, des conséquences sur l’emploi sont à craindre. Qu’en est-il des métiers de la communication, généralement les plus touchés par ces périodes moroses ?

Pour Aquent, leader mondial du recrutement dans le Marketing, la Communication et les métiers de la Création multimédias, le secteur de la communication n’est pas menacé en France.   
 
Lors des dernières récessions, les premières professions touchées furent le marketing et la communication. Aujourd’hui, les mentalités ont évolué, car pour les institutions comme pour les entreprises, la communication est devenue un facteur de croissance considérable et indispensable. « En cette période économique incertaine, les entreprises doivent continuer à vendre tout en rassurant les consommateurs. Or, la communication sert ces objectifs. Concernant les cadres en situation de plein emploi, même si l’économique continue de se détériorer, ils devraient mieux s’en sortir que lors des crises précédentes », explique Eric Gandibleu, Directeur Régional Europe du Sud.
 
1 – Baisse du turnover et augmentation des embauches « Top Sénior »
 
Sur un secteur extrêmement concurrentiel tel que la communication, les entreprises veilleront à garder leurs meilleurs éléments. En période de turbulence, les équipes doivent rester mobilisées. De même, les talents les plus volatiles car très demandés, ne se risqueront pas à chercher mieux ailleurs.
 
Du côté de l’embauche, Aquent prévoit une augmentation des profils dit « Top Sénior », c'est-à-dire avec un minimum de 10 à 15 ans d’expérience : « Des professionnels qui ont déjà eu à traiter des situations délicates. Les entreprises se tourneront facilement vers des talents concrets, opérationnels qui donneront des résultats immédiats. La majorité des séniors a déjà vécu des crises, notamment celles de 1993 et de 2001. Ces derniers ont donc plus de poids auprès des recruteurs car ils connaissent en amont les attentes des entreprises », détaille Antoinette Lemens, Directrice de Jobs in Creation, filiale d’Aquent.
 
2 – Les jeunes cadres en danger ?
 
Depuis quelques temps déjà, Aquent a constaté que les jeunes cadres sont de moins en moins sollicités dans le secteur des métiers traditionnels. Si ce postulat n’est en aucun cas en rapport avec la crise, il pourrait s’avérer que la période actuelle affecte les jeunes cadres dans leur recherche d’une nouvelle opportunité, accélérateur de carrière. Par ailleurs, les entreprises risquent de geler les embauches « coup de pouce ».

Quelles alternatives s’offrent à eux ? 2 constats selon Aquent :

  • En période de crise, les entreprises ont tout intérêt à s’afficher sur la toile Internet. Premier lieu où les informations arrivent, où les rumeurs surgissent, où le public s’informe, les entreprises doivent y être présentes en investissant sur des talents compétents. Sur ce secteur, peu de profils « Top Sénior » existent. Les juniors ont donc toutes les chances de se faire remarquer.    
  • Les étudiants doivent s’orienter vers des métiers en forte pénurie tel que le packaging ou le branding, des secteurs qui séduisent peu alors que la demande est très importante. Mal considéré par l’étudiant en design, le packaging et le branding sont devenus primordiaux pour les marques.

3 – Les métiers que la crise va épargner
 
Les entreprises ne peuvent pas s’arrêter de communiquer, au contraire. Au fur et à mesure des événements, elles utiliseront une communication de « rassurance ». C’est pourquoi le corporate va être très utile lors des prochains mois : communication de crise, relations presse institutionnelles et publiques…Bien que traditionnelles, ces professions n’auront aucun problème pour subsister. A contrario, les métiers de la publicité, de l’affichage, de l’événementiel…, devraient avoir plus de difficultés sur le long terme. Mais ils ne disparaîtront pas pour autant.
 
Le phénomène de crise amènera les entreprises et les agences à évoluer vers d’autres types de communication. « Nous assisterons peut-être à une mutation du secteur, à une autre manière de penser et à une réorganisation. Ces derniers temps, nous avons remis en question l’utilisation du discours environnemental, parfois ambigu et non vérifié, dans certaines campagnes. Les changements auxquels nous assistons conduiront peut-être à une plus grande déontologie dans nos métiers » explique, Antoinette Lemens, Directrice de Jobs in Creation, filiale d’Aquent.
 
Par ailleurs, les entreprises souhaitent des résultats immédiats auprès du grand public. Dans le secteur de la communication, les métiers qui s’y rapportent sont : le merchandising, le business développement, le marketing relationnel, le branding…
 
« Les effets de la crise sont difficiles à anticiper notamment sur la rémunération des cadres dans la communication. La première conséquence concernera les bonus variables qui seront revus à la baisse en 2009. Quant aux prévisions d’augmentation de salaire déclarées dans l’étude, ils pourraient être réduits de moitié.

Parallèlement, les nouveaux métiers, le besoin de communiquer, la nécessité de conserver de vrais talents créatifs, devraient permettre à la France de combler son retard vis-à-vis des autres pays européens » conclut Eric Gandibleu, Directeur Régional Europe du Sud.

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