ISI ET XEROX : association autour de l'impression numérique

S'attacher à un fournisseur unique - ou presque -, et pour longtemps, peut constituer une excellente stratégie.

A Paris, Imprimerie Service Instantané (ISI) s'est lié à la technologie et aux produits Xerox depuis près de 20 ans. Et s'en félicite tous les jours. Principaux avantages : la veille technologique dont le fournisseur fait nécessairement bénéficier son client et des relations réellement équilibrées, chacun profitant de l'expérience de l'autre. L'histoire d'Imprimerie Service Instantané (ISI) est significative de ce que devrait toujours être le métier d'imprimeur : un métier de services. Cette démarche est d'autant plus vraie et indispensable à la réussite d'une entreprise que le produit imprimé - même de qualité - se banalise chaque jour davantage. La raison tient à l'irruption dans ce métier plusieurs fois centenaire des technologies numériques qui mettent, apparemment, à la portée de tous ce qui était jusqu'à présent considéré comme le savoir-faire de l'imprimeur. ISI a fait de cette technologie perturbatrice une alliée et une force. Avec, pour toile de fond, une relation professionnelle très étroite et quasi exclusive avec un unique fournisseur : Xerox. Les premiers pas d'ISI dans le numérique datent de 1993 avec l'entrée dans cette petite imprimerie offset de services, créée en 1970 par Bernard Julien, d'une première DocuTech. Nous attendions avec impatience qu'elle soit connectable pour prendre notre décision, se souvient Bernard Julien. Trois autres suivront. Depuis, l'évolution a été soutenue, permanente, jusqu'à la mise en service, l'année dernière, en test européen, d'une Delphax - ou Docuprint - DP 900, la machine bobine pour l'impression monochrome de livres en 600 dpi la plus rapide du marché. Cette dernière est aujourd'hui tout à fait opérationnelle. Depuis, seuls un autre imprimeur, Dupliprint, et une banque en ont également été équipés.

La presse numérique bobine la plus rapide du marché en tests

Le partenariat qu'ISI entretient avec Xerox est des plus remarquables dans un monde professionnel où la méfiance vis-à-vis du fournisseur, surtout incontournable comme l'est Xerox, est fréquent. Avec ISI, c'est un climat de confiance qui semble s'être instauré avant même l'arrivée des Docutech. Bernard Julien avait construit ses activités sur un petit parc offset et installé, en parallèle, une ligne de production de duplicata de listing fournie par Xerox. Quelques années plus tard, ISI franchissait une nouvelle étape et adoptait la production sur copieurs tout en continuant à faire évoluer son parc offset qu'une ligne de routage était venu compléter. Aujourd'hui, ISI dispose de quatre DocuTech, sur lesquelles repose 65 % de l'activité de l'entreprise, une DocuColor 100 à moteur Xeikon avec PrintStreamer, pour les tirages couleurs à 600 dpi, et vient d'achever avec succès les tests sur la première DP 900 jamais installée en Europe. Seule entorse à la collaboration étroite entretenue depuis une vingtaine d'années avec Xerox : la mise en service de la première Infoprint 4000 d'IBM - et presse numérique bobine - jamais livrée en France. L'expérience de la DP 900 de Xerox est aussi une première. Elle s'inscrit dans le cadre de l'impression à la demande en tirages courts et très courts, devise, en quelque sorte d'ISI, avant même que cette démarche soit devenue une tendance généralisée. Imprimer un ou deux exemplaires est un cas très fréquent chez ISI. La DP 900, c'est le numérique adapté au monde de l'édition ; c'est le livre à la demande. L'édition représente 20 % de l'activité d'ISI mais l'arrivée de cette machine pourrait bouleverser la donne tant la clientèle intéressée par un tel outil est bien réelle. Il s'agit d'éditeurs (livre à la demande, réédition d'ouvrages épuisés, mises à jour, tirages à compte de particulier, etc.) mais aussi d'industriels toujours à la recherche de solutions à la fois puissantes, souples et économiques pour l'édition de leurs manuels techniques. Cette clientèle, ISI la possède déjà. Avec une capacité de production de 900 pages à la minute - 1 300 ppm sont annoncées pour 2001 - et son alimentation bobine, la Delphax DP 900 représente une puissance de feu équivalente à trois DocuTech dont elle n'atteint pas encore, cependant, la qualité pour les images. La laize de 457 mm (A3+) permet à cette solution d'impression originale - ionisation par tête d'impression toner et rouleau presseur - de produire deux pages A4 en même temps. Cette facilité lui ouvre des marchés prometteurs en marketing direct où le coût postal est un paramètre primordial. La DocuColor DP 900 accepte - c'est une de ses grandes qualités - des grammages pouvant descendre jusqu'à 50 g/m2. Le chauffage de la feuille à quelque 200 degrés, en usage habituellement, laisse la place, dans cette machine, à une batterie de lampes halogènes de 3kWh chacune. Le choc thermique responsable d'un trop grand dessèchement de la feuille est ainsi évité. L'apparition de telles machines bouscule les considérations habituelles sur la frontière économique qui peut exister entre tirages offsets et tirages numériques. Dans le domaine de la couleur, on sait déjà que, grâce à ses efforts en termes de productivité et au CtP, l'offset résiste fort bien : la frontière se situe à 300 exemplaires. En noir et blanc, des machines bobines telles que la DP 900 placent cette frontière à 1 200 exemplaires environ. Avec, en sus, les avantages de l'impression à la demande, la personnalisation et les délais réduits.

