Pourquoi le prix du papier flambe-t-il ?

Pulpex, le marché à terme de la pâte à papier. Rappel de ce que nous écrivions voici deux ans.

Troisième matière première la plus échangée dans le monde (120 Mds $), le papier est aussi le produit, après le pétrole, subissant les plus fortes fluctuations de prix. Devant ce constat, le suédois OM Group a créé, en mai 1997, Pulpex, le marché à terme de la pâte à papier. Ce marché à terme est hébergé à Londres par le London Securities and Derivatives Exchange.

Pulpex, comme les autres marchés à terme, permet de négocier aujourd'hui la vente ou l'achat dans le futur, de pâte à papier, à un prix déterminé. Les échanges portent sur des lots de 24 tonnes de pâte avec une seule cotation par jour ouvré et les échéances sont trimestrielles (mars, juin, septembre et décembre).

Le dénouement du contrat peut se faire en cash ou en pâte, à savoir la livraison de la quantité négociée dans l'un des ports habilités. Dans les faits, seulement 5% des contrats sont exécutés en pâte à papier, la majorité des opérateurs préférant un règlement en cash, ce qui démontre la nature spéculative de ce marché.

En 1999, il a été échangé 9362 contrats de 24 tonnes, soit un total de 224688 tonnes de pâte à papier.

Depuis plus d'un an maintenant, le prix de la pâte à papier et par conséquent du papier n'a cessé d'augmenter. A fin juin 1999, celle-ci se situait à 460 $ la tonne pour atteindre les 750 $ pour le deuxième trimestre 2000. Selon les conjoncturistes, la tonne de pâte à papier devrait même grimper entre 800 et 1000 $ d'ici la fin 2000.

Raisons de cette hausse, la proximité de l'élection présidentielle américaine qui tous les quatre ans provoquerait de tels mouvements mais surtout la deconstruction de près de 10 moulins de pâtes à papier dans le monde, qui à créé et qui entretient, dans un contexte de forte croissance économique, une pénurie engendrant une flambée des prix.

Les conséquences pour les professionnels des Arts Graphiques sont directes puisque les achats de papier représentent 30 % des charges de production d'une imprimerie de taille moyenne. Aujourd'hui, il n'est pas rare de trouver d'importants stocks de papier au fond des ateliers, en prévision de hausses annoncées 3 mois à l'avance par les papetiers (!). Malgré tout, pour des dossiers spécifiques ou importants, l'approvisionnement peut se réveler problématique, quant à la répercussion des hausses du papier auprès des donneurs d'ordres, c'est une autre histoire...

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