Xerox ? C'est ma veille technologique !

Lorsqu'on y regarde de plus près, l'aide que le fournisseur apporte à son client, l'imprimeur, ne se limite pas au seul négoce d'un matériel d'impression. Dans une activité aussi sensible, il est capital d'identifier sans trop tarder les tendances du marché, estime Olivier Julien. C'est possible en multipliant non seulement les échanges avec nos clients mais aussi les réunions marketing avec nos fournisseurs. Xerox nous tient informé des évolutions qui ont pour cadre les Etats-Unis, par exemple, et de ce que eux-mêmes préparent.Les hommes de Xerox prennent les arts graphiques très au sérieux. La présence du groupe à la dernière Drupa en est la preuve indiscutable. S'ils viennent à lancer un nouveau matériel, un nouveau produit, ce ne peut être le résultat que d'une étude marketing très attentive et puissante. Le lancement d'une nouvelle technique, d'un nouveau matériel n'est pas, je le répète, le fruit du hasard. En fait, ils sont ma veille technologique.

Peut-on vraiment faire de l'argent avec le numérique ?

Le numérique n'est pas encore l'activité bénéficiaire que l'on présente trop souvent, répond Olivier Julien, mais, au prix d'une gestion rigoureuse, de beaucoup de travail et d'une démarche en permanence orientée vers le service complet au client, jusqu'au routage, nous parvenons à dégager un bénéfice. En fait, le numérique représente 60 % de l'activité d'ISI. Il a profondément structuré l'entreprise en créant, notamment, de gros besoins en façonnage car, paradoxe du court tirage à la demande, les équipements d'impression produisent des volumes très importants. Il est difficile de faire admettre cette valeur ajoutée au client, admet Bernard Julien. L'atmosphère ambiante du marché est plutôt celle d'une guerre des prix. Néanmoins, le progrès apporté dans le traitement du document par les technologies numériques est indiscutable. C e sont des technologies qui présentent un excellent rapport qualité/prix et qui répondent aux besoins les plus difficiles des clients, affirme Olivier Julien. Avec pour grande tendance générale, la baisse de tous les tirages, le numérique et la couleur numérique nous ouvrent des marchés auxquels l'offset ne nous permet et ne nous permettra jamais d'accéder, conclut-il. Celui de la personnalisation, par exemple. Nous croyons en ce marché qui est le marché naturel et obligatoire du numérique.

L'évolution des mentalités n'est qu'une question de temps.

Chiffre d'affaires : 24 MF Effectifs : 22 Investissements moyens annuels : 4 MF (depuis 1997) Les dirigeants : Olivier Julien, Jean-François Raynaud. Le parc machines Pré-presse : 5 stations Mac, 4 stations PC et un scanner à plat 24X32 Impression offset : 2 x ABDick 1 coul., 2 x Davidson 1 coul., 1 x Heidelberg GTO 1 coul., 1 x Roland 50x70 2 coul. Et 1 x Heidelberg SM 52 4 couleurs Impression numérique : 4 x Xerox DocuTech, 1 x Xerox DocuColor 100, 1 x Xerox Delphax 900, 1 x IBM Infoprint 4000. Reprographie : 2 copieurs Xerox 5090, 1 copieur Xerox Majestik. Façonnage : 2 assembleuses verticales Horizon, 2 thermorelieurs CP Bourg et Horizon, 1 plieuse MB 350-N et 2 massicots Polar. Routage : 2 plieuses-inséreuses Pitney-Bowes, 1 machine à affranchir.

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